C’est une habitude que je prends désormais à quelques heures de ma virée littéraire : j’écris à mes amies Audrey ou Pauline en leur demandant si elles ont un coup de cœur à me conseiller et si le livre est disponible à la bibliothèque André Malraux, mon QG près du bureau, hop je me lance. Merci Pauline pour cette recommandation, Désorientale, le premier roman de Négar Djavadi !

Tout commence dans une salle d’attente d’hôpital où Kimiâ se souvient. Petite dernière d’une famille iranienne forte et aimante, elle est le porte-parole de leur histoire, des années libres puis menacées dans leur pays d’origine et plus tard de leur immigration en France dans les années 80. La protagoniste évoque une grand-mère qui lit dans le café, se rappelle de l’Oncle numéro 2 qui pleure pour un rien. Ce dernier lui fait indéniablement penser à son père, Darius, qui fut un des plus grands intellectuels contestataires du Shah. Elle parle aussi de l’équipe qu’il forme avec sa mère, Sara, et qui ressemble à celle des grands couples de libertaires et philosophes. Et en parallèle elle évoque son histoire à elle, plus personnelle, une vraie quête d’identité.

Avec Kimiâ, on découvre l’Iran. Une culture, une ambiance et une force orientale unique. Fluide, drôle et très souvent émouvant, Désorientale est une claque. J’ai adoré suivre et connaître davantage au fil des pages tous ces personnages, ce clan rempli de sentiments, de mystères et de rêves… Une grande liberté jaillit de cet ouvrage, c’est parfois dur mais si beau.

Et pour la petite info (car je me le suis souvent demandé pendant ma lecture), ce n’est pas un roman autobiographique, bien que l’auteur y ait mis « d’elle et des siens ».

Pour qui ? celles et ceux qui ont envie de voyager et qui aiment les livres à émotion