SOTW #95 : Dreams, Beck

Me voici de retour, la tête toujours en vacances. Cet été ne semblant pas vouloir se terminer, je ne suis guère enclin à la mélancolie. Beck non plus apparemment. Le prolifique musicien californien a illuminé mes Eurockéennes début juillet avec un concert taillé pour ce genre d’événement, généreux, élégant et plein d’humour, la setlist alignant les tubes et les tueries groovy. Seul un nouveau morceau au programme, ce pétulant « Dreams » à l’estivale saveur acidulée. Et qui s’est transformé en mon miel auditif pour tout l’été.

Prélude à un nouvel album à paraître fin octobre, « Dreams » se démarque très nettement de la folk mordorée et intimiste de son précédent opus, l’introspectif « Morning Phase » paru en 2013. L’ambiance est cette fois délibérément pop, joueuse et funky, signe avant-coureur d’un album dansant à la « Midnite Vultures » ? On verra bien. En attendant, on se délecte de ce riff de guitare qui rappelle celui, imparable, du « Solitude is Bliss » de Tame Impala (ce qui prouve que Beck garde les oreilles grand ouvertes), de cette mélodie diablement accrocheuse, du falsetto céleste jamais forcé de ce grand et sous-estimé chanteur. Eternel bricoleur, Beck n’a pu non plus se priver d’une petite fantaisie qui au final donne toute sa saveur à cet hymne hédoniste sous la forme d’un étrange ralentissement du tempo à mi-morceau, qui apporte sa part d’apesanteur psychédélique à l’ensemble.

L’époque n’est guère à la légèreté. Le baume auditif que nous propose Beck tombe donc à point pour égayer l’horizon de bulles multicolores tout en conservant une exigence artistique intacte… Et c’est inestimable.

Live 2016, la même configuration qu’aux Eurocks, avec le très doué Jason Falkner (Jellyfish, artiste solo et sideman de luxe chez Air ou Primal Scream) à la guitare et aux choeurs…

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