John Cale

SOTW #84 : Andalucia, John Cale

Oldie but goldie! Vous vous êtes sans doute aperçu que je n’ai pas envoyé de chanson la semaine dernière et pour cause, j’étais en vacances chez mes amies Ana et Eva au Cabo de Gata en Andalousie et avais mon esprit accaparé par l’impressionnante et rude beauté de cette région d’Espagne. Ce qui m’amène à cette superbe chanson de John Cale, « Andalucia« , poème d’amour à la si fine musicalité extrait de l’un de ses chefs d’oeuvres, car il y en eut plusieurs, « Paris 1919 » paru en 1973.

Ancien membre du Velvet Underground dans lequel il tenait l’alto, les claviers et la basse, ce musicien gallois à la formation classique qui s’est ensuite frotté à la musique contemporaine a souvent été éclipsé par Lou Reed au sein de ce groupe, pour lequel sa présence fut pourtant essentielle. Après avoir quitté le Velvet en 1968, il se lança à la fois dans une brillante carrière de producteur (on lui doit les premiers Stooges, Modern Lovers et le « Horses » de Patti Smith, entre autres) et une autre d’artiste solo. Si l’on ne compte plus ses apparitions comme instrumentiste, avec ses amis Brian Eno ou Nick Drake, ses albums présentent une incroyable variété de styles (de la musique classique à l’agression sonique punk) où l’on reconnait toutefois toujours sa belle voix à la diction claire de baryton, laquelle n’a pas manqué d’influencer très fortement Nick Cave ou Mark Lanegan (les deux l’ont repris). Enfin, c’est sur sa version très personnelle du « Hallelujah » de Leonard Cohen que s’est basé Jeff Buckley pour faire le carton que l’on sait.

« Paris 1919 », son troisième album de pop est tout simplement l’un des meilleurs de tous les temps, disque qui accompagnera ceux qui ont la chance de le connaitre pour toujours. Enregistré en Californie avec un grand orchestre et les musiciens du groupe Little Feat (dont l’émérite guitariste et as de la slide Lowell George) « Paris 1919 » est un grand moment de pop baroque impeccablement produit par Chris Thomas et divinement chanté. Les mélodies sont toutes formidables et, cas rare chez Cale, peuvent toutes se chantonner. Son disque le plus accessible, certes, pourtant l’inspiration en est bien sombre, évoquant le déclin et la décadence de notre civilisation, comme dans la chanson éponyme ou l’extraordinaire « The Endless Plain Of Fortune ». Plus légère, « Andalucia » n’est est pas moins ce que les Anglais appelleront « a lovely song ». Qualificatif on ne peut plus adéquat.

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