The BronxThe Bronx sort son deuxième album en 2006. Il vient trois ans après un séduisant premier effort, produit par Gilby Clarke (ex. Guns n’Roses) et enregistré dans la cuisine de ce dernier. Cette fois-ci, Clarke est épaulé par Michael Beinhorn à la production, qui a déjà travaillé avec Aerosmith, Korn ou Soundgarden. Car les Californiens de The Bronx ne passent plus inaperçus et viennent même de signer chez Island DefJam Records. Le résultat est saisissant. Plus musclé que son prédécesseur, « II » est un déluge de guitares survitaminées qui ne laissent personne indifférent. En l’espace d’une trentaine de minutes, le band de Los Angeles devient le groupe de hardcore préféré des fans de punk rock, et vis-versa. En piochant dans le garage (« Around The Horn »), le classic rock stonien (« White Guilt »), et le punk hardcore brutal (« Small Stone »), The Bronx ratisse large sans perdre son âme de rebelle révolté. Le sarcasme de Matt Caughtran et ses lyrics acides en font une des rares formations à cracher son venin punk à la Black Flag des années 1980 (« White Guilt », « History’s Stranglers »). Chroniqueur social d’une Californie endettée et névrosée, Caughtran beugle son dégoût avec conviction (« Shitty Future »). Le groupe décide quand même de lever le pas sur la ballade éléctrique « Dirty Leaves » et son final épique, un des moments les plus transcendants de cet album au son brut et agressif. Un album hautement recommandé, d’une urgence rare et d’une rage convaincante qui fait de The Bronx un des groupes de punk les plus honnêtes de ces vingt dernières années.

Année : 2006
Origine : Etats-Unis
Pépite : « Oceans of Class »
Eat : Quesadilla au guacamole
Drink : Dix Tequila shots

 

Franz FerdinandQui était adolescent au début des années 2000 n’oubliera jamais ce premier album de Franz Ferdinand. Le groupe se fait un nom dans les clubs artsy de Glasgow, ville réputée pour la violence de ses quartiers populaires, ses deux clubs de football et sa prestigieuse école d’architecture. La presse spécialisée cherche un nouveau chouchou car les frasques du duo Barat-Doherty, des Libertines, commencent à agacer le public britannique. Avant même la sortie de son premier album, Franz Ferdinand a déjà conquit le coeur de lecteurs de l’hebdo musical NME, qui encense chaque show du groupe emmené par Alex Kopranos dans les clubs surchauffés de la capitale industrielle écossaise. Ce premier disque est une invitation au dance floor, subtil mélange de refrains pop, de licks de guitares légèrement funky et de rythmiques post-punk à la Gang of Four. Froids, mécaniques et tellement entêtants, les hits de Franz Ferdinand viennent percer le ciel maussade de Glasgow, autrefois aussi réputée pour sa scène rock que pour l’ambiance surchauffée de ses stades (The Jesus and Mary Chain, Primal Scream, The Vaselines). Simples, mais tellement efficaces, les tubes conquièrent les fans d’un rock européen qui ne faisaient plus danser depuis des lustres (« Michael », « Tell Her Tonight »). Machine de guerre sur scène (allez jeter un coup d’oeil à la version live de « This Fire »), Franz Ferdinand vous fait oublier votre pint d’ale pour aller enflammer la piste de danse du pub le plus proche. Le premier album des glaswegians est un sans faute, marqué par un classique, le monstrueux « Take Me Out », le titre de rock le plus fun de ce début de XXIè siècle. Plus de dix ans après sa sortie, l’album n’a pas pris une ride et continue de faire communier midinettes et hooligans du monde entier.

Année : 2004
Origine : Royaume-Uni
Pépite : « Jacqueline »
Eat : Haggis
Drink : Rob Roy cocktail (Scotch, Vermouth, Angostura)

 

Sex Pistols« On s’en bat les couilles, voilà les Sex Pistols », le message est clair, le titre de l’album concis et direct. Près de quarante ans après sa sortie, le seul opus des Pistols continue de faire verser de l’encre. Car il faut bien se le dire, ce disque est une petite révolution, une claque en plein visage, à coups de mitraillettes de guitares et de refrains à faire chavirer une tribune de stade de foot. Adulé par une frange de la jeunesse britannique, les Pistols sont bien plus qu’un simple boysband monté de toutes pièces par l’opportuniste businessman Malcolm McLaren. Peu importe ce qu’en dit la presse musicale, qui y voit une supercherie malicieusement ficelée, ce disque à la pochette flashy est la meilleure preuve que le band à Johnny Rotten était un grand groupe de rockn’roll plus bien talentueux que ses détracteurs osent le penser. Personne ne jouait de la guitare comme Steve Jones, petite teigne londonienne nourri aux Stooges, aux New York Dolls et au glam de bas étage. Le natif de Shepherd’s Bush, quartier huppé de l’ouest de Londres, est le pilier central des Pistols. C’est d’ailleurs lui qui assurera la moitié des pistes de basse sur l’album. Personne non plus ne chantait comme John Lydon, a.k.a Johnny Rotten, capable de débiter plus de cent mots à la seconde avec son méchant accent cockney. Militant pro-avortement sur « Bodies », anarchiste enragé sur « Anarchy In The UK », ou commentateur politique impitoyable sur « God Save The Queen », Rotten balance sans retenue sur cette Angleterre tristounette qui s’apprête à élire Margaret Thatcher au 10 Downing Street. Le groupe, fière inventeur du slogan « No Future », en veut à la terre entière et le fait comprendre en ne passant pas par mille chemins. « Nevermind The Bollocks », c’est trente-huit minutes de sérénades abrasives qui font passer Yes, Pink Floyd et Jethro Tull pour des branleurs de manche ringards et démodés. La pièce maîtresse du punk britannique.

Année : 1977
Origine : Royaume Uni
Pépite : « Pretty Vacant »
Eat : Pie and Mash
Drink : Pimm’s N°1 cup