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		<title>SOTW #245: Berghain, ROSALÍA</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 12 Dec 2025 09:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le quatrième étage de la fusée Rosalía s&#8217;est décroché et a atteint son but, dans le mille, dans le cœur, les oreilles et le cerveau des Terriens. J&#8217;ai donc dû reposer mes doigts sur le clavier pour célébrer cet événement majeur avec une nouvelle Song Of The Week&#160;! Après s&#8217;être fait découvrir comme espoir d&#8217;un flamenco métissé à de la folk avec «&#160;Los Ángeles&#160;» en 2017 (étage 1), confirmer comme espoir vibrant de la pop internationale en mêlant ce flamenco [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le quatrième étage de la fusée <strong>Rosalía</strong> s&rsquo;est décroché et a atteint son but, dans le mille, dans le cœur, les oreilles et le cerveau des Terriens. J&rsquo;ai donc dû reposer mes doigts sur le clavier pour célébrer cet événement majeur avec une nouvelle Song Of The Week&nbsp;! Après s&rsquo;être fait découvrir comme espoir d&rsquo;un flamenco métissé à de la folk avec «&nbsp;Los Ángeles&nbsp;» en 2017 (étage 1), confirmer comme espoir vibrant de la pop internationale en mêlant ce flamenco à du R n&rsquo;B, servi avec une production très à la pointe, le tout en adaptant un roman occitan du XIIIe siècle, «&nbsp;El Mal Querer&nbsp;» en 2018 (étage 2), consacrer comme créatrice incontournable, véritable boussole pop en investissant et faisant sienne la musique latine dans ce qu&rsquo;elle a de plus moderne avec «&nbsp;MOTOMAMI&nbsp;» en 2022 (étage 3), Rosalía Vila Tobella devient tout bonnement intouchable avec un disque qu&rsquo;on peut légitimement qualifier de sacré, le bien nommé «&nbsp;LUX&nbsp;» pour lequel elle s&rsquo;entourée d&rsquo;un orchestre symphonique (celui de Londres, dirigé par le chef d&rsquo;orchestre islandais Daníel Bjarnason) et de sons électroniques ultra-pointus et a mis son extraordinaire voix très devant, dans tous ses états. Rosalía est devenue la référence absolue de la pop contemporaine, celle qui se permet d&rsquo;être expérimentale, ouverte vers toutes les cultures, adressée à tous. L&rsquo;anti-Taylor Swift en quelque sorte, ce parangon d&rsquo;une pop américaine dont l&rsquo;ambition est de soumettre tous les publics du monde grâce à une musique ultra-calibrée, apparemment fédéraliste et finalement très colonialiste, esthétiquement comme culturellement. Le fait que les écoutes et les ventes de Rosalía talonnent, voire dépassent dans certains pays celles de Taylor Swift est à ce titre très rassurant.&nbsp;</p>



<p>Qui n&rsquo;a pas frémi en découvrant <strong><em>Berghain</em></strong>. le premier missile envoyé vers nous, pauvres mortels. Pensez-donc ! Avec cette ouverture frénétique de violons qu&rsquo;on croirait tirée de « L&rsquo;Hiver » de Vivaldi, puis l&rsquo;entrée de ce choeur d&rsquo;opéra allemand s&rsquo;effaçant pour laisser place à la voix de soprano de Rosalía en mode lyrique, en allemand une nouvelle fois, on n&rsquo;est vraiment pas en terrain connu. Suit un couplet en espagnol cette fois-ci, puis l&rsquo;apparition en mode intervention divine de Björk, référence évidente, <em>role model</em> absolu pour l&rsquo;artiste catalane, avant un final sidérant mettant en scène l&rsquo;artiste avant-garde américain Yves Tumor qui clame une phrase tirée d&rsquo;un délire de Mike Tyson « <em>I&rsquo;ll fuck you till you love me</em> » sur des beats électro impitoyables. Il est d’ailleurs aisé d’imaginer une rythmique techno sur ce morceau, et je suis persuadé qu’elle en entendait les beats dans sa tête en composant <em>Berghain</em> mais elle a eu l’intelligence et la retenue de ne pas les enregistrer. En moins de trois minutes, l&rsquo;univers complètement inédit créé par Rosalía souffle tout auditeur. On se demande ce que ce truc peut bien être et après trois écoutes, cette construction pour le moins baroque s&rsquo;impose comme quelque chose de vital, d&rsquo;incroyablement accrocheur, en trois mots de la pop. Rosalía clame à qui veut l&rsquo;entendre que « LUX » est un album de pop, et nous rappelle que contrairement au rock, la pop est une musique vouée à être aventureuse, à tout oser. Et si elle n&rsquo;a pas cette fois-ci décliné une pop chargée de dopamine comme dans « MOTOMAMI » (voir à ce titre la <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-239-saoko-rosalia/">SOTW #239</a>, <em>SAOKO</em>), elle a pourtant su créer une musique empreinte de spiritualité, exigeante, risquée, sur le papier parfaitement anti-commerciale et pourtant si universelle et si accrocheuse. A 33 ans, Rosalía s’est tout simplement imposée comme une musicienne, une compositrice et une interprète faisant partie de l&rsquo;Olympe de la pop, au même titre que des figures tutélaires comme Björk ou David Bowie. Pas moins.</p>



