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Les derniers bad boys du rock britannique reviennent très fort avec un second album « Songs for Our Mothers » (pauvres femmes…). Fat White Family (famille blanche obèse, quel programme!) présente un effort bien plus abouti, plus percutant et définitivement plus écoutable que leur opera prima « Champagne Holocaust », brûlot anti-conformiste et déglingué. J’avais d’ailleurs dit tout le bien que je pense de l’impayable « Touch the Leather » qui en est issue (Song of the Week #33). Et si le groupe londonien a poli les angles de son lancinant rock psychédélique, leur musique frappe toujours au plexus mais tente de nouvelles expériences. Ainsi, le single « Whitest Boy On The Beach » est de loin ce que Fat White Family a fait de plus immédiat, dansant et hypnotique.

Sur un tempo haletant et mécanique et des guitares fortement inspirés du krautrock allemand des 70’s (Neu! en tête), l’intense chanteur Lias Saoudi place un souffle de voix plein d’écho aux hoquets post-rockabilly qui mute en cris primaux que n’auraient pas renié feu Lux Interior, chanteur possédé des Cramps. Car c’est dans cette division que Fat White Family évolue, une version contemporaine du psychobilly (remake barré et perverti du rock des origines comme le pratiquaient les Cramps justement ou Alan Vega). Tout en sachant maîtriser l’art de la mélodie qui cramponne.

Enfin, Fat White Family est un imparable groupe de scène, aussi jusqu’au-boutiste que dangereux. Caractéristiques essentielles qu’on a souvent tendance à oublier dans le rock aujourd’hui. Le clip anxiogène de « Whitest Boy On The Beach » est à la hauteur, inconfortable et radical. Mères, planquez vos enfants!

Live à Vienne (qualité plus que moyenne, mais ça donne une idée de la chose sur scène…) :