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Virtuellement inconnue en France, St Vincent n’en est pas moins une artiste importante de la pop d’aujourd’hui. Pour preuve les éloges quasi-unanimes de la presse spécialisée (le NME a fait de son dernier disque, simplement titré « St Vincent » l’album de l’année 2014), et son concert qui a conclu Rock en Seine la même année a été porté aux nues (et malheureusement je n’y étais pas, occupé que j’étais à voguer dans la foule à la fin de celui de Queens Of The Stone Age, les festivals peuvent être cruels).

Derrière ce pseudo bizarre sorti du texte d’une chanson de Nick Cave se cache Annie Clark, Texane de 33 ans installée à New York, laquelle mène une carrière solo depuis 2006 après avoir fait des piges dans la troupe hippie illuminée the Polyphonic Spree et dans le groupe de scène de l’excellent Sufjan Stevens. Il faut dire qu’Annie est une musicienne hors pair, de ces guitaristes qui réinventent l’instrument, et elle a définitivement plus en commun avec Robert Fripp qu’avec Hendrix, maltraitant sa guitare électrique à grands coups d’effets maniaques. Elle fait preuve aussi d’une grande originalité dans l’écriture, poussant sa voix ample sur des mélodies aussi alambiquées qu’immédiates. Son second disque « Strange Mercy » (2011) recèle des merveilles comme « Cruel », « Northern Lights » ou « Surgeon ». Elle a en plus défini un alter-ego scénique fascinant. Très jolie brune, St Vincent s’est composée une image glam de diva sophistiquée, ajoutant un voile de mystère à sa déjà fascinante personnalité. Sur scène (domaine qu’elle maîtrise avec autorité), elle exécute d’étranges gestuelles inspirées par la chorégraphe Pina Bausch. Une vraie originale, autrement dit, qui semble encore en avoir sous la pédale (d’effets) pour progresser et se réinventer encore et encore.

« Digital Witness » est le single phare de son troisième album. Cette chanson à l’insolente post-modernité, poussée par un riff de cuivre bancal et funky, nous transporte dans un futur comme on l’imaginait autrefois, vaguement inquiétant mais étrangement familier. L’ambiance rappelle l’after punk de Devo ou plus encore Talking Heads. Ce n’est sans doute pas pour rien qu’Annie Clark a collaboré avec leur leader David Byrne pour un album commun (« Who’s That Giant? », 2012) et la tournée qui s’ensuivit. Le résultat est parfaitement entêtant…

Insondable vacuité du monde moderne, les Français connaissent aujourd’hui un peu mieux St Vincent.. Via la presse people. Car apparemment, Annie Clark (laquelle a toujours confessé une orientation sexuelle flottante) serait la petite amie du top model Cara Delevingne… Gossip totalement indigne de cette rubrique!

Live BBC 2014 :