SOTW #79 : Bad Habits, The Last Shadow Puppets

Nécessaire préambule: Tâche difficile, voire impossible que de choisir aujourd’hui une chanson de la semaine. La disparition de David Bowie a occupé tout mon esprit et je n’ai pu écouter que ce magnifique testament qu’est « Blackstar », en boucle. Je ne m’en remets pas et ça va me prendre du temps… Pour rester au coeur du sujet j’ai donc choisi le tout nouveau single de The Last Shadow Puppets, « super duo » réunissant Miles Kane et Alex Turner des Arctic Monkeys, lesquels avaient repris avec pertinence et fraîcheur le primesautier quoique obscur titre de Bowie datant de 1968 « In the Heat Of The Morning » (vidéo ci-dessous).

La bromance la plus féconde du monde de la pop music reprend du service avec un second album à paraître ce printemps. « Bad Habits » en est le single avant-coureur. On pouvait craindre ce genre d’initiative façon super-groupe (mauvais trip des 70’s, quand de trop fortes personnalités de diluaient en un tiède compromis musical). Rien de tout cela avec The Last Shadow Puppets car l’amitié réelle qu’entretiennent Miles Kane et Alex Turner a à coup sûr été garante de l’honnêteté et de la qualité de cette aventure à deux. Pas des moindres, car celle de deux jeunes blanc-becs de la pop anglaise qui tentent de se mesurer aux somptuosités orchestrales à la Scott Walker. Rien que ça.

Epaulés par James Ford (de Simian Mobile Disco et producteur attitré des Monkeys) et Owen Pallett (Musicien sensible canadien et orchestrateur hors pair d’Arcade Fire), il s’en sont tirés avec les honneurs tout au long de « The Age Of Understatement » (l’âge de la litote, joli titre) avec des chansons mémorables comme « Standing Next To Me » ou « My Mistakes Were Made For You », romances à la capiteuse saveur sixties.

Ce « Bad Habits » renouvelle la formule de façon sanguine. Les cordes orageuses qu’on jurerait sorties d’une B.O. d’Hitchcock rencontrent le chant aussi hargneux qu’enthousiaste d’un Miles Kane enragé (son court solo de guitare à la fin du morceau est plein d’urgence punk), une basse syncopée très sixties sans oublier les choeurs en fausset et la rythmique impeccable du playboy Alex Turner. Les cassures de rythme et les changements d’intensité conférant à l’ensemble une architecture aussi intrigante qu’imparable. Il aurait été vraiment dommage, à l’aune de cette chanson liminaire, que le premier disque reste sans suite…

« In The Heat Of The Morning », Live L.A. 2008

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