Les années passent et ne se ressemblent pas. Voici donc un concentré purement subjectif des meilleures sorties (rock) de l’année.

Vous n’y trouverez pas Lorde ni Drake, mais du son de haute de qualité à faire frémir les lampes de votre ampli. Pour ceux qui n’ont pas fait le plein de vinyles à Noël, vous trouverez un lien vers une pépite de chaque disque pour vous faire une idée de ce qu’il se cache derrière chacun d’entre eux. Entre Los Angeles, Bristol et Melbourne, on peut dire que l’on a pas été malheureux en 2017. Bonne lecture !

 

17 – Cabbage | « Young, Dumb and Full of… » | Skeleton Key Records

Ca sort d’où ? Manchester, UK

Why that ? Le groupe de Manchester a décidé de compiler ses meilleurs titres sur un album explosif. Groupe de scène déjanté, Cabbage est l’une des nouvelles sensations indie-punk à suivre Outre-Manche. A l’instar de leurs camarades de la Big White Family, ce concentré de punk juvénile qui ne renie en rien son côté British constitue un bol d’air frais dans la scène actuelle d’Outre Manche : refrains à beugler en sortant du pub, riffs entêtants, paroles décalées, trente ans après les Sex Pistols, la formule reste toujours aussi efficace. A consommer sans modération.

Pour les amateurs de bière tiède, The Damned et de punk 77.

Pépite : « Dissonance »

 

16 – The Jesus and Mary Chain | « Damage and Joy » | Artificial Plastic

Ca sort d’où ? Glasgow, Ecosse, UK

Why that ? Le septième album des pionniers du Shoegaze est une petite merveille. Malgré l’âge et les querelles incessantes, les frères Reid continue d’éblouir le petit monde du rock alternatif avec un déluge de distortion et de feedback … 19 ans après leur dernier opus. Toujours aussi pércutante, la formation écossaise fait désormais office de dinosaure du rock et son influence a rarement été aussi palpable sur la scène musicale actuelle. Lourd, racé, spatial, « Damage and Joy » est une démonstration de style, un disque qui mérite largement sa place dans le classement

Pour les amateurs de Raybans Wayfarer noires, Black Rebel Motorcycle Club et de Brit rock.

Pépite : « Always Sad »

 

15 – Sleaford Mods | « English Tapas » | Rough Trade

Ca sort d’où ? Nottingham, UK

Why that ? Le duo punk Sleaford Mods continue de tracer sa route en crachant sur l’establishment anglais et la société de consommation. Ce nouvel album puise dans ce qui a fait la réputation de Sleaford Mods : des beats electro punks assourdissants, des paroles acerbes, pour un portrait aussi hilarant que dépressif de la société britannique contemporaine. Aussi honnêtes qu’énervés, Jason Williamson et Andrew Fearn dépeignent mieux que quiconque un pays en pleine crise sociale à l’heure du Brexit. Cela fait du bien.

Pour les amateurs de foot anglais, The Fall et du hip hop britannique.

Pépite : « B.H.S »

 

14 – The War on Drugs | « A Deeper Understanding » | Atlantic Records

Ca sort d’où ? Philadelphie, Pennsylvanie, Etats-Unis

Why that ? Revenir après l’incroyable « Lost in a Dream », un des albums les plus marquants de la décénnie, n’était pas chose facile. Pourtant ils l’ont fait. Le quintet originaire de Philadelphie s’est inspiré de ce qu’il savait faire de mieux pour ce nouvel opus planant qui sent toujours aussi bon l’asphalte et les soirées pluvieuses du Mid-Atlantic. Légèrement moins brute que son prédecesseur, il n’en reste pas un moins un excellent album d’Americana qui fait toujours son effet dans l’autoradio de votre Peugeot 106.

Pour les amateurs de Philly Cheesesteaks, Bruce Springsteen et de boîtes à rythme dégueus.

