y-JqH1M4Ya8

8 janvier 2016. David Bowie fête ses 69 ans en sortant un nouvel album « Blackstar » que la critique unanime encense. Vous ne serez pas passés à côté d’une telle information, relayée par tous les médias. J’aurais pu me dispenser de m’y coller moi aussi mais l’occasion était trop belle.

En 2013, le Thin White Duke redonnait contre toute attente signe de vie après un très long hiatus public avec la sublime ballade nostalgique « Where Are We Now ? ». Le plus qu’honnête album qui s’ensuivit, « The Next Day » labourait pourtant la plupart du temps des terrains bien balisés, revisitant avec espièglerie tout le back catalogue de Bowie. « Blackstar », son 25ème album studio, semble être d’une toute autre trempe, renouant avec les penchants expérimentaux de la star, qui n’a décidément pas l’âge de ses artères, et proposant quelque chose qu’il n’avait encore jamais fait.

A savoir s’acoquiner avec des talents new-yorkais du free-jazz réunis derrière le saxophoniste Donny McCaslin pour accoucher d’une musique mêlant électronique, rythmiques hip-hop (l’expert duo basse/batterie est d’une rare éloquence) et improvisation pour propulser d’aventureuses compositions pop d’une grande tenue. Jazz, certes, mais musical à l’extrême sans être un seul instant démonstratif ou roboratif, ne faisant jamais preuve de la moindre virtuosité stérile.

« Lazarus« , ample ballade hypnotique et émouvante (quelle merveille de refrain !) bâtie sur des vagues de saxophones jamais cheesy (Bowie rendant ainsi hommage avec ferveur à son premier instrument) le téléporte en 1975, quand il jouait l’extraterrestre Thomas Jerome Newton dans le film de science-fiction « L’homme qui venait d’ailleurs » de Nicholas Roeg. La chanson fait partie du répertoire de l’adaptation théâtrale, actuellement représentée Off Broadway, à laquelle il a participé. Le ton, comme le texte, est d’ailleurs empreint d’une dramaturgie très présente dans l’oeuvre de Bowie, de « Ziggy Stardust » à « Station to Station ». Et c’est de première bourre à mon humble avis.

Bref, happy birthday Mr. Bowie. Les rides ont certes envahi votre visage et vos mains, mais en aucun cas votre talent.