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Je vais y aller direct. Le climat proprement étouffant de cette semaine pré-électorale m’insupporte, les prévisions en sont très noires (ou plutôt brunes) et le robinet à conneries reste grand ouvert en permanence dans les médias et dans les conversations. Ajoutons à cela la névrose sécuritaire post-attentats et on arrive à ce tableau peu reluisant de la France d’aujourd’hui. Et pendant ce temps, les damnés de la terre, les réfugiés climatiques, économiques ou politiques se heurtent à des frontières aussi dangereuses qu’inhumaines.

C’est exactement le propos d’une grande artiste engagée, M.I.A., la piquante chanteuse anglo-tamoule (ses parents, figures de la contestation étudiante ont émigré à Londres pour fuir la répression sri-lankaise) n’en est pas à son coup d’essai. Avec « Borders » (frontières) elle pose le problème frontalement. Un propos d’une grande simplicité qui frappe comme un uppercut sur une mélodie aussi contagieuse qu’immédiatement mémorisable. Du niveau de ses meilleures, comme « Galang », « Paper Planes » ou « Bad Girls » (vous les trouverez sans difficulté, c’est irrésistible).

Musicalement, M.I.A. fait une world music absolument pas baba cool, sans aucune sensiblerie et peu encline à séduire les lecteurs de Télérama. Par contre, elle mêle dans un brouet énergique les bandes son des films Bollywood, le kuduro angolais, la soca libérienne et l’électro anglaise et tape en plein dans le mille.

La vidéo, elle, vous laissera pantois… Artiste totale et vraie pasionaria, M.I.A. est une personnalité majeure de la culture pop et politique. Chapeau bas!

« Borders, what’s up with that… »

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