<p>Le clip, on s&rsquo;en serait douté, est à la hauteur. Réalisé par Nicolàs Méndez du collectif barcelonais Canada (qui a dirigé et esthétisé la plupart des clips de Rosalía tels ceux de <em>Malamente</em> ou de <em>Pienso en tu mirá </em>(<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-170-pienso-en-tu-mira-rosalia/">SOTW #170</a>), il colle à la rétine du spectateur autant que la chanson pénètre le cerveau de l&rsquo;auditeur. En quelques scènes choc où Rosalía s&rsquo;acquitte de tâches domestiques (repasser, aller passer des examens médicaux, se déplacer dans la rue&#8230;) flanquée d&rsquo;un groupe de musiciens classiques qui ne la lâche pas d&rsquo;une semelle, le réalisateur parvient à installant une ambiance surréaliste et oppressante bourrée de multiples références à la peinture renaissance, à Walt Disney ou à l&rsquo;artiste contemporaine Pilar Albarracín, le tout fourmillant d&rsquo;allégories religieuses. Il illustre le propos opaque de <em>Berghain</em>, titre du nom du mythique et labyrinthique club berlinois, au texte polyglotte évoquant une emprise existentielle et amoureuse (d&rsquo;un dieu, d&rsquo;un amant, on ne se prononcera pas). Du grand art.</p>



<p>«&nbsp;LUX&nbsp;» est un album qu&rsquo;il faut écouter de A à Z, dans l&rsquo;ordre, à l&rsquo;ancienne mais aussi comme un opéra. Et l&rsquo;écoute complète en révèle le sens. En isoler un extrait s&rsquo;avère tâche difficile même si <em>Berghain</em> et le mutin <em>La Perla</em> (règlement de compte sous forme de valse mexicaine avec classe et humour avec son ex, dont la rupture d&rsquo;avec icelui semble avoir été un moment difficile pour Rosalía) sont sortis en singles qui rencontrent un immense succès. Le début de l&rsquo;album est l&rsquo;un des plus costauds qui nous ait été soumis depuis longtemps&#8230; En quatre morceaux invraisemblables, Rosalía décline une vision progressiste unique de la pop qui fera école, forcément. <em>Sexo, Violencia y Llantas</em>, <em>Reliquia</em>, <em>Divinize</em> et <em>Porcelana</em> sont quatre tours de force enchaînés sans temps mort. Si <em>Reliquia</em> (autre single potentiel) compte parmi ses créateurs l&rsquo;ex-Daft Punk Guy-Manuel de Homem-Cristo, cette chanson foisonnante se rapproche du <em>Jóga</em>&nbsp;de Björk (extrait de son immarcescible chef d&rsquo;oeuvre «&nbsp;Homogenic&nbsp;» sorti en 1998 et qui mêlait lui aussi cordes et beats électroniques) en faisant tonner en fin de cette jolie ballade un renversant orage de percussions électroniques aussi inattendu que libérateur. On peut aussi citer la bouleversante&nbsp;<em>Memoria</em>&nbsp;où la Catalane s&rsquo;aventure en portugais dans le fado avec Carminho, figure du renouveau du genre lisboète. Enfin, je vous conseillerai d&rsquo;acquérir une version physique de l&rsquo;album, LP ou CD, car on y trouvera trois chansons qui ne sont pas disponibles sur la version streamée, toutes de très haute tenue, dont ce <em>Jeanne</em>&nbsp;composé en français (avec l&rsquo;aide de Charlotte Gainsbourg pour le texte). Avant une tournée qui promet d&rsquo;être sensationnelle et qui démarrera le 16 mars 2026 à Lyon, après cet album définitif, on peut se demander où se dirigera Rosalía en étant très confiant, l&rsquo;aventure en sa compagnie étant, dans la durée, aussi incroyable que passionnante.</p>



