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		<title>SOTW #244 : SWEAT, The Sophs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 09:46:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il aura donc fallu la chanson rock d&#8217;un groupe inconnu au bataillon pour que je replonge dans les affres (et les délices) de la chronique musicale. Ce n&#8217;est rien et c&#8217;est énorme à la fois, car bien que j&#8217;écoute toujours autant de musiques, plus nouvelles qu&#8217;anciennes d&#8217;ailleurs, rien depuis deux ans et demi ne m&#8217;avait motivé à revenir à mon clavier, hormis les décès d&#8217;artistes que j&#8217;avais aimés et immensément respectés. C&#8217;est la lecture d&#8217;une brève sur le fil des [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il aura donc fallu la chanson rock d&rsquo;un groupe inconnu au bataillon pour que je replonge dans les affres (et les délices) de la chronique musicale. Ce n&rsquo;est rien et c&rsquo;est énorme à la fois, car bien que j&rsquo;écoute toujours autant de musiques, plus nouvelles qu&rsquo;anciennes d&rsquo;ailleurs, rien depuis deux ans et demi ne m&rsquo;avait motivé à revenir à mon clavier, hormis les décès d&rsquo;artistes que j&rsquo;avais aimés et immensément respectés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la lecture d&rsquo;une brève sur le fil des Inrocks qui m&rsquo;a conduit à prêter une oreille à <strong><em>SWEAT</em></strong>, la seule chanson disponible à ce jour d&rsquo;un groupe appelé <strong>the Sophs</strong>. Comme le disaient les Inrocks, le rapprochement avec <a href="/tag/strokes/">the Strokes</a> n&rsquo;est pas fortuit. Après une fausse intro avec boite à rythmes branlante et bruit blanc s&rsquo;installe une rythmique mid tempo tranquille, répétitive mais tendue avec basse ronde, un motif de guitare lancinant et mélodique qui pourrait être joué au synthé, des contrepoints aux claviers et à la guitare acoustique et surtout cette voix cool de crooner juvénile, un peu bancale mais garante d&rsquo;une émotion brute. Tout cela évoque aussi bien <em>Hard to Explain</em>, chef d’œuvre romantique du premier album des Strokes que <em>The Adults are Talking</em> pièce maîtresse ouvrant le dernier effort des New-yorkais « <em>The New Abnormal</em> », construisant ainsi une arche entre 2000 et 2020. Puis, après un passage sans batterie avec chœurs angéliques` qui répondent en falsetto surgit une reprise du refrain comme un coup de boutoir avec la voix étranglée passée à l&rsquo;octave supérieur et des riffs rageurs de guitare saturée, avant une fin brutale, comme si on avait coupé le courant. Ça parle du deuil consécutif à une rupture amoureuse, et c&rsquo;est aussi vital que mélancolique. L&rsquo;essence de la pop, pas moins. « Sweat yourself » est donc une façon plus soft de dire « Go fuck yourself ». L&rsquo;effet, c&rsquo;est un euphémisme, est maximal et cette chanson m&rsquo;obsède littéralement, je me la passe et me la passerai en boucle jusqu&rsquo;à plus soif, et ce ne sera pas pour demain&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quels chemins a t-il fallu emprunter pour savoir quel est ce groupe&nbsp;! C&rsquo;est en se rendant sur leur Instagram qu&rsquo;on en apprend un peu plus. Le chanteur et porte-parole de la bande se nomme Ethan Ramon et il a eu la bonne idée d&rsquo;envoyer une démo de son groupe par mail au label londonien Rough Trade, label dont les patrons Geoff Travis et Jeannette Lee ont, et c&rsquo;est peu dire, des oreilles en or. Rough Trade a été en effet la maison des Smiths avant d&rsquo;être celle de Jarvis Cocker (et dorénavant celle du Pulp ressuscité), de Amyl &amp; the Sniffers, de Sleaford Mods et de Parquet Courts, entre autres. Enfin, ce sont eux qui avaient signé un quintet new-yorkais inconnu sur la foi d&rsquo;une seule écoute de la démo d&rsquo;une chanson en 1999, &nbsp;<em>The Modern Age</em>, premier single des Strokes, et donc paru chez Rough Trade, label sexy par excellence, bien entendu&#8230; Sur le site du label, Travis et Lee avouent avoir été bluffés par la démo qui leur avait été miraculeusement envoyée depuis Los Angeles. Heureuse coïncidence, Jeannette Lee était à LA et est allée se rendre compte du potentiel de the Sophs en allant les voir jouer dans un bar. Son instinct ne l&rsquo;avait pas trompée, le concert corrobora sa première impression. Rough Trade a donc été immédiatement séduit par l&rsquo;honnêteté brutale de the Sophs, leur pensées flamboyantes et l&rsquo;ampleur de leur spectre musical, mêlant créativité et variété. Sans parler de leur côté «&nbsp;Ne me demandez pas de faire joli&nbsp;». Donc attendons-nous pour la suite à du pop-punk pénétrant, du funk incandescent et à un «&nbsp;sprachgesang&nbsp;» porté par la voix décidément séduisante d&rsquo;Ethan Ramon, lequel clame vouloir voler, plagier et emprunter, pour qu&rsquo;à la fin sa musique sonne d&rsquo;une façon incroyable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on y pense, à l&rsquo;heure des enregistrements dans sa chambre et des notoriétés gonflées sur les réseaux sociaux, the Sophs vivent un conte de fées à l&rsquo;ancienne. Avec voyage à Londres pour la signature du contrat, séance de photos pour illustrer la pochette du single et tournage d&rsquo;un clip déjà culte. Une première tournée suivra, sur la côte ouest US, à New York puis pour quelques dates européennes (dont celle au <a href="https://dice.fm/event/dk9exv-the-sophs-8th-sep-supersonic-records-paris-tickets">Supersonic à Paris le 8 septembre</a>). Ce genre d&rsquo;histoire n&rsquo;a pas été racontée depuis&#8230; the Strokes ou Arctic Monkeys. Alors peut-être délire t-on en imaginant un destin stellaire à ces six garçons californiens, mais l&rsquo;aventure de the Sophs est si sexy et finalement si atypique aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;on a hâte d&rsquo;en découvrir la suite !