Pépite : « Holding On »

 

13 – Foxygen | « Hang » | Jagjaguwar

Ca sort d’où ? Los Angeles, Californie, Etats-Unis

Why that ? Quel talent ! Encore une fois, Foxygen signe un album de grande qualité, à la fois frais et sophistiqué. La pop arsty et complétement baroque des Californiens continue d’émerveiller. « Follow the Leader » est un hymne glam rock langoureux de grande classe. Décidémment, le duo formé par Jonathan Rado et Sam France impressionne. Le single « Avalon » et son swing plein d’entrain fait partie des grands moments de pop de cette année au final plutôt rock. Sur « America », le groupe innove, entre envolées jazz et piano mélancolique. Fantastique.

Pour les amateurs de pop orchestrale, de Roxy Music et de glam sophistiqué.

Pépite : « Follow the Leader »

 

12 – The Molochs | « America’s Velvet Glory » | Innovative Leisure

Ca sort d’où ? Los Angeles, Californie, Etats-Unis

Why that ? Oubliez les Allah-Las, le nouveau groupe 1960s du moment se nomme The Molochs. Une pop californienne éclairée, un pointe de garage excité et une folle envie d’aller surfer sous le soleil de la côte ouest. Voici donc un album qui sent le soleil et évoque aussi bien les groupes de la British Invasion que les gloires locales de sixties, à savoir Love et les Flying Burrito Brothers. On se dit qu’on irait bien acheter un van Volkswagen pour se refaire un roadtrip le long de la Highway One avec « America’s Velvet Glory » en arrière fond.

Pour les amateurs de surf, The Beach Boys et de revival sixties.

Pépite : « Little Stars »

 

11 –  Father John Misty | « Pure Comedy » | Sub Pop

Ca sort d’où ? Los Angeles, Californie, Etats-Unis

Why that ? Toujours chez Sub Pop, Father John Misty revient avec un album intimiste et succuleusement écrit. On pourra le trouver arrogant, voire suffisant, l’ancien batteur de Fleet Foxes continue son bonhomme de chemin et signe son meilleur opus jusqu’à présent. Ballades acoustiques à écouter au coin du feu ou sérénades de crooner subtilement interprétées au piano, Josh Tillman a plus d’une corde à son arc. Ses textes méritent également une attention toute particulière, souvent acide, Tillman sait magner la plume. Du grand art.

Pour les amateurs de burgers végans, Nick Cave and the Bad Seeds et de folk magistrale.

Pépite : « Pure Comedy »

 

10 –  Charly Bliss  | « Guppy » | Barsuk Records

Ca sort d’où ? New York, New York, Etats-Unis

Why that ? Un quatuor frais emmené par une chanteuse rappelant autant Courtney Love que Gwen Stefani peut rarement se planter. Légèrement grunge, carrément power pop, Charly Bliss nous fait voyager dans le temps. Retour dans l’adolescence, les nineties, avec ses refrains inoubliables, ses guitares crunchies et ses mélodies sucrées. On a envie de replonger dans Weezer, Nirvana, Sonic Youth et Hole, et on se dit que vieillir c’est quand même pas terrible. Ecoutez « Ruby », tout y est. C’est si bon !

Pour les amateurs de sucettes à la fraise, Courtney Love et de Fender Jaguar cherry red.

Pépite : « Ruby »

 

9 – Sheer Mag | « Need To Feel Your Love » | Big Cartel Music

Ca sort d’où ? Philadelphie, Pennsylvanie, Etats-Unis

Why that ? Celà fait cinq ans qu’on promet un avenir radieux à Sheer Mag. Après trois délicieux EP, le groupe de Philadelphie sort enfin son premier album tant attendu. Drôle de mélange, à la fois rock frontal (Thin Lizzy, KISS), garage (on pense parfois aux Strokes ou à Cheap Trick) et soul. Emmené par la charismatique Tina Halladay et les talentueux frangins Kyle et Hart Seely, Sheer Mag régale à coups de riffs aiguisés qui sentent bon les seventies. Imaginez Blondie avec de la distortion sur la voix et des guitares stoniennes période « Some Girls » . Un excellent disque de rock n’roll comme on aimerait en entendre plus souvent.