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		<title>SOTW #244 : SWEAT, The Sophs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 09:46:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il aura donc fallu la chanson rock d&#8217;un groupe inconnu au bataillon pour que je replonge dans les affres (et les délices) de la chronique musicale. Ce n&#8217;est rien et c&#8217;est énorme à la fois, car bien que j&#8217;écoute toujours autant de musiques, plus nouvelles qu&#8217;anciennes d&#8217;ailleurs, rien depuis deux ans et demi ne m&#8217;avait motivé à revenir à mon clavier, hormis les décès d&#8217;artistes que j&#8217;avais aimés et immensément respectés. C&#8217;est la lecture d&#8217;une brève sur le fil des [&#8230;]</p>
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<p>Il aura donc fallu la chanson rock d&rsquo;un groupe inconnu au bataillon pour que je replonge dans les affres (et les délices) de la chronique musicale. Ce n&rsquo;est rien et c&rsquo;est énorme à la fois, car bien que j&rsquo;écoute toujours autant de musiques, plus nouvelles qu&rsquo;anciennes d&rsquo;ailleurs, rien depuis deux ans et demi ne m&rsquo;avait motivé à revenir à mon clavier, hormis les décès d&rsquo;artistes que j&rsquo;avais aimés et immensément respectés.</p>



<p>C&rsquo;est la lecture d&rsquo;une brève sur le fil des Inrocks qui m&rsquo;a conduit à prêter une oreille à <strong><em>SWEAT</em></strong>, la seule chanson disponible à ce jour d&rsquo;un groupe appelé <strong>the Sophs</strong>. Comme le disaient les Inrocks, le rapprochement avec <a href="/tag/strokes/">the Strokes</a> n&rsquo;est pas fortuit. Après une fausse intro avec boite à rythmes branlante et bruit blanc s&rsquo;installe une rythmique mid tempo tranquille, répétitive mais tendue avec basse ronde, un motif de guitare lancinant et mélodique qui pourrait être joué au synthé, des contrepoints aux claviers et à la guitare acoustique et surtout cette voix cool de crooner juvénile, un peu bancale mais garante d&rsquo;une émotion brute. Tout cela évoque aussi bien <em>Hard to Explain</em>, chef d’œuvre romantique du premier album des Strokes que <em>The Adults are Talking</em> pièce maîtresse ouvrant le dernier effort des New-yorkais « <em>The New Abnormal</em> », construisant ainsi une arche entre 2000 et 2020. Puis, après un passage sans batterie avec chœurs angéliques` qui répondent en falsetto surgit une reprise du refrain comme un coup de boutoir avec la voix étranglée passée à l&rsquo;octave supérieur et des riffs rageurs de guitare saturée, avant une fin brutale, comme si on avait coupé le courant. Ça parle du deuil consécutif à une rupture amoureuse, et c&rsquo;est aussi vital que mélancolique. L&rsquo;essence de la pop, pas moins. « Sweat yourself » est donc une façon plus soft de dire « Go fuck yourself ». L&rsquo;effet, c&rsquo;est un euphémisme, est maximal et cette chanson m&rsquo;obsède littéralement, je me la passe et me la passerai en boucle jusqu&rsquo;à plus soif, et ce ne sera pas pour demain&#8230;</p>



