« L’amant double » est un thriller psychologique réalisé par François Ozon, tout juste sorti un an après son dernier film « Frantz ».

François Ozon est un de mes réalisateurs français favoris. De « 8 femmes », en passant par  « Potiche » et surtout les incroyables « Dans la maison » et « Une nouvelle amie », je suis fascinée par son univers désinvolte et osé. Tous ses films traitent de sujets complexes et importants ; que ce soit la prostitution, l’homosexualité, ou encore la transsexualité. Sa caméra filme sans détour et sans filtre. Il est direct et je crois que c’est ce qui me plaît.

Pour son nouveau film, s’inspirant d’un roman de Joyce Carol Oates, François Ozon a choisi d’aborder le thème des troubles psychologiques liés à la gémellité. Fidèle à lui-même, le réalisateur traite son sujet au travers du parcours d’une femme.

Chloé (Marine Vacth) est une jeune femme fragile en quête d’identité lorsqu’elle tombe amoureuse de son psychothérapeute, Paul (Jérémie Renier). Très rapidement, le couple s’installe ensemble et Chloé développe une jalousie incontrôlable, persuadée que son conjoint a une double vie. Alors qu’elle mène son enquête, la jeune femme comprend que son amant a un frère jumeau qu’il lui a caché. Elle cherche alors à en comprendre les raisons.

Le film de François Ozon est tout d’abord un film élégant et séduisant. Dans un décor froid et clinique, le réalisateur met en lumière ses (beaux) acteurs avec une mise en scène sophistiquée.

« L’amant double » est ensuite troublant. Le cinéaste filme au plus près ses acteurs ; la caméra est rivée sur les corps, les expressions et les regards. Les spectateurs sont alors captés, saisis par le film, embarqués avec brutalité dans les névroses du personnage féminin. Mais cette proximité est parfois perturbante et dérangeante, frôlant le malaise. Finalement, le film vous séduit autant qu’il vous dérange.

Nous retrouvons au sein de ce film les références aux thématiques des apparences trompeuses et des faux semblants fidèles à François Ozon. Ne pouvant se fier aux images, le réalisateur oblige le spectateur à se détacher, à sortir de sa passivité et à se déconnecter des images pour mieux comprendre et décortiquer la dualité des personnages. A son habitude, le film de François Ozon est cérébral.

Mais cette complexité finit peut-être par perdre le spectateur. A force de jouer avec les images, de jongler entre rêves et réalité, on perd le fil. Sur ce point, je mettrais d’ailleurs un petit bémol à la fin du film un peu rapide, laissant le spectateur avec quelques interrogations et ambiguïtés concernant le personnage féminin.

« L’amant double », un film de François Ozon, en salle depuis le 29 mai 2017.