Rae Sremmurd

SOTW #106 : Black Beatles, Rae Sremmurd

En regardant d’un oeil distrait « le Quotidien » lundi soir, mon attention a été happée par deux gamins hyperactifs, excentriques et exubérants. Leur chanson s’appelle « Black Beatles« , ce qui prouve quelque part que la modestie n’est pas leur fort, mais que leurs desseins sont ambitieux. Rae Sremmurd (nom imbitable qui est en fait « Ear Drummers » en zorglangue -les amateurs des aventures de Spirou sauront de quoi je parle – et ça se prononce « Ray Chrimeurd ». M’est avis qu’on y parviendra très vite sans écorcher cette périlleuse phonétique) sont deux frères originaires de Tupelo dans le Mississippi (anecdotiquement la ville d’origine d’Elvis Presley), Khalif « Swae Lee » et Aaquil « Slim Jxmmi » Brown, 23 et 21 ans respectivement, dans le circuit hip hop depuis 2013. Mimiques de sales gosses souriants, tatouages envahissant leurs corps minces, tenues et coiffures au delà du raisonnable, body language éloquent, les frangins ont du style et un sens du swag inné.

« Black Beatles » est issu de leur déjà second album « SremmLife 2 », lequel s’est hissé sans effort au sommet du Top 100 du Billboard américain. il faut dire qu’avec des hits de ce calibre, rien ne semble s’opposer à leur succès massif et en train de devenir international. C’est une chanson éminemment moderne, se moquant des canons purement hip hop pour y diffuser des influences pop rock (un riff de guitare au son new wave altéré sert de gimmick ici) et R n’B (les beats en syncopes aériennes et toutefois dansantes). Les voix quant à elles ne sont pas traitées à l’Auto Tune et sonnent naturel (un vrai miracle dans le rap actuel…). Le lien avec le hip hop old school est toutefois maintenu grâce au featuring du déjà vétéran rapper Gucci Mane. Mais « Black Beatles » est avant tout un hymne débordant de jeunesse, un joyeux appel à la fête où tout le monde est invité, peu importe l’âge, le look, le genre. Une invitation à « Come Together » (« se rassembler ») comme aurait dit John Lennon. Paul McCartney déclare être fan de la chanson, le monde entier suivra.

Deux anecdotes piquantes, c’est avec cette chanson que le « Mannequin Challenge » (mème qui a remplacé le « Harlem Shake » sur le net ou dans les fêtes, où il faut rester immobile avec une pose étudiée pendant le morceau, un portable filmant alors tous les participants) est devenu viral, au point qu’on y a même eu droit pour la fête de Noël des internes au lycée… On aurait tort de se souvenir de « Black Beatles » pour ça. La vidéo, quant à elle, est truffée de référence aux Fab Four, vous reconnaîtrez sans effort le passage piéton d’Abbey Road, le bed-in de John et Yoko ou le concert sur le toit d’Apple.

Live at Jimmy Kimmel’s (début « Black Beatles » à 1:10) :

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