<p>Quels chemins a t-il fallu emprunter pour savoir quel est ce groupe&nbsp;! C&rsquo;est en se rendant sur leur Instagram qu&rsquo;on en apprend un peu plus. Le chanteur et porte-parole de la bande se nomme Ethan Ramon et il a eu la bonne idée d&rsquo;envoyer une démo de son groupe par mail au label londonien Rough Trade, label dont les patrons Geoff Travis et Jeannette Lee ont, et c&rsquo;est peu dire, des oreilles en or. Rough Trade a été en effet la maison des Smiths avant d&rsquo;être celle de Jarvis Cocker (et dorénavant celle du Pulp ressuscité), de Amyl &amp; the Sniffers, de Sleaford Mods et de Parquet Courts, entre autres. Enfin, ce sont eux qui avaient signé un quintet new-yorkais inconnu sur la foi d&rsquo;une seule écoute de la démo d&rsquo;une chanson en 1999, &nbsp;<em>The Modern Age</em>, premier single des Strokes, et donc paru chez Rough Trade, label sexy par excellence, bien entendu&#8230; Sur le site du label, Travis et Lee avouent avoir été bluffés par la démo qui leur avait été miraculeusement envoyée depuis Los Angeles. Heureuse coïncidence, Jeannette Lee était à LA et est allée se rendre compte du potentiel de the Sophs en allant les voir jouer dans un bar. Son instinct ne l&rsquo;avait pas trompée, le concert corrobora sa première impression. Rough Trade a donc été immédiatement séduit par l&rsquo;honnêteté brutale de the Sophs, leur pensées flamboyantes et l&rsquo;ampleur de leur spectre musical, mêlant créativité et variété. Sans parler de leur côté «&nbsp;Ne me demandez pas de faire joli&nbsp;». Donc attendons-nous pour la suite à du pop-punk pénétrant, du funk incandescent et à un «&nbsp;sprachgesang&nbsp;» porté par la voix décidément séduisante d&rsquo;Ethan Ramon, lequel clame vouloir voler, plagier et emprunter, pour qu&rsquo;à la fin sa musique sonne d&rsquo;une façon incroyable.&nbsp;</p>



<p>Quand on y pense, à l&rsquo;heure des enregistrements dans sa chambre et des notoriétés gonflées sur les réseaux sociaux, the Sophs vivent un conte de fées à l&rsquo;ancienne. Avec voyage à Londres pour la signature du contrat, séance de photos pour illustrer la pochette du single et tournage d&rsquo;un clip déjà culte. Une première tournée suivra, sur la côte ouest US, à New York puis pour quelques dates européennes (dont celle au <a href="https://dice.fm/event/dk9exv-the-sophs-8th-sep-supersonic-records-paris-tickets">Supersonic à Paris le 8 septembre</a>). Ce genre d&rsquo;histoire n&rsquo;a pas été racontée depuis&#8230; the Strokes ou Arctic Monkeys. Alors peut-être délire t-on en imaginant un destin stellaire à ces six garçons californiens, mais l&rsquo;aventure de the Sophs est si sexy et finalement si atypique aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;on a hâte d&rsquo;en découvrir la suite !</p>



<p></p>
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		<title>The Von Bondies : la touche glam de Detroit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 13:18:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IN CASE YOU'VE MISSED IT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ça sortait d’où ? Detroit, Etats-Unis C’était quoi&#160;? L’effervescence dont s’empara la jeunesse branchée de Londres, New York et Paris doit beaucoup au Motor City. Comme au plus fort des sixties, Detroit a contribué une nouvelle fois à remettre le rock n’roll en haut de l&#8217;affiche. La cité industrielle du Michigan a toujours été une terre fertile pour les musiciens. Alice Cooper, Iggy Pop, le MC5, et&#8230; Jack White. C’est grâce à ce dernier que les Von Bondies sortirent de [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><strong>Ç</strong>a sortait d’où ? </strong>Detroit, Etats-Unis</p>



<p><strong>C’était quoi&nbsp;?</strong></p>



<p>L’effervescence dont s’empara la jeunesse branchée de Londres, New York et Paris doit beaucoup au Motor City. Comme au plus fort des sixties, Detroit a contribué une nouvelle fois à remettre le rock n’roll en haut de l&rsquo;affiche. La cité industrielle du Michigan a toujours été une terre fertile pour les musiciens. Alice Cooper, Iggy Pop, le MC5, et&#8230; Jack White. C’est grâce à ce dernier que les Von Bondies sortirent de l’anonymat en produisant le premier opus du groupe, « Lack of Communication », en 2002. Ce dernier, co-produit par Jim Diamond des excellents Dirtbombs attira l’attention de la presse musicale, en particulier au Royaume-Uni, comme en témoigne leur passage sur le plateau de l’émission Later présentée par l’animateur légendaire Jools Holland et diffusée sur la BBC. Après plusieurs tournées et un line-up re-magné, le combo du Michigan pu compter sur le glamour de la bassiste Smith Yasmin et de la guitariste Marcie Bolen pour défendre le somptueux « Pawn Shoppe Heart », sorti en 2004 chez Sire Records. Avec son garage rock puissant et carrément sexy, le quatuor américain s’imposa comme un des groupes phares de la scène de Detroit du début des 2000’s. Catchy, brutal, l’album rendait hommage aux groupes à guitare des années 1960 avec une touche de glam rock déjanté et quelques pépites sublimées par la voix rauque de leur frontman Jason Stollsteimer. Ce dernier défraya la chronique lorsque son ex-producteur et leader des White Stripes lui démolit la figure lors d’une rixe improvisée dans une salle de concert de leur ville natale. On joue pas à celui qui pisse le plus loin avec une légende locale, tout simplement. Une fois la hype du single « C’mon C’mon » passée et une prestation mémorable au festival de Glastonbury, les Von Bondies tombèrent dans l’anonymat le plus complet et ce, malgré la sortie de deux albums à la fin de la décennie.</p>



