Victime d’un injuste échec commercial à sa sortie à la fin des années 90, Grim Fandango s’impose toutefois d’emblée comme une icône du jeu d’aventure auprès des amateurs et de la critique, gagnant ainsi sa place aux côtés de titres comme Myst ou Monkey Island. Cocktail détonnant de mythologie aztèque, de culture mexicaine et de style Art déco, le jeu nous entraîne au monde des morts pour y incarner Manny, anti-héros plein de charme qui, pour racheter les erreurs qu’il a commises de son vivant, se trouve réduit à vendre des offres de voyage aux âmes fraîchement débarquées pour qu’elles puissent rejoindre le Neuvième Monde, pays du repos éternel. En somme, ce n’est pas l’éclate. Mais tout va basculer avec l’arrivée d’une cliente un peu inhabituelle, et Manny va se lancer dans une extravagante aventure accompagné de son impayable comparse, Glottis, un attachant démon amateur de grosses cylindrées.

Fort d’une esthétique originale et d’un humour ravageur, Grim Fandango brille aussi par la qualité de sa bande son. Si quelques morceaux versent dans le mariachi, l’ensemble de l’OST est incontestablement placé sous le signe du jazz, un jazz expressif et chaleureux tenant du Kansas City et du swing. Bardés d’enivrantes envolées de clarinettes et de délicieux solos de cuivres martyrisés au plunger, les morceaux évoquent tour à tour l’ambiance survoltée d’un casino, l’angoisse d’un rencard qui peut virer au règlement de compte ou l’atmosphère étouffante et enfumée d’un bar de nuit, parvenant ainsi à habiller le jeu avec classe et parfois même avec humour. J’affectionne tout particulièrement « Swanky Maximino », « Hector Steps Out » ou encore « Gambling Glottis », mais soyons honnête : tout est bon. Vous aimez Benny Goodman, Count Basie ou même la musique des Aristochats ? Vous allez vous régaler.