SOTW #76 : Vilaine, Odezenne

La « Vilaine » d’Odezenne n’est pas une fille au physique ingrat mais plutôt une boisson aux vertus hallucinogènes qui modifie votre perception, développe vos sensations et altère votre cartésianisme. Ces caractéristiques s’appliquent parfaitement à la musique de ce trio bordelais qui fait tache dans le sage panorama de la musique française.

Difficile à décrire, le son de Mattia, Alix et Jacques, deux MCs et un instrumentiste-machiniste résonne depuis 2008, grandement popularisé par leur présence en images et en sons sur le net (les chansons « Je veux te baiser » ou le liminaire et mal embouché « Tu pu du cu » leur ont assuré une bonne base de fans). Influences pop, poésie joliment barrée, atmosphères dandy à la Gainsbourg et rap cool sont posées sur des fondations instables, sur des ruines hip hop fumantes et désolées. Au fond, leur mixture évoque l’oeuvre au noir de Massive Attack, « Mezzanine », où le rap et la soul étaient recouverts d’un épais voile cold wave. Dans « Vilaine », la sécheresse des beats contraste avec la puissance des riffs de synthé pour un effet très dynamique et irrésistible.

L’univers d’Odezenne a un côté désespéré, désabusé, parfois drôle mais toujours intime et personnel. On peut s’y pelotonner, et c’est le cas avec tous les titres de l’excellent « Dolziger Str. 2 », leur troisième album conçu sinon enregistré à Berlin, OVNI total de la musique hexagonale et avec ça parlée (plutôt que chantée) en français. Un vrai must.

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