Les premiers mots que j’ai prononcés en posant le pied sur le sol canadien en 2010 après « coucou Nath » ont été : « canards, gros connards ». Quelle ne fut pas ma surprise, en passant le temps de vol au contact de lectures scientifiques, de découvrir que le canard souffre d’une sexualité tortueuse et sa femelle, de copulations forcées. En effet, le canard possède un pénis hors norme qu’il utilise parfois de manière disgracieuse. Outre l’exploit de la vitesse de déploiement du dit organe (120 km/h) c’est sa forme qui le distingue : hélicoïdale. Se trouvant fréquemment enjoint à obtempérer, un groupe de scientifique a observé une mutation étonnante chez Madame : certaines femelles se trouvent pourvues d’un vagin dont les cavités ont évolué en une spirale de sens contraire, repoussant naturellement l’assaillant. Wow.

Durant cette année de plongée au cœur de la culture québécoise et la psychologie du développement, je m’égare le temps d’un travail universitaire à l’étude du concept de « permanence de l’objet chez le dauphin ». Travail qui me donna l’occasion de dévier, pour le loisir, dans le fabuleux monde du comportement animal, et tomber sur l’observation atypique de Kees Moeliker ; Conservateur du musée d’histoire naturelle de Rotterdam ayant proposé une description scientifique d’un comportement nécrophile d’un canard colvert sur son compatriote préalablement décédé suite à sa rencontre fortuite avec une fenêtre du musée.

De même, ce matin, en me penchant sur une proposition de mon ami Peco de « sortie pièce de théâtre » (de 4h30 sur la révolution française, me laissant un sentiment ambivalent), je divague pleine d’espoir vers le reste de la programmation, tombant sur une illustration d’un paradigme de canard suicidaire, racontant que blessé, le canard préfèrerait plonger à pic et s’accrocher à une algue plutôt que de tenter de survivre. Dur.

Ce midi enfin, cherchant des informations sur la paroisse de Cornimont (Vosges) afin de retrouver le graal qui me permettra de devenir marraine ce dimanche, je tombe sur le journal « Le Républicain Lorrain » datant du 13 décembre, mettant la lumière sur une sombre histoire de canard au bec coincé dans un goulot de bouteille au lendemain du réveillon.

Trop c’est trop. Vous y verrez surement un florilège de coïncidences hasardeuses à thème de canard, voire le fil rouge de ma vie… personnellement, j’y vois un cadeau de Noel : nous ne sommes plus seuls à la récré. D’autres créatures peuvent être mues par des pulsions narcissiques éthylo-libidineuses.