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>The Von Bondies : la touche glam de Detroit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 13:18:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IN CASE YOU'VE MISSED IT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ça sortait d’où ? Detroit, Etats-Unis C’était quoi&#160;? L’effervescence dont s’empara la jeunesse branchée de Londres, New York et Paris doit beaucoup au Motor City. Comme au plus fort des sixties, Detroit a contribué une nouvelle fois à remettre le rock n’roll en haut de l&#8217;affiche. La cité industrielle du Michigan a toujours été une terre fertile pour les musiciens. Alice Cooper, Iggy Pop, le MC5, et&#8230; Jack White. C’est grâce à ce dernier que les Von Bondies sortirent de [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>Ç</strong>a sortait d’où ? </strong>Detroit, Etats-Unis</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’était quoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’effervescence dont s’empara la jeunesse branchée de Londres, New York et Paris doit beaucoup au Motor City. Comme au plus fort des sixties, Detroit a contribué une nouvelle fois à remettre le rock n’roll en haut de l&rsquo;affiche. La cité industrielle du Michigan a toujours été une terre fertile pour les musiciens. Alice Cooper, Iggy Pop, le MC5, et&#8230; Jack White. C’est grâce à ce dernier que les Von Bondies sortirent de l’anonymat en produisant le premier opus du groupe, « Lack of Communication », en 2002. Ce dernier, co-produit par Jim Diamond des excellents Dirtbombs attira l’attention de la presse musicale, en particulier au Royaume-Uni, comme en témoigne leur passage sur le plateau de l’émission Later présentée par l’animateur légendaire Jools Holland et diffusée sur la BBC. Après plusieurs tournées et un line-up re-magné, le combo du Michigan pu compter sur le glamour de la bassiste Smith Yasmin et de la guitariste Marcie Bolen pour défendre le somptueux « Pawn Shoppe Heart », sorti en 2004 chez Sire Records. Avec son garage rock puissant et carrément sexy, le quatuor américain s’imposa comme un des groupes phares de la scène de Detroit du début des 2000’s. Catchy, brutal, l’album rendait hommage aux groupes à guitare des années 1960 avec une touche de glam rock déjanté et quelques pépites sublimées par la voix rauque de leur frontman Jason Stollsteimer. Ce dernier défraya la chronique lorsque son ex-producteur et leader des White Stripes lui démolit la figure lors d’une rixe improvisée dans une salle de concert de leur ville natale. On joue pas à celui qui pisse le plus loin avec une légende locale, tout simplement. Une fois la hype du single « C’mon C’mon » passée et une prestation mémorable au festival de Glastonbury, les Von Bondies tombèrent dans l’anonymat le plus complet et ce, malgré la sortie de deux albums à la fin de la décennie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une galette&nbsp;: </strong>Pawn Shoppe Heart &#8211; <em>Sire Records </em>(2004)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="300" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart.jpg" alt="" class="wp-image-7636" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-120x120.jpg 120w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-240x240.jpg 240w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le ton est donné dès l’intro de « No Regrets ». Derrière la batterie martiale de Don Blum et un déluge de guitares vrombissantes, Jason Stollsteimer annonce la couleur. Un brin crâneur, le chanteur-guitariste croone avec un certain brio. Les chœurs assurés par les deux membres féminins relèvent la majorité de titres : « Tell Me What You See », « Crawl Through The Darkness » ou la très glam « Not That Social ». La touche féminine donne un côté pop bubblegum extrêmement rafraichissant qui vient enrober une déferlante de distortion et de tempos survitaminés. Le garage rock sexy aux accents punks des Von Bondies sait aussi ralentir la cadence par moment, comme le montre le slow blues « Mairhead», hommage complétement assumé aux Doors de Jim Morrison. La fin de l’album est brutale. Sur le titre éponyme du disque, Stollsteimer nous déchire les tympans avec un slow blues aussi tourmenté qu&rsquo;inoubliable qui vient clore le disque de la meilleure des manières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un hit en deux lignes :&nbsp;</strong>«&nbsp;C&rsquo;mon C&rsquo;mon&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Seven Nation Army n&rsquo;avait pas été reprise en chœur par des millions de spectateurs de football en transe, ce single à l&rsquo;efficacité toute redoutable avait tout pour être le meilleur titre rock n&rsquo;roll sorti de Detroit depuis Kick Out The Jams.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La pépite à (re) découvrir&nbsp;: </strong>«&nbsp;Lack of Communication&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>SOTW #236 : Blame, Gabriels</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Feb 2022 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après deux mois de silence, la Song Of The Week résonne de nouveau. Je pourrais évoquer les multiples raisons qui m’ont fait buter sur ma page blanche &#8211; je n’ai même pas établi mon traditionnel palmarès de fin d’année &#8211; et je vous épargnerai une indigeste litanie. Simplement, je n’avais pas de musique suffisamment excitante à me mettre entre les deux oreilles en cette fin 2021 pour me motiver à écrire, et peu envie de me replonger dans mes tocades [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Après deux mois de silence, la Song Of The Week résonne de nouveau. Je pourrais évoquer les multiples raisons qui m’ont fait buter sur ma page blanche &#8211; je n’ai même pas établi mon traditionnel palmarès de fin d’année &#8211; et je vous épargnerai une indigeste litanie. Simplement, je n’avais pas de musique suffisamment excitante à me mettre entre les deux oreilles en cette fin 2021 pour me motiver à écrire, et peu envie de me replonger dans mes tocades du passé. Mais comme à chaque fois que je connais un blocage, une chanson qui passait à la radio a happé mon attention et réussi, à elle seule, à me remettre à mon clavier…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un riff de cordes en Panavision, des arrangements au millimètre, un parfum de soul music hautement vintage et une chaude voix suintant le gospel et l’authenticité nous plongent dès les premières secondes dans le caisson sensoriel qu’est <strong><em>Blame</em></strong>. Et cette perle est l’œuvre du trio californien <strong>Gabriels</strong>, qui apparaît ici comme un reboot de Gnarls Barkley&nbsp;: soit l’association entre un chanteur à la voix impressionnante et au physique de bonze replet (et maquillé) et de musiciens producteurs qui updatent à leur façon la soul music des années cinquante et soixante en la parant de sonorités contemporaines, subtilement électroniques ou comme ici orchestrales, sans que la greffe ne sonne forcée ou mièvre. Le trio regroupe donc le chanteur gospel et chef de chœur Jacob Lusk (lequel s’était fait remarquer dans le télé-crochet <em>American Idol </em>en 2011, où sa voix aussi époustouflante qu’émouvante avait inconditionnellement séduit le public) et les producteurs (je déteste ce mot) Ryan Hope et Ari Balouzian, qui viennent du cinéma, le premier dans la réalisation, le second dans la composition de bandes originales. Ces derniers recherchaient un chœur pour un projet musical et sont tombés sur Lusk, originaire de Compton mais aucunement influencé par le rap, et pour cause car celui-ci vient d’un milieu chrétien très rigoriste et a été biberonné au chant religieux, la radio, comme la musique du diable que représentaient la soul et le funk étant interdites à la maison… C’est en se rebellant contre l’autorité&nbsp;parentale qu’il a découvert les chants profanes d’Aretha Franklin, Nina Simone, Marvin Gaye ou Beyonce, même si c’est bien sa pratique poussée du gospel qui lui a, c’est un euphémisme, permis d’imposer cette voix sensationnelle, passant du murmure fragile, du feulement sauvage à l’autorité d’un prêcheur, de basses profondes au falsetto le plus androgyne. Hope et Balouzian n’allaient pas passer à côté d’un tel phénomène, et s’empressèrent de travailler avec lui pour mettre au point la formule qu’ils avaient en tête.