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Oldie but goldie… On a assisté en 2016 au triomphal retour scénique de LCD Soundsystem (pour ma part, ce fut lors du très humide We Love Green en juin), alors que James Murphy, l’ineffable éminence de ce collectif New-Yorkais avait sabordé son jouet en 2011, avec en guise de cadeau d’adieu de mémorables concerts au Madison Square Garden, filmés pour l’indispensable documentaire/concert « Shut Up And Play The Hits ». C’est donc avec bonheur qu’on a retrouvé James et ses camarades, les fidèles Pat Mahoney à la batterie, Al Doyle à la guitare et la mutine Nancy Whang aux claviers.

J’adore LCD Soundsystem. J’aime ce qu’ils représentent, cette version cool de l’Américain New-Yorkais éduqué, ouvert sur le monde sans être forcément hipster et surtout qui ne ratera jamais l’occasion de lancer une belle fête. Un concert du LCD Soundsystem est justement une sacrée bringue, avec une énorme boule à facettes au dessus de la scène, des musiciens qui jouent serré en se regardant et un public qui danse jusqu’à l’épuisement. Le projet du DJ James Murphy a fonctionné au delà de ses plus folles espérances. En mélangeant toutes ces musiques urbaines qu’il affectionne, la disco, le post-punk, la new-wave, il est devenu un producteur de génie qui a généré ce dance-punk si particulier, certes redevable à de grands groupes comme Talking Heads ou ESG, et en a trouvé la parfaite illustration scénique.

Trois disques, trois chefs d’oeuvre, depuis le liminaire « Losing My Edge » en 2002 où, sur un sample d’un obscur titre de Killing Joke, James Murphy confiait d’un ton désabusé et plein d’autodérision son sentiment de trentenaire dépassé par une nouvelle génération des DJs. « Us v Them » est une des pierres angulaires de ce qui reste leur plus grande réussite, « Sound Of Silver », en 2007. Morceau purement dance, avec cette pulsion rythmique mécanique et tendue, cette myriade de percussions (timbales, cowbells…), ce texte répétitif et psalmodié qui nous annonce que les temps sont venus « The times have come today », avant un furieux break de guitare funk punk (l’Anglais Al Doyle, aussi guitariste de Hot Chip), un retour à la transe répétitive puis surgit ce monstrueux pont, à la mélodie chorale aveuglante, sur lequel on ne peut pas faire grand chose sinon lever les bras au ciel de bonheur. Je ne connais pas grand chose d’aussi efficace dans ce registre. Pourtant, le texte révèle une mélancolie tenace, mélancolie qu’on retrouve dans plusieurs chansons du LCD, comme les bouleversantes « Someone’s Great » ou « All My Friends ».

James Murphy a désormais une place imprenable (et certainement enviée) dans le panthéon de la musique pop rock, ayant récemment produit Arcade Fire (le disque « Reflektor ») et participé aux derniers enregistrements de David Bowie (avec le remix de « Love Is Lost » et sa contribution à deux titres de « Blackstar »). On attend donc le retour discographique de LCD Soundsystem, prévu cette année, avec une impatience qui va croissant.

Version plus « crue », et à mon avis meilleure, du live en studio London Sessions en 2010 :

Live 2011 lors des « derniers » concerts à New York :

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