courtney barnett

SOTW #50 : Pedestrian at Best, Courtney Barnett

Les filles à forte personnalité brandissant une guitare m’ont toujours fait grande impression. Je viens de tomber sur Courtney Barnett, jeune Australienne de 27 ans et ex-promesse du tennis qui marche dans les traces de Patti Smith et PJ Harvey sans pour autant chercher à ressembler à quiconque. A la veille de sortir un premier « vrai » album (après deux EPs très remarqués regroupés sur le mini album « A Sea Of Split Peas »), titré « Sometimes I sit and think,  and sometimes I just sit » (parfois je m’assieds et je pense et parfois je ne fais que m’asseoir), Courtney Barnett bénéficie déjà d’un excellent bouche à oreille critique et public et son nom devrait bien vite être sur toutes les lèvres. Et c’est du rock. Sévère, hargneux, sans compromis et pourtant totalement séduisant. Bref, la classe.

« Pedestrian At Best » est une salve héroïque, premier single du futur LP. Une fille vraisemblablement en colère explique à son petit ami d’une voix décidée et un peu froide combien elle ne vaut pas le coup (dans un sens) et combien elle le trouve ridicule (dans un autre). Un assez réjouissant et drôle exercice de style entre dégoût de soi et ras-le-bol de l’autre… Très ado, vous me direz. Eh oui, mais surtout universel. Tenez, en voilà le refrain.

Put me on a pedestal and I’ll only disappoint
You tell me I’m exceptional and  I promise to exploit you
Give me all your money and I’ll make some origami, honey
I think you’re a joke but I don’t find you very funny

Pose moi sur un piédestal et je ne ferai que te décevoir
Tu me dis que je suis exceptionnelle et je promets de t’exploiter
Donne moi tout ton argent, je ferai des origami, chéri
Je pense que tu es une blague, mais je ne trouve pas très marrant

Musicalement, c’est un gros riff de guitare à la « You really got me » version indie rock (ou bien à la « Molly Chambers » de Kings of Leon), avec batterie sèche et dynamique à la Nirvana. Et stupeur, le texte est parlé, sans que ce soit du rap ou du spoken word à la Fauve (Dieu merci…). Non, une scansion rock, brute de décoffrage et bien gaulée, précédant un refrain incroyablement entêtant, et ceci malgré l’économie de moyens mélodiques (trois notes chantées en fin de strophe et voilà…). Bref, cette Courtney Barnett a du tempérament. Je l’aime déjà.

Studio live in London :

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