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Formule que Gabriels a peaufinée avant de révéler une première chanson, <em>Loyalty</em> en 2018, puis un premier EP «&nbsp;<em>Love And Hate In A Different Time</em>&nbsp;» en 2020 dont le morceau éponyme a joliment résonné dans la tête de beaucoup. Morceau soul enlevé et entêtant aux accents nu disco avec chœurs énergiques et une remarquable interprétation vocale en falsetto évoquant le <em>(You Make Me Feel) Mighty Real</em> de Sylvester, la chanson surprend par son exécution musicale alliant cordes cinématographiques, touches électro aériennes et section rythmique groovy avec contrebasse. Le clip,&nbsp;étonnant, compile façon Tiktok des gens de toutes les cultures qui dansent et se termine avec Jacob Lusk chantant <em>Strange Fruit</em>, l’hymne antiraciste de Billie Holiday lors d’une manifestation Black Lives Matter au milieu d’une foule conquise et solidaire. <em>Blame</em> figure dans un second EP «&nbsp;<em>Bloodline</em>&nbsp;» sorti fin 2021, qui pousse plus loin en la raffinant la formule Gabriels. Soit créer une soul music à la saveur authentique mais jamais passéiste, qui ne cherche surtout pas à reproduire les merveilles du passé mais sonne instantanément classique, comme si elle avait été jouée dans une cave enfumée ou… une petite église. Le choix des instruments orchestraux plutôt que la machinerie électronique d’aujourd’hui pourrait sembler suranné mais s’avère payant, tant ce genre de sonorités est aujourd’hui peu habituel. Les touches contemporaines se trouvent dans le traitement des sons et des voix (la distorsion sur le pont, les chœurs euphorisants qui font «&nbsp;<em>Ooh la la la</em>&nbsp;»). <em>Blame</em> suinte une spiritualité gourmande assez irrésistible, ce genre de truc en plus qui devrait bien vite propulser le trio tout en haut de l’affiche</p>



<h4 class="wp-block-heading" id="version-live-acoustique">Version live acoustique:</h4>



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		<title>SOTW #227 : So May We Start, Sparks (ft. Adam Driver &#038; Marion Cotillard)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jun 2021 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SONG OF THE WEEK]]></category>
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		<category><![CDATA[POP]]></category>
		<category><![CDATA[ROCK]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>73 et 68 ans aux prunes pour Ron et Russell Mael, cinquante ans de carrière (cinquante-trois si l’on compte leur première aventure musicale) pour les Californiens les plus excentriques du rock et pas une ride, en tous les cas musicale… Le rock et la pop sont souvent affaires de frères mais contrairement aux frères Davies, Robinson ou Gallagher, les Mael sont des frères amis qui ont su dès un très jeune âge s’octroyer un rôle créatif que l’autre ne saurait [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">73 et 68 ans aux prunes pour Ron et Russell Mael, cinquante ans de carrière (cinquante-trois si l’on compte leur première aventure musicale) pour les Californiens les plus excentriques du rock et pas une ride, en tous les cas musicale… Le rock et la pop sont souvent affaires de frères mais contrairement aux frères Davies, Robinson ou Gallagher, les Mael sont des frères amis qui ont su dès un très jeune âge s’octroyer un rôle créatif que l’autre ne saurait lui dérober. A Russell les feux de la rampe et le rôle de pop star qu’il peut légitimement incarner grâce à un physique avantageux et une voix époustouflante qui peut grimper dans les aigus avec une aise et une puissance peu communes, à Ron celui de l’ombrageux et ironique musicien au penchant prononcé pour le burlesque en retrait derrière ses claviers et sa moustache à la Charlot. Le duo est d’ailleurs particulièrement photogénique et un coup d’œil sur les pochettes des albums de Sparks des 70’s et du début des 80’s suffit à faire comprendre la force de leur proposition pop…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Leur retour avec ce qui sera leur vingt-huitième album studio n’est en rien banal. En juillet, ils feront l’ouverture du Festival de Cannes avec l’équipe du mystérieux et adulé réalisateur français Leos Carax, lequel présentera «&nbsp;Annette&nbsp;», comédie musicale sur une idée originale (un concept album non réalisé) et la musique de Sparks. Le duo apparaîtra dans le film au casting stellaire, avec Marion Cotillard et Adam Driver dans les rôles principaux. Si le film sortira donc ce jour d’ouverture en France, un premier extrait musical de la B.O. est déjà disponible. <strong><em>So May We Start</em></strong> est furieusement Sparks, s’immisce dans votre cerveau sans prévenir sans renoncer une seconde à l’excentricité intrinsèque à leur style. Dès le riff de piano martelé, le tempo assuré par un tambourin et l’entrée en scène de la voix de Russell demandant «&nbsp;alors, on peut commencer&nbsp;?