<p><strong>Une galette&nbsp;: </strong>Pawn Shoppe Heart &#8211; <em>Sire Records </em>(2004)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="300" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart.jpg" alt="" class="wp-image-7636" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-120x120.jpg 120w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-240x240.jpg 240w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p>Le ton est donné dès l’intro de « No Regrets ». Derrière la batterie martiale de Don Blum et un déluge de guitares vrombissantes, Jason Stollsteimer annonce la couleur. Un brin crâneur, le chanteur-guitariste croone avec un certain brio. Les chœurs assurés par les deux membres féminins relèvent la majorité de titres : « Tell Me What You See », « Crawl Through The Darkness » ou la très glam « Not That Social ». La touche féminine donne un côté pop bubblegum extrêmement rafraichissant qui vient enrober une déferlante de distortion et de tempos survitaminés. Le garage rock sexy aux accents punks des Von Bondies sait aussi ralentir la cadence par moment, comme le montre le slow blues « Mairhead», hommage complétement assumé aux Doors de Jim Morrison. La fin de l’album est brutale. Sur le titre éponyme du disque, Stollsteimer nous déchire les tympans avec un slow blues aussi tourmenté qu&rsquo;inoubliable qui vient clore le disque de la meilleure des manières.</p>



<p><strong>Un hit en deux lignes :&nbsp;</strong>«&nbsp;C&rsquo;mon C&rsquo;mon&nbsp;»</p>



<p>Si Seven Nation Army n&rsquo;avait pas été reprise en chœur par des millions de spectateurs de football en transe, ce single à l&rsquo;efficacité toute redoutable avait tout pour être le meilleur titre rock n&rsquo;roll sorti de Detroit depuis Kick Out The Jams.</p>



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<p><strong>La pépite à (re) découvrir&nbsp;: </strong>«&nbsp;Lack of Communication&nbsp;»</p>



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<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>The Coral: La bande la plus sympathique du Royaume</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 15:50:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IN CASE YOU'VE MISSED IT]]></category>
		<category><![CDATA[BRITISH]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ça sortait d’où ? Liverpool, Royaume-Uni C’était quoi&#160;? Avec leurs homologues The Zutons, le quintet participa à remettre Liverpool au premier plan de l’avant-garde musicale anglaise. La cité portuaire fut souvent mise de côté. On lui préféra longtemps sa rivale Manchester, située à quelques dizaines de kilomètres au bout du canal qui la relie à la mer d’Irlande. Au début des 2000&#8217;s, The Coral marqua surtout les esprits grâce à son tube « Dreaming of You », hymne adolescent aux accents ska fortement [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Ça sortait d’où ?</strong> Liverpool, Royaume-Uni</p>



