Man or Astro-ManIl y a une constante chez les groupes de surf rock. Les meilleurs formations du genre proviennent pour la plupart de villes où il est impossible de sauter sur une planche pour crâner dans les rouleaux. Dick Dale est originaire de Boston, en Nouvelle Angleterre. The Ventures sortent de Tacoma, au milieu des sapins de l’Etat de Washington. Man or Astro-Man a vu le jour à Auburn, Alabama, à plus de 350 kilomètres des premières plages du Golf du Mexique. C’est dans cette ville universitaire du sud profond que la bande à Brian « Birdstuff » Teasley a peaufiné son surf rock déjanté. Nourri aux films d’horreurs de mauvais goûts, aux comics de science fiction des années 1950s et au punk rock américain, le groupe sort son premier album en 1993. Un an plus tard, Man Or Astro-Man décide de compiler plusieurs singles sur un 33t au charmant titre de « Destroy All Astromen! ». Sous sa magnifique pochette se cachent 23 titres allumés, oscillant entre noise rock, surf débridé et punk à haute énergie. Le son est brutal, hypnotique et ravageur. Les membres du groupe ont eu la bonne idée d’entrecouper les pistes de samples en tout genre et de bruits étranges. L’auditeur twiste sur « Bermuda Triangle Short », perd le contrôle sur la déjantée « Reverb 10000 » et visite des contrées hispaniques sur la très latina « Taco Wagon ». « Destroy All Astromen! » est un périple plein de reverb et de riffs enragés vers un univers dans lequel les héros de chez Marvel, les catcheurs mexicains, et les surfeurs de l’espace cohabitent dans un joyeux bordel sonore. Groupe de scène dont la réputation n’est plus à faire, Man Or Astro-man a fait entrer le surf rock dans une nouvelle dimension au début des 1990s. La compilation « Destroy All Astromen! » est le disque de surf futuriste ultime.

Année : 1994
Origine : Etats-Unis
Pépite : « Reverb 10000 »
Eat : Deux tacos al pastor
Drink : Tequila Sunrise

 

Radio BirdmanIl était une fois Deniz Tek. Un pur produit du Michigan envoyé à Sydney pour effectuer sa fac de médecine. On est au début des années 1970 et le jeune guitariste débarque en Australie avec des vinyles des Stooges, MC5 et autres légendes du Motor City plein ses valises. A peine débarqué down under, l’Américain fonde Radio Birdman avec le chanteur Rob Younger. Le band se fait rapidement un nom dans les bars locaux. En 1978, Trafalgar Records lance « Radio Appears », la réponse australienne à ce qui se fait au CBGB et dans les bars londoniens. Garage, punk, et surtout pop (clavier oblige), la bande à Tek se démarque par ses mélodies et les avalanches de solos de guitare de son leader. Que ce soit sur sur la brillante « Aloha Steve and Danno », qui reprend le thème du générique de la série télé « Hawaii Police d’Etat », ou la mélancolique « Descent Into The Maelstrom », le jeune étudiant en médecine fait parler son talent. Radio Birdman joue vite et fort. La dégaine de Younger, un grand bonhomme filiforme au longs cheveux blonds, rappelle celle d’un certain Iggy Pop. Plus mélodieux que les punks anglais, le groupe alterne entre mid-tempos brumeux (« Love Kills », « Man With The Golden Helmet ») et bolides survitaminés (« Murder City Nights », « What Gives », « Non Stop Girls). Véritables légendes du rock australien, Radio Birdman n’a malheureusement jamais réussi à égaler ou dépasser la qualité de son premier album, considéré par beaucoup comme l’une des galettes les plus débridées jamais sortie de l’hémisphère sud. Réédité en 1995, l’album comprend deux pistes bonus, une reprise du mythique « You’re Gonna Miss Me » du 13th Floor Elevators et l’autre de « TV Eye » des … Stooges. Quoi qu’il en soit, ce disque est un concentré de ce qu’il s’est fait de meilleur dans les années 1970.

Année : 1978
Origine : Australie
Pépite : « Do The Pop »
Eat : Chicken BLT
Drink : Un pack de Fosters avec une tranche de citron

 

The Black CrowesLaissez moi vous présenter la paire Robinson. Deux egos surdimensionné qui ont eu la bonne idée de remettre le gros rock américain des années 1970 à la mode avec The Black Crowes alors que tout le monde ne jurait que par le grunge. Totalement anachronique, le groupe se démarque par son sens accru du riff de Rich, le cadet, et le timbre très soul de son frontman Chris, l’aîné de la fratrie. Originaire d’Atlanta, les frangins au look néo-hippies ont grandi en usant des vinyles d’Otis Redding, des Rolling Stones et du Grateful Dead. « The Southern Harmony and Musical Companion », seconde galette du band, rappelle le meilleur du rock US entre 1967 et 1975. Un poil hard rock, très bluesy, avec une légère touche sudiste et un certain penchant pour les choeurs féminins, le groupe sort son album le plus accompli en 1992, alors que tout le monde ne mise que sur le grunge et le punk alternatif façon Seattle. Le single « Remedy » permet aux Black Crowes de s’installer solidement sur les stations de radio nord américaine. Que ce soit sur des morceaux racés (« Sting Me », « Black Moon Creepin », « No Speak No Slave ») ou sur des slow blues à faire lâcher une larme au plus téméraire des camionneurs ricains (« Thorn In My Pride », « Bad Luck Blue Eyes Goodbye », et la tragique « Sometimes Salvation »), le groupe s’illustre par sa virtuosité. Marc Ford, qui vient de remplacer Jeff Cease à la guitare rythmique, donne tout ce qu’il a pour seconder le cadet des frères Robinson. Les corbeaux semblent avoir trouver la formule gagnante, et dans un déluge d’hymnes soul, marquent la décennie à leur manière. Il en faudra plus pour convaincre Keith Richards, qui lâchera dans une interview « que les Black Crowes ont choisi le mauvais côté du manche ». Peu importe ce qu’en dit le vieux Keith, «  The Southern Harmony and Musical Companion » est une mine de riffs inépuisable, cent fois meilleur que ce que proposait le pirate et sa bande à l’époque.

Année : 1992
Origine : Etats Unis
Pépite : « Sometimes Salvation »
Eat : Des gruaus de maïs au bacon
Drink : Jim Beam Honey avec glace