&nbsp;», on se retrouve dans Sparksland… Mix unique de pop, de glam rock aux guitares heavy, de comédie musicale aux influences baroques, cette musique très vivante, peu respectueuse du bon goût rock établi présente un indéniable côté euphorisant. Alors bien sûr, musical oblige, les acteurs donnent de la voix mais sans heureusement taper une interprétation façon Broadway. Si celle de Marion Cotillard est plutôt noyée dans les abondants chœurs, celle d’Adam Driver est une excellente surprise, aussi joliment profonde que sa voix parlée. Et comme la musique de Sparks doit toujours montrer de la bizarrerie, l’étrangeté réside ici dans ce break d&rsquo;opéra avec chœurs d’enfants, moment flottant qui permet à la reprise de la chanson d’être vraiment percutante quand intervient un saxophone inattendu mais très bien vu… Alors oui, vous pouvez commencer et même continuer&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>So May We Start</em> m’a donné l’envie de me replonger dans l’abondante discographie de Sparks et j’y prends un plaisir fou, tant les frères Mael ont su se renouveler tout au long de leur carrière tout en restant fidèles un style bien affirmé. Leur premier fait d’armes a été d’être un groupe de glam rock à succès en Angleterre, où ils demandèrent vite l’asile artistique, la faute à l’indifférence de leurs concitoyens. Deux albums majeurs «&nbsp;<em>Kimono My House</em>&nbsp;» (1974) et «&nbsp;<em>Propaganda</em>&nbsp;» (1975) où ils alignent les tubes les placent alors en haut de la liste des groupes de rock sophistiqué mais énergique… Les hits pleuvent, tels l’immarcescible <em>This Town Ain’t Big Enough For Both Of Us</em> (j’étais persuadé, en l’entendant à la radio à l’époque, que c’était une femme qui chantait…) ou la ballade parfaite <em>Never Turn Your Back On Mother Earth</em>. Un groupe comme Queen, que je n’aime guère, a bâti sa carrière sur ce qu’avaient alors tenté Sparks. Sans l’humour ni le constant côté arty des Américains. En tous les cas, les chœurs de <em>Bohemian Rhapsody</em> ne viennent pas de nulle part… Plus récemment, les jeunes Lemon Twigs sont à l’évidence des héritiers glorieux de Sparks eux-aussi…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe de rock alors constitué s’est délité avec le manque de succès des productions suivantes, et les frères Mael se sont réinventés en allant chercher le producteur du <em><a href="https://laculturedelecran.com/dancefloor-classics-6-i-feel-love-donna-summer/">I Feel Love</a></em> de Donna Summer, Giorgio Moroder. La voix acrobatique de Russell pouvant briller sur des trames minimales et Ron étant un prodige des claviers et des arrangements, rien ne s’opposait alors à ce que Sparks se frotte à la disco synthétique avec bonheur. L’excellent « <em>Number One Song In Heaven</em> », sorti en 1979, et dans une moindre mesure « <em>Terminal Jive</em> » en 1980 en sont les preuves éclatantes. Comme le prouvent les fabuleuses <em>Tryouts For The Human Race</em> ou l’énorme succès en France <em>When I’m With You</em>, qui installa le groupe durablement chez nous (ils collaboreront en 1988 avec les Rita Mitsouko pour trois chansons de l’album « <em>Marc &amp; Robert</em> » ).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, les frères Mael ont opéré un va-et-vient créatif entre rock, disco, electropop et excentricités baroques à la sauce du moment (ils sont à leur façon eux aussi responsables du son new-wave, n’ont pas hésité à mettre du métal dans les guitares…) qui perdure aujourd’hui, et chaque album renferme quelques pépites. Plus récemment, une association avec leurs fans ultimes Franz Ferdinand a donné un album « <em>F.F.S</em> » et une tournée européenne communs. Enfin, un groupe capable de paris fous comme celui de jouer en vingt-et-un jours consécutifs à Londres ses vingt-et-un premiers albums in extenso mérite tout notre respect. Pour finir, j’ajouterai que Thomas VDB est fan inconditionnel de Sparks, si ce n’est pas un gage de qualité… On en saura davantage en regardant le documentaire qui leur est consacré et qui sortira cet été, évidemment titré « <em>The Sparks Brothers</em> »&#8230;</p>



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		<title>SOTW #222 : Pay Your Way In Pain, St. Vincent</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Apr 2021 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SONG OF THE WEEK]]></category>
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		<category><![CDATA[ANNIE CLARK]]></category>
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<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;un des albums les plus attendus de ce printemps 2021, avec une impatience non-feinte et une immense curiosité en ce qui me concerne, est « <em>Daddy’s Home</em> », sixième album de <strong>St. Vincent</strong> (septième si l’on compte son album commun avec David Byrne « <em>Who’s That Giant</em> » en 2012). Il sortira le 14 mai, et on espère qu’à cette date nous aurons retrouvé une relative liberté et que l’horizon sera enfin dégagé… En signe avant-coureur, l’artiste texane a envoyé deux chansons extrêmement prometteuses qui squattent d’ores et déjà mon cerveau. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs la quatrième fois qu&rsquo;un morceau de St Vincent est Song Of The Week (après <em>Digital Witness</em>, <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-86-digital-witness-st-vincent/">SOTW #86</a>, <em>Pills</em>, <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-132-pills-st-vincent/">SOTW #132</a> et <em>Fast Slow Disco</em>, <a href="https://laculturedelecran.com/sotw156-slow-disco-fast-slow-disco-st-vincent/">SOTW #156</a>)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Annie Clark, alias St Vincent, est probablement l’héritière la plus convaincante de David Bowie car elle applique à la lettre la règle d’or qui avait régi sa décennie immensément créative (de 1969 à 1980). Soit présenter une nouvelle incarnation à chaque album, musicale et thématique bien sûr, mais aussi esthétique. L’allure physique devant personnifier chaque album et permettre à chacun de l’identifier d’un simple regard. Avec «&nbsp;<em>MASSEDUCTION</em>&nbsp;», de 2017 à 2019, Annie Clark avait revêtu les guêpières, gants, cuissardes à talons aiguilles, bustiers de vinyle fluo et portait le carré noir strict pour se transformer en la dominatrice de l’apocalypse qui toisait les spectateurs avec postures hiératiques. Parfaitement en adéquation avec la musique de cet excellent album, le look de St Vincent était anguleux et flashy à la fois, mais, avoue-t-elle, extrêmement contraint. La St Vincent autrement plus détendue de «&nbsp;<em>Daddy’s Home</em>&nbsp;» semble tout droit sortie d’un film de John Cassavetes ou d’un épisode de <em>The Deuce</em>. Avec sa perruque blonde à la Angie Dickinson, ses tailleurs pantalons à la fois fluides et extrêmement élégants et ses chaussures à plateforme, Annie Clark redonne vie à un certain chic américain 70’s. C’est dans ce New-York de nuits blanches et de sensations fortes que St Vincent nous emmène et d’un simple coup d’œil on a idée de ce qui nous attend musicalement. En un violent retour de balancier, elle a eu envie d’une musique plus relâchée, d’un son plus chaleureux inspiré par le funk de Sly &amp; The Family Stone comme par le soft rock groovy de Steely Dan, musiques qui l’ont toujours accompagnée. Et surtout envie de revenir à une musique jouée ensemble, avec des gens, soit l’antithèse parfaite de ce qu’il convient de faire en ce moment, et pas seulement à cause du