<p><strong>C’était quoi&nbsp;?</strong></p>



<p>Avec leurs homologues The Zutons, le quintet participa à remettre Liverpool au premier plan de l’avant-garde musicale anglaise. La cité portuaire fut souvent mise de côté. On lui préféra longtemps sa rivale Manchester, située à quelques dizaines de kilomètres au bout du canal qui la relie à la mer d’Irlande. Au début des 2000&rsquo;s, The Coral marqua surtout les esprits grâce à son tube « Dreaming of You », hymne adolescent aux accents ska fortement inspiré par The Specials, icônes du genre. Si c’est ce hit plein d&rsquo;entrain qui leur permis d’accompagner le Black Rebel Motorcycle Club en tournée en Angleterre quelques mois après la sortie de leur premier album, c’est en 2002 que les Scousers s’installèrent parmi les groupes les plus percutants du moment. « Magic and Medicine », second opus de The Coral, recèle en effet de pépites pop teintées de folk, de country et de rock psychédélique. La joyeuse troupe emmenée par le chanteur guitariste James Skelly rafraichit le paysage musical britannique l&rsquo;espace de deux étés. Les choses prirent une autre tournure au milieu de la décennie avec la sortie de l’EP « Nightfreak and the Sons of Becker », enclenchant le déclin progressif des Scousers. Loufoque, bancal, parfois génial, le groupe perdit le cap en multipliant les albums pas toujours aboutis. Souvent inspirés, rarement percutants, The Coral continua tout de même son bout de chemin en essayant de raviver la flamme des Zombies, Kinks et autres Byrds. Toujours actifs de nos jours, les Anglais ont enregistré douze albums assez inégaux dont la majorité est passée assez inaperçue. Capables de surprendre (comme par exemple sur le délicieux single « Wild Bird » de 2023 et son côté cowboy), The Coral reste une des formations les plus sympathiques et polyvalentes d’outre-Manche.</p>



<p><strong>Une galette&nbsp;:</strong> Magic and Medicine &#8211; <em>Epic</em> (2002)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="300" height="300" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine.jpg" alt="" class="wp-image-7620" style="object-fit:cover;width:300px;height:300px" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-120x120.jpg 120w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-240x240.jpg 240w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p>Il y a encore des réminiscences de la Britpop quand The Coral sort son deuxième opus en 2002. Très inspiré par les sixties, comme leurs ainés d’Oasis et de Blur, le groupe de Liverpool collectionne d’innombrables clins d’œil aux géants de la British Invasion en y ajoutant une dimension presque country gothique (« Don’t Think You’re the First », « All of Our Love »). Souvent plus proche des Doors que des Fab Four, The Coral explore avec justesse tout au long de « Magic and Medicine ». En effet, la guitare chargée de reverb et d’écho donne un ton tout particulier aux compositions du groupe. Mais c&rsquo;est sur des ballades folk légères et mélancoliques que la magie opèrent réellement : « Bill McCai » et « Pass It On » sont les deux véritables clous de l’album. Plus consistant que sur n&rsquo;importe quel autre œuvre de leur répertoire, le quintet de Merseyside eurent indéniablement une influence sur des talents en devenir comme Miles Kane et Alex Turner.</p>



<p><strong>Un hit en deux lignes :</strong>&nbsp;«&nbsp;Dreaming of You&nbsp;»</p>



<p>Un bon concentré de ce que l’Angleterre a de meilleur. Partie de basse ska, refrain qui tue, on est entre les Beatles du début, les Specials et le meilleur de la Britpop. Inoubliable.</p>



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</div></figure>



<p><strong>La pépite à (re) découvrir&nbsp;:</strong> « Pass It On&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<title>The Vines : les mauvaises graines de Sydney</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Feb 2024 18:47:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IN CASE YOU'VE MISSED IT]]></category>
		<category><![CDATA[BRITISH]]></category>
		<category><![CDATA[POP]]></category>
		<category><![CDATA[PUNK]]></category>
		<category><![CDATA[ROCK]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ça sortait d’où&#160;? Sydney, Australie C’était quoi&#160;? Possiblement une des meilleures choses que l’Australie ait exportée ces trente dernières années (avec la sitcom Hartley, Cœurs A Vif évidemment), The Vines secouèrent le petit monde du rock indé au début des années 2000. Fondé autour de chanteur-guitariste Craig Nicholls, le trio originaire de Sydney se fit remarqué grâce à l’attitude déjantées de son frontman. Avec leurs cheveux gras et leur look de branleurs, Nicholls et sa bande collectionnèrent les prestations live [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Ça sortait d’où&nbsp;?</strong> Sydney, Australie</p>



