Bienvenue dans « La NBA pour les Nuls » ! Si tu aimes les absences prolongées, les excuses à profusion, Elvis Presley, ou que tu soignes une addiction aux jeux à gratter impliquant des jeux de mots pourris, tu es au bon endroit.

Cette semaine, après avoir passé plusieurs semaines sur les playgrounds à peaufiner mon imitation de Rudy Gobert face à Steph Curry, je laisse le mode #bambisurglace pour retrouver la Culture. Vous vous rappelez des playoffs, ce grand tournoi aux seize équipes qui couronne le champion Étasunien? Aujourd’hui à l’inverse, on parle des limbes de la NBA : qu’est-ce qui se passe si mon équipe n’est pas dans le top 16 ?

Cas de figure qui concerne 14 équipes, mine de rien. Après une saison âprement disputée, certaines équipes échouent aux portes des playoffs, leurs joueurs subitement obligés de préparer leurs vacances à la dernière minute. D’autres équipes, elles, n’ont jamais vraiment tenté de gagner. Pour se l’expliquer, il faut remonter d’un niveau, au processus de recrutement.

Chaque année dans les sports américains, les équipes professionnelles se fournissent en jeunes joueurs grâce à un système bien particulier appelé la « draft » (oui, comme pour l’armée pendant la guerre). Les joueurs souhaitant devenir pros s’inscrivent donc à cette draft, et les équipes choisissent tour à tour un joueur qu’elles souhaitent intégrer à leur effectif. On est sur du « premier arrivé, premier servi »… mais l’ordre d’arrivée n’est pas laissé au hasard. Enfin si, un peu. Mais pas vraiment. Sisi, c’est simple, je vous assure.

De façon assez surprenante pour une société généralement pas trop chaude de la solidarité institutionnalisée, la NBA comprend plusieurs mécanismes de partage des richesses… et la draft en fait partie ! Avant les années 80, le premier choix de la draft revenait (grosso modo) à l’équipe ayant le moins gagné sur la saison précédente. Dans l’idée, les plus faibles étaient renforcés, menant à une espèce de parité de niveau au sein de la NBA. Belle idée.

Puis, les gens se sont mis à perdre de façon semi-intentionnelle, le tout pour obtenir un meilleur choix dans la draft. Finir plus bas pour choisir plus haut, c’est ce qu’on appelle le « tanking ». Pour limiter ce phénomène, la NBA a mis en place des mécanismes pour introduire un peu d’incertitude dans le choix de l’ordre, différentes versions se succèdent au fil des années. Aujourd’hui, c’est une véritable loterie qui a lieu : la pire équipe a plus de cartes de loto que les autres, mais les 14 équipes vacances jouent quand même au loto. Avec une machine, des boules, Christophe Beaugrand, la totale quoi !

Pour la « Draft Lottery », chaque équipe envoie un représentant : staff, joueur star, ancienne star… ce qui donne une scène rigolote : beaucoup de messieurs très grands, qui lâchent des grosses gouttes de sueur froide en voyant tourner des balles de ping-pong dans une grosse machine, le tout pour organiser de la façon la plus juste possible la redistribution des richesses aux Etats-Unis.

Welcome to the NBA, ladies and gentlemen.