confinement…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pay Your Way In Pain</em></strong>, le premier single, renvoie à l’idole absolue et à son album de plastic soul «<em>Young Americans</em> », citant assez ouvertement (même phonétiquement) le plus gros hit américain de Bowie, <em>Fame</em> (il suffit d’entendre comme elle articule « You got to <em>pay</em> your way in <em>pain</em>, you got to <em>pray</em> your way in <em>shame</em> » dans le refrain)… Cet hypnotique mid-tempo funk invitant à s’abandonner lascivement parle pourtant d’exclusion, la narratrice relatant comment elle est systématiquement rejetée dans tout ce qu’elle entreprend, parabole de la dureté de la vie urbaine… Le piano honky tonk introductif laisse vite la place à un groove serré servi par un riff très efficace, à la guitare ou au synthé, on ne se prononcera pas mais l’effet est maximal. La voix expressive d’Annie Clark, plus laidback qu’à l’accoutumée et dans les graves joue aux questions réponses avec les chœurs, pont où elle retrouve son mezzo soprano naturel qu’elle pousse jusqu’au cri pour hurler «<em> I wanna be loved</em> » jusqu’à la distorsion. Le contraste entre l’ambiance funky enjouée de la musique et la noirceur du texte montre que St Vincent n’a en rien remisé l’ironie inquiétante dont elle joue depuis ses débuts.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre chanson envoyée en éclaireuse <em>The Melting Of The Sun</em> est une douceur soul folk aux couleurs de crépuscule où Annie Clark rend sincèrement hommage aux femmes musiciennes qui l’ont inspirée, Joni Mitchell, Nina Simone ou Tori Amos. On y retrouve son incandescent et très personnel jeu de guitare, toujours aussi bluffant. On ne sait pas quand St Vincent pourra présenter cette nouvelle incarnation sur scène, mais elle a donné quelques indices à ses fans en jouant ces deux chansons lors du show TV américain <em>Saturday Night Live</em> le 3 avril. A fond dans son nouveau rôle, elle partage cette fois-ci le plateau avec des musiciens stars (le guitariste Jason Falkner et le bassiste Justin Meldal-Johnsen, partenaires de Beck, le batteur Mark Guiliana qui a joué sur le « <em>Blackstar</em> » de David Bowie) et surtout trois choristes épatantes qui lui donnent la réplique dans la grande tradition soul et avec lesquelles s’installe une vraie complicité. Au risque de me répéter, j&rsquo;ai hâte de pouvoir applaudir St Vincent sur scène, en attendant je me jetterai sur « Daddy&rsquo;s Home » avec urgence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Live SNL :</h2>



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		<title>JANELLE MONAE, BRILLANTE ACTIVISTE POLITIQUE</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2020 18:40:39 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[AMERICA]]></category>
		<category><![CDATA[HIP HOP]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avant des élections présidentielles pour le moins cruciales et pendant une campagne lamentable, Janelle Monae jette un pavé engagé dans le marigot de la démocratie US sous forme de son nouveau single, l&#8217;excellent « Turntables ». En à peine trois minutes, la musicienne comédienne d&#8217;Atlanta concentre tout son talent pour trousser une chanson mémorable (B.O. du documentaire « All In: The Fight For Democracy ») avec couplets en raps combattifs et refrains soul gospel du meilleur acabit. C&#8217;est dansant, catchy [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Avant des élections présidentielles pour le moins cruciales et pendant une campagne lamentable, <strong>Janelle Monae</strong> jette un pavé engagé dans le marigot de la démocratie US sous forme de son nouveau single, l&rsquo;excellent « <strong>Turntables</strong> ». En à peine trois minutes, la musicienne comédienne d&rsquo;Atlanta concentre tout son talent pour trousser une chanson mémorable (B.O. du documentaire « <em>All In: The Fight For Democracy</em> ») avec couplets en raps combattifs et refrains soul gospel du meilleur acabit. C&rsquo;est dansant, catchy à mort et d&rsquo;une intelligence remarquable. En deux mots parfaitement irrésistible ! Ajoutons à cela une vidéo soignée (comme toujours avec elle) déclinant le thème « Black is Beautiful » et hurlant que « Black Lives Matter ». « <em>Turn, turn, can&rsquo;t wait for it to turn, turn</em> »&#8230; Si cette protest song d&rsquo;aujourd&rsquo;hui peut ramener des votes anti Trump dans les urnes, ce sera toujours ça de gagné. Janelle Monae, elle, ne lâchera rien !</p>
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		<title>SOTW #206 : Describe, Perfume Genius</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jun 2020 07:30:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SONG OF THE WEEK]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«&#160;Set My Heart On Fire Immediately », mets le feu à mon coeur immédiatement, tel est le titre du cinquième album de Mike Hadreas, alias Perfume Genius, titre on ne peut plus adéquat tant celui-ci met en scène les embrasements amoureux, pour le meilleur et pour le pire depuis ses débuts et ce «&#160;Learning », fragile et friable collection de chansons murmurées, du cristal de Bohème musical où Hadreas racontait sans fard aucun ses traumatismes adolescents. Dix ans plus tard, [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Set My Heart On Fire Immediately</em> », mets le feu à mon coeur immédiatement, tel est le titre du cinquième album de Mike Hadreas, alias <strong>Perfume Genius</strong>, titre on ne peut plus adéquat tant celui-ci met en scène les embrasements amoureux, pour le meilleur et pour le pire depuis ses débuts et ce «&nbsp;<em>Learning</em> », fragile et friable collection de chansons murmurées, du cristal de Bohème musical où Hadreas racontait sans fard aucun ses traumatismes adolescents. Dix ans plus tard, Mike Hadreas sort ce cinquième album qui parachève sa métamorphose personnelle et sonique, tant ce nouveau recueil est brillant et affirmé, sait faire preuve de fragilité comme d’une grande puissance. Tout comme le jeune homme homosexuel meurtri souffrant encore du harcèlement dont il a été la victime pendant sa scolarité est devenu une prima donna baroque et flamboyante qui a le culot de s’adresser à son public droit dans les yeux, «&nbsp;<em>right in the face</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aime vraiment cet artiste unique dans le paysage pop américain et vous ai déjà présenté son travail avec «&nbsp;Queen&nbsp;» (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-37-queen-perfume-genius/">SOTW #37</a>) et «&nbsp;Slip Away&nbsp;» (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-123-slip-away-perfume-genius/">SOTW #123</a>) extraits de ses deux excellents précédents albums, «&nbsp;<em>Too Bright</em>&nbsp;» et «&nbsp;<em>No Shape</em>&nbsp;». Mike Hadreas semble avoir recouvré une certaine paix intérieure, et ceci malgré la maladie de Crohn qui enflamme ses entrailles et qu’il combat depuis toujours, vivant après des années d’errances avec son partenaire et pianiste Alan Wyffels près de Seattle. Il exhibe aujourd’hui avec grâce une belle musculature gagnée en collaborant avec la chorégraphe américaine Kate Wallich lors de la création d’un ballet en 2019 pour lequel il a composé la musique et les chansons, mais aussi dansé. Nouvelle compétence qu’on vérifie dans les deux vidéos qui illustrent l’album, le pas de deux entre hommes de «&nbsp;On The Floor&nbsp;» et bien sûr la chorégraphie déjantée et un poil inquiétante en troupe de «&nbsp;Describe&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour «&nbsp;<em>Set My Heart On Fire Immediately</em>&nbsp;» , Perfume Genius a fait appel une nouvelle fois au guitariste et producteur californien Blake Mills et l’enregistrement s’est fait à Los Angeles avec quelques pointures de studio, tels les batteurs Matt Chamberlain et Jim Keltner et le bassiste britannique Pino Palladino. Accompagnateurs de luxe pour un album pour autant pas du tout «&nbsp;<em>muso</em>&nbsp;» ou tape à l’oeil, mais on sent que cet enregistrement a été fait «&nbsp;à l’ancienne&nbsp;», sans trop de processeurs électroniques et le son est très chaleureux, même dans ses moments les plus dark et électroniques. «&nbsp;Describe&nbsp;», le premier single ne ressemble à rien d’autre dans l’oeuvre de Perfume Genius. La voix, dans un registre étonnement grave doublé en fausset semble émerger d’un magma surpuissant de basse distordue, de batterie et guitares post-grunge, avant qu&rsquo;apparaisse le son carillonnant d’une guitare twang qui renvoie à la musique country. «&nbsp;<em>No bells anymore, just my stomach rumbling</em>&nbsp;» lance Hadreas (ce ne sont plus des cloches, c’est just mon ventre qui gronde), allusion plombée à sa maladie et donc à l’érosion inévitable du corps. L’amour heureusement agit comme un baume curatif, au moins dans la tête… Après deux minutes trente de fracas métallique, une longue coda suspendue et planante avec voix lointaines et claviers flottants prolonge «&nbsp;Describe&nbsp;» par une note à la fois aérienne, sereine, mais aussi résignée. Arrangement on saurait plus culotté pour un single (les radios devront shunter le morceau dès la fin de la première partie) mais à la hauteur de la créativité débridée de l’artiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps qui passe est d’ailleurs l’un des thèmes centraux de cet album, comme dans «&nbsp;Whole Life&nbsp;» la ballade qui ouvre l’album d’un seul piano fragile (comme une chanson du Perfume Genius des débuts) avant de muter en un slow soul à la Roy Orbison. Plus joyeuses sont «&nbsp;On The Floor&nbsp;», chanson dansante et syncopée au vrai potentiel de tube ou «&nbsp;Without You&nbsp;», à la saveur presque fifties. L’ampleur de la palette vocale de Mike Hadreas est remarquable passant du falsetto fragile («&nbsp;Jason&nbsp;», souvenir adolescent d’un plan mal assuré avec un pote hétéro…) à un registre sombre, puissant et soutenu&nbsp; («&nbsp;Nothing At All&nbsp;», «&nbsp;Your Body Changes Everything&nbsp;»). La réussite de cet album tenant dans la diversité de ses ambiances musicales reliées par le style et l’âme inimitables de l’artiste. On peut être certain que, comme les albums précédents de Perfume Genius,&nbsp; «&nbsp;<em>Set My Heart On Fire Immediately</em>&nbsp;» nous accompagnera longtemps.</p>
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		<title>SOTW #201 : Dispossession, Algiers</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Apr 2020 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Song Of The Week #201 qui aurait pu être titrée Song Of Confining #1 mais comme j’espère vivement que cette série sera très brève, je n’allais pas la commencer. Le 5 mars 2020, soit il y a moins d’un mois, j’assistais à mon dernier concert avant… Dans cet autre monde qui parait déjà si lointain, je suis allé découvrir Algiers sur la scène de la Maroquinerie à Paris, motivé pour cela par deux amis très chers qui m’avaient bien vendu [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Song Of The Week #201 qui aurait pu être titrée Song Of Confining #1 mais comme j’espère vivement que cette série sera très brève, je n’allais pas la commencer. Le 5 mars 2020, soit il y a moins d’un mois, j’assistais à mon dernier concert avant… Dans cet autre monde qui parait déjà si lointain, je suis allé découvrir <strong>Algiers</strong> sur la scène de la Maroquinerie à Paris, motivé pour cela par deux amis très chers qui m’avaient bien vendu l’affaire. Et chose peu commune en ce qui me concerne, je n’avais que très peu écouté le dernier album du groupe «&nbsp;<em>There Is No Year</em>&nbsp;» (au titre ô combien prémonitoire, tant 2020 ne semble carrément pas exister…) avant de me rendre à ce concert. Dire que je n’ai pas été déçu est un piètre euphémisme, tant cette prestation m’a soufflé par sa puissance, son originalité et son âme. Depuis, j’ai rattrapé mon retard et cet album colérique et plein de soul squatte ma platine…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Archétype du groupe indie, Algiers (oui, comme la ville d’Alger en anglais, nom choisi pour son histoire de résistance au colonialisme) s’est formé en 2012 à Atlanta, l’une des villes musicalement les plus excitantes du moment en particulier côté hip hop (Childish Gambino, Migos, OutKast sont basés dans la capitale de la Géorgie). Réunissant trois musiciens chevronnés, le pianiste, guitariste, chanteur et parolier Franklin James Fisher, le bassiste et claviers Ryan Mahan et le guitariste, percussionniste et saxophoniste Lee Tesche, ils sont rejoints plus tard par Matt Tong, ancien batteur du groupe de pop britannique Bloc Party. En 2015, avec un premier album à leur nom, Algiers livrent à la face du monde une soul dystopique inédite, inspirée par le gospel comme par un post punk presque gothique à la Gun Club ou à la Nick Cave, par le jazz contemporain et par l’électro-rock à la Suicide. Formule aussi puissante qu’inédite qui leur permet de signer avec le prestigieux label indépendant Matador. Tout est réuni pour ne laisser personne indifférent, de la musique profonde et percutante aux thématiques très politiques, très résistantes, au discours argumenté. Une autre manière de faire de la protest song en somme, parti pris renouvelé sur un second album en 2017, «&nbsp;<em>The Underside Of Power</em>&nbsp;» réalisé