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Déjà quelques semaines que le nouveau disque de Suede « Night Thoughts » est sorti et bien que l’ayant acquis le jour même de sa parution (on est fan ou on ne l’est pas), je n’y avais prêté qu’une oreille lointaine avant de subitement tomber dessus cette semaine. Je ne l’ai pas regretté, tant cet album est bon, meilleur que le pourtant déjà très honorable « Bloodspoorts », album de la reformation en 2013.

Car la carrière de Suede n’a pas été un long fleuve tranquille… Le groupe londonien fut fêté par la presse britannique comme le messie revenant sur terre avant même la sortie de son premier album en 1992. Sauveurs du rock, fils naturels de Ziggy Stardust et héros britanniques ramenant la bravoure mélodique et la flamboyance glam au devant de la scène (leur tube de l’époque « Animal Nitrate » est la Song of the week #64). Le chanteur aux allures de matamore Brett Anderson n’avait alors que 25 ans et avait tout d’une star. Son excellent guitariste et compositeur Bernard Butler, le guitariste le plus doué de sa génération quitta le cirque en 94, après avoir achevé le chef d’oeuvre déglingué « Dog Man Star », l’un des plus grands disques de l’histoire du rock selon moi. Et malgré le recrutement d’un autre génie de la six-cordes de 17 ans (Richard Oakes), Suede n’a jamais retrouvé la rutilance irrésistible de ses débuts.

Enchaînant les tubes (de moins en moins quand même), passant des excès narcotiques aux sécheresses d’inspiration abstinentes, Suede s’est séparé de guerre lasse en 2003. Leur retour aux affaires en 2011 était donc improbable mais rencontra un grand succès. Et si Suede n’est pas devenu l’énorme groupe qu’on avait prédit, il a encore très fière allure. Brett Anderson reste un très bon chanteur, d’un grand naturel dans les aigus et le falsetto, son allure dégingandée toujours élégante font du lui un showman de premier ordre. La musique restant toujours aussi flamboyante, quoique sans doute plus mélancolique et introspective qu’auparavant, en confère l’importance des ballades dans leurs derniers opus.

Dans « Night Thoughts » se succèdent de très bonnes chansons. Certaines glam et remuantes (ce « Like Kids » qui convoque la fougue de leurs jeunes années, ce « No Tomorrow » et son riff magique, cet « Outsiders » si immédiat), d’autres lentes et majestueuses (« I Don’t Know How To Reach You », « I Can’t Give Her What She Wants », le morceau éponyme). J’ai choisi une chanson qui allie les deux sensibilités, avec couplet mélancolique et refrain enjoué. Le tempo médium et les guitares très généreuses font le reste. « What I’m Trying To Tell You » est du pur Suede, avec sa coda où Brett Anderson chante « Na na na na » sur la mélodie du chorus de guitare. Et c’est si bon… Suede parvient à retrouver toute la verve de ses débuts sans sombrer dans l’auto-parodie. Chapeau bas !

NB: « Night Thoughts » est accompagné d’un film du réalisateur Roger Sargent qui illustre toutes les chansons du film, un homme avance dans la mer pour se noyer et voit sa vie défiler…

Live NME Awards 2015 (qualité très amateur) :