Pour les amateurs de trucker hats, The Runaways et de power-pop US.

Pépite : « Need To Feel Your Love »

 

8 – Dream Machine | « The Illusion » | Castle Face

Ca sort d’où ? Austin, Texas, Etats-Unis

Why that ? Le nouveau projet de Matthew Melton et son épouse Doris a fait la une de la presse spécialisée pour les mauvaises raisons. Viré de son label pour avoir laché deux trois saloperies sur la politique migratoire américaine, l’ancien frontman de Warm Soda peut néanmoins se targuer d’avoir sorti un album de hard rock rétro plein d’orgue et d’envolées psychédéliques à l’efficacité redoutable. Imaginez les Doors jammant avec Black Sabbath un soir de pleine lune. Ambiance gothique, riffs assassins, claviers loufoques, Dream Machine paraît tout droit sortie des seventies. La grande classe.

Pour les amateurs d’orgue Hammond, Deep Purple et de hard 1970s.

Pépite : « The Illusion »

 

7 – Warbly Jets | « Alive » | Rebel Union

Ca sort d’où ? Los Angeles, Californie, Etats-Unis

Why that ? Une bonne dose d’énergie, des guitares lourdes et un chant aérien, Warbly Jets rappelle le BRMC de ses débuts. Férus de rock anglais (Primal Scream, My Bloody Valentines, les Stones), ces californiens résuscitent un son accrocheur et crâneur. Le single « Alive » aurait été un tube massif à l’heure du revival garage du début des années 2000. Légèrement psychédélique, lourd à souhait, « Alive » regorge de tubes d’un autre temps où la combinaison Gibson-Marshall dominait les charts.

Pour les amateurs d’amplis Marshall, de Primal Scream et de Britrock burné

Pépite : « Alive »

 

6 – Queens of the Stone Age | « Vultures » | Matador Records

Ca sort d’où ? Palm Springs, Californie, Etats-Unis

Why that ? La bande à Josh Homme frappe toujours aussi fort malgré un virage pop pas toujours bien compris par les fans hardcore du groupe. Produit par le sulfureux Mark Ronson, « Villains » marque un tournant dans la carrière d’un dinosaure du rock américain de moins en moins enclin à faire parler les muscles. On pourra leur reprocher ce choix audacieux, il n’empêche que Queens of the Stone Age continue de voir juste et ce septième album studio en est la preuve ultime.

Pour les amateurs de pop baroque, leur précédent album et de guitare swing.

Pépite : « Fortress »

 

5 – Oh-Sees | « Orc » | Narnack Records

Ca sort d’où ? San Francisco, Californie, Etats-Unis

Why that ? Encore un album décapant pour John Dwyer, petit géni hyperactif devenu demi-dieu de la scène indépendante américaine. Le père spirituel de Ty Segall (qui produit cet album) et consorts nous a livré un nouvel opus enragé où se côtoient odyssées psychédéliques et jams lourds pleins de fuzz et de reverb. La recette reste inchangée et Dwyer ne semble toujours pas prêt à capituler. Ce premier album sous la dénommination « Oh Sees » ravira les fans hardcore du groupe américain et les amateurs de rock instrumental sous métamphétamines. Puissant.

Pour les amateurs de substances hallucinigènes, de Syd Barrett, et de rock psychédélique.

Pépite : « Nite Expo »

 

4 – King Gizzard and The Lizard Wizard | « Flying Microtonal Banana » |  Heavenly Recordings

Ca sort d’où ? Melbourne, Australie

Why that ? Cinq albums en douze mois, voilà le pari fou de ces Australiens complétement foutraques. « Flying Microtonal Banana » est le plus abouti de ces disques allumés, entre jams arabisants et krautrock interstellaire. Nos chouchous ont même créé un manche de guitare spécial pour explorer de nouveaux territoires sonores : la Flying Microtonal Banana. Que l’on soit fan de rock psychédélique, de garage punk, de matrock ou de progressif, on ne se lasse pas des expérimentations toujours plus hallucinées de ce krautrockeurs boulimiques des antipodes. Addictif.