par le guitariste de Portishead, Adrian Utley et contenant le single «&nbsp;Black Eunuch&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec «&nbsp;<em>There Is No Year</em>«&nbsp;, troisième album paru cette année, les quatre musiciens ont décidé d’ouvrir grand les fenêtres, voyant leur carrière se diriger vers une impasse, celle d’un groupe américain ayant du succès principalement en Europe mais ignoré à la maison malgré deux albums encensés par la critique et la première partie de la tournée US de Depeche Mode. Pour se faire, ils ont opté pour un son plus «&nbsp;<em>radio friendly</em>&nbsp;» qui juxtapose les influences très diverses du groupe: blues, gospel, punk, soul, trap (ils sont d’Atlanta, la Mecque du genre…), free jazz, electro… Mais avant de délivrer l’album, Algiers s’est permis une vraie folie en sortant le single le plus radical de 2019, un morceau&nbsp; parfaitement free jazz, sans paroles ni mélodies mais avec des collages de voix captées dans diverses archives «&nbsp;Can The Sub_Bass Speak ?&nbsp;» restera dans les annales comme la chose la plus anti-commerciale éditée en single. Une fois ce défi relevé, place donc à un album étonnement apaisé musicalement, vraiment accrocheur et enchaînant les chansons les plus immédiates que le groupe ait jamais enregistrées. Preuve éclatante avec «&nbsp;<strong>Dispossession</strong>&nbsp;». Lancé par la voix pleine d’âme et rageuse de Franklin, grand chanteur dans une tradition rhythm n’blues, le morceau est mené par un piano martelé instaurant un tempo qui swingue qu’encadre une section rythmique medium implacable doublée d’un tambourin invitant au déhanchement. La plainte d’une guitare tout en sustain ajoutant de l’étrangeté et un côté post-rock très bien vu à l’ensemble. «&nbsp;<em>Run Away, run away from your America/While it burns in the street</em>&nbsp;» (Partez en courant, fuyez votre Amérique/pendant que ça brûle dans la rue), annonce tel un oracle Franklin J. Fisher, ce à quoi les choeurs gospel du refrain répondent «&nbsp;<em>You can’t run away</em>&nbsp;» (tu ne peux pas t’enfuir). Charge apocalyptique non dissimulée contre l’Amérique de Trump, les paroles d’Algiers sont aussi éloignées que possible des préoccupations pop. C’est très noir, sans espoir et pourtant la mélodie est si entraînante, comme l’étaient celles entonnées par les esclaves dans les champs de coton… «&nbsp;<em>There Is No Year</em>&nbsp;» regorge de très bonnes chansons, de la chanson éponyme qui ouvre le disque, qui doit beaucoup à l’electro-punk de Suicide à la tubesque et martiale «&nbsp;House Of The Furnaces&nbsp;», la ballade musclée «&nbsp;We Can’t Be Found&nbsp;» ou la conclusion tout à fait punk rock «&nbsp;Void&nbsp;» rythment un excellent album, de ceux qui tourneront longtemps sur nos platines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Algiers est, on s’en serait douté, un formidable groupe de scène. La personnalité éclatante de Franklin J. Fisher (lequel parle un très bon français, conséquence d’une année passée comme assistant en anglais dans un établissement breton, nous avoua t-il après le show) irradie tout comme sa voix ample. L’excellence musicale étant de mise, elle ne tourne jamais à la vaine virtuosité. Enfin, le parfait contrepoint scénique de Fisher réside dans le jeu de scène époustouflant du bassiste Ryan Mahan, toujours en mouvement et qu’on peut décemment qualifier de Flea indie. Ce concert à la Maroquinerie était pour le groupe le dernier de sa tournée européenne, on espère vraiment pour eux comme pour nous qu’il y en aura d’autres dans un avenir raisonnablement proche. Courage à tous !</p>



<h4 class="wp-block-heading">Live Late Show février 2020</h4>



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		<title>SOTW #198 : Bags, Clairo</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Feb 2020 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On peut s’étonner de la grande jeunesse de certains nouveaux talents musicaux qui parviennent à imposer un style et un univers unique tout en connaissant un grand succès public. Billie Eilish en est l’exemple le plus éloquent, juste après vient Clairo. Je l’ai découverte grâce à son très bon featuring dans le premier single de l’album de Mura Masa (autre très jeune artiste que je vous ai présenté il y a deux semaines) « I Don’t Think I Can Do This [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On peut s’étonner de la grande jeunesse de certains nouveaux talents musicaux qui parviennent à imposer un style et un univers unique tout en connaissant un grand succès public. Billie Eilish en est l’exemple le plus éloquent, juste après vient <strong>Clairo</strong>. Je l’ai découverte grâce à son très bon <em>featuring</em> dans le premier single de l’album de Mura Masa (autre très jeune artiste que je vous ai présenté <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-196-deal-wiv-it-mura-masa-with-slowthai/">il y a deux semaines</a>) « <em>I Don’t Think I Can Do This Again</em> », morceau très réussi entre indie pop et electro et ai naturellement voulu en savoir un peu plus. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jeune femme de vingt-et-un ans ayant grandi dans le Massachusetts, Claire Cottrill de son vrai nom a appris la guitare à l’âge de treize ans à l’aide de tutos sur internet et s’est vite mise à la composition, postant ses chansons sur Bandcamp ou Soundcloud, tout en alimentant sa chaîne YouTube de reprises. Une histoire d’adolescente <em>post-millenial</em> parmi tant d’autres. En 2017, « <em>Pretty Girl</em> », chanson mise en boîte avec les moyens du bord et présentant des sons de synthé très 80’s (obsession maternelle) devient virale. Enregistrée avec le logiciel GarageBand, accompagnée d’une vidéo tout aussi D.I.Y. où l’on voit une jeune fille dans sa chambre filmée avec la webcam de son ordinateur portable, « <em>Pretty Girl</em> » donne l’impression qu’on jette un coup d’oeil indiscret sur le journal intime de son auteure, et cette histoire de fille négligeant une part d’elle-même pour plaire à l’objet aimé suscite immédiatement l’empathie de l’auditeur. Les labels se battent alors pour la signer, elle choisit un indépendant (Fader Label) pour sortir un EP, justement titré « <em>Diary 001</em> » (Journal 001), avec lequel elle fait taire toutes les critiques, souvent condescendantes et sexistes, et joue dans de gros festivals tels Coachella ou Lollapalooza en une ascension aussi vertigineuse que surprenante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2019 sort « <strong>Bags</strong> », premier single d’ « <em>Immunity</em> », son premier album. Si la teneur des paroles reste dans la sphère de l’intime (la consternation et lea tristesse dûs au départ de sa petite amie, laquelle repart avec ses sacs), le son a pris une toute autre dimension, passant de la pop de chambre D.I.Y.  