« Ce qui nous lie » est le dernier film de Cédric Klapisch. Après les célèbres « L’auberge espagnole » ou « Casse-tête chinois », il nous propose une réalisation sur le thème de la famille et des rapports fraternels.

Jean (Pio Marmai) vit en Australie depuis 10 ans lorsque sa sœur (Ana Girardot) lui apprend la mort de leur père. Après 4 ans sans avoir donné de nouvelles, il rentre au domaine viticole familial de Beaune et retrouve sa sœur Juliette et son frère Jérémie (François Civil) afin de gérer la succession en indivision.

Sur fond d’incroyables paysages viticoles bourguignons, Cédric Klapisch évoque la complexité et la beauté des rapports humains, et en particulier, entre frères et sœurs.

Le spectateur assiste, tout au long du film, à la quête de l’équilibre fraternel des trois personnages. A l’image d’un triangle au sein duquel nous cherchons le point d’équilibre, les forces se modifient et évoluent en passant d’un côté du triangle à un autre.

On retrouve l’alliance des deux plus jeunes restés au domaine face à leur ainé ayant fui la famille, puis la complicité et les bêtises des deux garçons pour faire enrager leur sœur et enfin, le sentiment parfois d’exclusion et de jalousie du plus jeune, face à ses ainés.

Le spectateur comprend rapidement que cet équilibre est finalement dépendant de l’évolution individuelle de chacun des trois personnages. Tous en quête d’identité, de quiétude et de sérénité, ils cherchent leur place. Leur place dans leur vie personnelle et dans leur famille.

Et c’est cette relation fraternelle, forte de nostalgie, qui va leur donner tout l’élan dont ils ont besoin pour y parvenir.

Jean arrive en Bourgogne avec de nombreuses interrogations quant à son enfance et sa relation avec son père. Ne s’étant pas senti aimé pendant son enfance, jaloux de ses frères et sœurs, il cherche des réponses. Sa femme restée en Australie, lui dit ne plus l’aimer et est prête à le quitter. Le retour en France va le libérer de tous ses mots (maux). La stabilité de son frère et la bienveillance de sa sœur vont lui permettre de s’assagir et finalement de reconquérir son amour qu’il pensait perdu.

Juliette, quant à elle, a besoin de s’affirmer. Ayant décidé de reprendre le domaine viticole de son père, elle doit trouver sa place dans un monde d’hommes. Hausser le ton, dire non, s’assumer. Elle trouve auprès de Jean la confiance, le féminisme et le courage qui lui manquaient.

Jérémie enfin, est d’apparence le plus stable et serein. Déjà marié et père, il cherche pourtant lui aussi sa place. Toujours relayé au rang du petit dernier, les adultes qui l’entourent le considèrent encore comme un enfant. Il trouvera auprès de sa famille, là encore, toute la force pour être reconnu en tant qu’adulte.

Doucement, Jean, Juliette et Jérémie se trouvent et le triangle s’équilibre, leur permettant ainsi de résoudre l’équation de la succession en l’indivision.

La relation entre les trois frères et sœur est belle. Le film est ponctué de scènes émouvantes, fortes et surtout lumineuses. Sur fond de souvenirs dans les vignobles aux couleurs changeant au rythme des saisons, « Ce qui nous lie » est une fable vous fait du bien et vous rappelle combien les relations humaines peuvent être riches.

Le film est encore très instructif sur le monde de la viticulture et de l’écologie ; amateurs de vin bio, n’hésitez plus, le film est un excellent cru !

« Ce qui nous lie », un film de Cédric Klapisch, en salle depuis le 14 juin 2017.