Pour les amateurs de champignons hallucinogènes, de Hawkwind et de Krautrock.

Pépite : « Billabong Valley »

 

3 – Dion Lunadon | « S/T » | Agitated Records

Ca sort d’où ? Brooklyn, New York, Etats-Unis

Why that ? Dion Lunadon sort son premier album solo après quinze ans d’une carrière qui l’aura vu occuper le poste de guitar heroe chez The D4, puis frontman soul avec les regrettés True Lovers avant de tenir la basse du combo new yorkais A Place To Bury Strangers. Toujours aussi percutant, le néo-zélandais le plus talentueux de sa génération propose un garage rock dévastateur, fin, et tellement actuel. Soigneusement produit, ce premier coup d’essai est une franche réussite qui décape. A écouter très fort, quitte à se prendre le chou avec son voisin, cet album explosif est une vraie bombe.

Pour les amateurs de pédales fuzz, Johnny Thunders et de garage punk façon CBGB. 

Pépite : « Come/Broke »

 

2 – Daniele Luppi & Parquet Courts |« Milano » | Columbia Records

Ca sort d’où ? New York, New York, Etats-Unis

Why that ? Daniele Luppi a vu juste en faisant appel à Parquet Courts pour un concept album autour du Milan glamour de son enfance. Nous voilà plongés dans la capitale de la mode au milieu des eighties et on s’y croirait. La bande d’Andrew Savage et son post-punk scolaire colle à merveille aux envies retros du producteur italien. Karen O, reine de l’underground new-yorkais et chanteuse des Yeah Yeah Yeahs, fait aussi partie du line-up de ce disque aussi détonnant qu’étonnant. Une belle réussite qui ne fait que confirmer tout le bien qu’on pense de Parquet Courts comme de Daniele Luppi.

Pour les amateurs de cocktails à base de vermouth, Gang of Four et les rytmiques saccadées.

Pépite : « Soul and Cigarette »

 

1 – Idles | « Brutalism » | Balley Records

Ca sort d’où ? Bristol, UK

Why that ? Bon, j’avais annoncé un autre album de l’année, mais la vraie claque vient bel et bien de Bristol. Idles, ou comment cracher son venin sur un post-punk incendiaire. Abbrasif, accrocheur et carrément efficace, ce premier opus de la formation britannique est une leçon de rock n’roll moderne qui va droit dans le mille. Aucune chanson à jeter, que du rock massif flirtant avec le noise et le hardcore, soutenu par des lignes de basse puissantes et un chant à faire trembler Johnny Rotten. La plus belle surprise de 2017 est sans aucun doute ce « Brutalism » à écouter en buvant un pack d’ales anglaises un soir de pétage de plombs.

Pour les amateurs de barbes de hipsters, Wire et de son de basse corrosif.

Pépite : « Mother »

 

Auraient également pu figurer dans ce classement : 

Kurt Vile & Courtney Barnett – « Lotta Sea Lice »
Wand – « Plum »
Algiers – « The Underside of Power »
Together Pangea – « Bulls and Roosters »
Mark Lanegan – « Gargoyles »
King Gizzard and the Lizard Wizard – « Murder of the Universe »
Dirty Fences – « Goodbye Love »
Ride – « Weather Diaries »
Andrew Savage – « Thawing Dawn »
The Dream Syndicate – « How Did I Find Myself Here? »
King Krule – « The Ooz »
Cyanide Pills – « Sliced and Diced »
King Gizzard and the Lizard Wizard – « Polygwondanaland »
Ty Segall – « S/T »
The Horrors – « V »
Grizzly Bears – « Painted Ruins »

Et bien d’autres…

A l’année prochaine !