à une indie pop soignée remarquablement réalisée. Il faut dire que Clairo s’est attachée les services de Rostam Batmanglij, ex-Vampire Weekend devenu producteur et auteur-compositeur que l’on s’arrache. La présence de la musicienne à succès Danielle Haim à la batterie pouvait laisser craindre un produit trop <em>people</em> et trop lisse, il n’en est rien. Car l’aspérité transpire dans la mélodie presque grunge du couplet, dans le son de guitare mal léché et dans l’émouvante interprétation vocale de Clairo. Les détails d’arrangements (ces claviers carillonnant accompagnant idéalement le refrain) ornent la chanson sans l’alourdir, mettent en relief l’excellence de l’écriture. Ce n’est donc pas un hasard que le site Pitchfork ait placé « Bags » en troisième position de son palmarès 2019, et que le réception de cette chanson ait été unanimement bonne. Le reste d’« <em>Immunity</em> » (titré ainsi car Clairo souffre d’une arthrite rhumatisante auto-immune) est très solide, à l’instar d’« Alewife » , ballade languide et syncopée qui ouvre l’album, des expérimentations pop « Impossible » et « Closer To You » (avec des effets AutoTune qui évoquent le « <em>808’s &amp; Heartbreak</em> » de Kanye West) ou encore de la tourbillonnante « Sofia ». Portrait musical d’une jeune femme queer entrant dans l’âge adulte, cet album aussi mélancolique que ciselé est un bien beau disque de chevet, confirmant tous les espoirs portés en Clairo. </p>



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		<title>SOTW #195 : Shock Collar, Humanist (feat. Dave Gahan)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Jan 2020 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>The Voice. Si un chanteur peut revendiquer ce titre, c’est bien Dave Gahan, émérite frontman de Depeche Mode, et celui-ci se rappelle à notre bon souvenir en posant sa voix, cette voix, sur le premier single de Humanist, projet du guitariste et producteur britannique Rob Marshall pour lequel le musicien fait appel à de prestigieux invités pour chanter ses chansons. L’album ne sortira qu’en février, mais Rob Marshall n’en est pas à son coup d’essai. Il a été membre du [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p>The Voice. Si un chanteur peut revendiquer ce titre, c’est bien <strong>Dave Gahan</strong>, émérite frontman de Depeche Mode, et celui-ci se rappelle à notre bon souvenir en posant sa voix, cette voix, sur le premier single de <strong>Humanist</strong>, projet du guitariste et producteur britannique Rob Marshall pour lequel le musicien fait appel à de prestigieux invités pour chanter ses chansons. L’album ne sortira qu’en février, mais Rob Marshall n’en est pas à son coup d’essai. Il a été membre du groupe anglais Exit Calm qui déployait une pop psychédélique au son touffu, pas très loin de ce que pouvait proposer the Verve, et se faisait remarquer par la luxuriance de son jeu de guitare. Exit Calm dissous, Rob Marshall a collaboré avec l’immense Mark Lanegan, co-composant et produisant six titres de son album « <em>Gargoyle</em> » en 2017 (dont l’excellent single « Beehive »), puis autant du dernier « <em>Somebody’s Knocking </em>», le guitariste se fondant parfaitement dans l’univers gothique de l’ex-leader des Screaming Trees et collaborateur régulier de Queens of the Stone Age, bâtissant spécialement pour lui une cathédrale de son, écrin parfait pour sa voix profonde.</p>
<p>C’est donc naturellement avec Mark Lanegan que Rob Marshall a posé la première pierre de son projet solo, composant une nouvelle chanson avec lui qui ouvrira l’album. Avec générosité, Lanegan en propose une autre à Marshall qu’il ne pourrait chanter sur l’album « Humanist », chacun des invités ne pouvant poser sa voix sur une seule chanson. Il lui suggère alors de la confier à Dave Gahan. Celui-ci l’apprécie et donne son accord, Marshall lui envoie les fichiers, Gahan y pose sa voix chez lui à New York et deux jours après l’affaire est faite, une promenade pour un artiste au tel métier. Dave Gahan s’approprie pourtant réellement ce « <strong>Shock Collar</strong> », lui prêtant une intensité au moins aussi irradiante que celle de Mark Lanegan, mais à sa façon, avec son aura de star. Minet electro-pop au début des années quatre-vingt devenu dieu du rock au début de la décennie suivante avec tous les excès qui vont avec, le chanteur de Depeche Mode, alors uniquement interprète de son auteur-compositeur Martin Gore a pris une stature assez imposante à la fin des années quatre-vingt-dix. Remarquable bête de scène capable d’un engagement physique total, Dave Gahan incarne toutes les chansons avec un allant qui force le respect, donnant aux compositions les plus gothiques et mélancoliques de Martin Gore de la chair et une dynamique emportant tout sur son passage. S’il s’est mis à l’écriture, et si les concerts de Depeche Mode sont toujours de grands moments, leurs albums récents, en tous les cas depuis les années deux-mille, tout comme les efforts solo de Dave Gahan ne brillent plus que par quelques chansons (je pense à « Precious » ou « In Chains » de Depeche Mode, ou à « Dirty Sticky Floors » ou « Saw Something » de Gahan), loin de leurs intouchables classiques qui ont illuminé la fin des eighties et des nineties, de « <i>Music For The Masses</i> » à « <em>Exciter</em> ». Et ce « Shock Collar » est tout bonnement la meilleure chose passée par les cordes vocales de Dave Gahan depuis longtemps.</p>
<p>Sur une cavalcade rythmique programmée et une basse roide directement issue du post punk, Rob Marshall pose un déluge de guitare, ni rythmique à proprement parler ni solo, fougueux et mélodique, tous effets dehors qui nous ramène à une certaine new-wave britannique rêveuse et dynamique, celle d’Echo &amp; the Bunnymen, de Psychedelic Furs ou encore de Siouxsie &amp; the Banshees, soit la crème du genre. La mélodie vocale signée Mark Lanegan est parfaitement déclinée par Dave Gahan, qui en grand professionnel met toute la dramaturgie et l’emphase nécessaire à « Shock Collar », sa voix de baryton aux puissantes montées est tout bonnement impeccable, n’en fait jamais plus qu’il n’en faut et tape dans le mille. A noter que Dave Gahan déclare être ravi de cette collaboration à priori <em>low-key</em>. Les deux artistes se sont enfin rencontrés, signe des temps, après l’enregistrement pour tourner la vidéo à Brooklyn. On peut gager qu’après un tel parrainage le nom de Humanist, et donc de Rob Marshall résonnera différemment.</p>
<p> </p>
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