<p><strong>C’était quoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="has-text-align-left">Possiblement une des meilleures choses que l’Australie ait exportée ces trente dernières années (avec la sitcom <em>Hartley, Cœurs A Vif</em> évidemment), The Vines secouèrent le petit monde du rock indé au début des années 2000. Fondé autour de chanteur-guitariste Craig Nicholls, le trio originaire de Sydney se fit remarqué grâce à l’attitude déjantées de son frontman. Avec leurs cheveux gras et leur look de branleurs, Nicholls et sa bande collectionnèrent les prestations live chaotiques à coup de beuglements incontrôlés et de larsens assourdissants. Mais en il aura fallu davantage pour décourager le trio australien de trouver sa place parmi la scène des groupes en « The ». En effet, c’est en studio avec le lancement de leur premier album que The Vines s&rsquo;imposèrent comme l&rsquo;une des formations les plus excitantes du début du siècle. Moins classiques que The Hives, plus excités que The Strokes, les Australiens sont aussi de ceux à qui ont doit le retour des Converse All Stars dans les cours de récréation et des amplis Orange dans les garages des adolescents. </p>



<p class="has-text-align-left">Huit ans après la mort de Kurt Cobain, The Vines réussirent à unir les fans de grunge et de la British Invasion en distillant des titres pop-punk teintés d’une forte touche de psychédélisme. Si le succès se dissipa rapidement, et ce en partie à cause de l’instabilité chronique de Nicholls, atteint du syndrome d’Asperger, The Vines signèrent deux LP particulièrement délicieux qui marquèrent la première moitié de la décennie: «&nbsp;Highly Evolved&nbsp;» (2001) et «&nbsp;Riding Days&nbsp;» (2004). Il fut en effet une époque où les effervescentes scènes australiennes et néo-zélandaises semblaient être capable de rivaliser avec celles de Londres et New York. Mais malgré quelques tentatives de come back entachées par de nombreux concerts annulés et une poignée d&rsquo;albums médiocres, le groupe tomba dans les oubliettes, incapable de renouer avec la finesse de ses deux premiers opus.</p>



<p><strong>Une galette&nbsp;:</strong> Highly Evolved &#8211; <em>Capitol Records </em>(2002) </p>



<p class="has-text-align-center"><img decoding="async" width="225" height="225" class="wp-image-7600" style="width: 300px" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement.jpg" alt="" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement.jpg 225w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement-120x120.jpg 120w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 225px) 100vw, 225px" /></p>



<p class="has-text-align-left">Derrière une des jaquettes les plus abouties de la décennie se cache une des plus belles surprises de l’année 2002. L’album ouvre en grande pompe sur la très crâneuse «&nbsp;Highly Evolved&nbsp;». Nicholls et sa bande recyclent à merveille la formule couplets cleans refrains distordus («&nbsp;Outtathaway&nbsp;», «&nbsp;Ain’t No Room&nbsp;», ou «&nbsp;In The Jungle&nbsp;»). Sur certains morceaux, les fantômes de Nirvana et de Soundgarden prennent carrément des accents psychés grâce à des chœurs planants particulièrement bien ficelés. En effet, le clou du disque réside dans la juxtaposition savante de chansons aux guitares poisseuses avec des ballades psychédéliques bien plus ambitieuses. </p>



<p class="has-text-align-left">Aussi doué dans le rôle de l’adolescent excité le pied enclenché sur la fuzz («&nbsp;Get Free&nbsp;») qu’assis son derrière son piano, Nicholls montre une versalité remarquable tout au long du disque. Le clin d’oeil assumé au Fab Four est assumé sur «&nbsp;Factory&nbsp;» et son air enjoué à la «&nbsp;Obladi Oblada&nbsp;». Le voyage dans les sixties s’intensifie sur la somptueuse «&nbsp;Homesick&nbsp;», peut-être la véritable pépite de ce premier opus grâce à ses accents lennoniens et à ses textes mélancoliques. Les rêveuses «&nbsp;Mary Jane&nbsp;» et «&nbsp;Autumn Shade&nbsp;» vont dans le même sens. Pas étonnant donc d’entendre le chanteur chanter «&nbsp;It’s 1969 in my head&nbsp;» sur le morceau de clôture de l’album.</p>



<p><strong>Un hit en deux lignes :&nbsp;</strong>«&nbsp;Get Free&nbsp;»</p>



<p>Les Allemands appellent ça Zeitgeist, ou «l’art de capter l’esprit d’une époque&nbsp;». Il est difficile de mieux faire le pont entre les nineties et les 2000’s en deux minutes et sept secondes.</p>



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<p><strong>La pépite à (re) découvrir&nbsp;: </strong>«&nbsp;Homesick&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe class="youtube-player" width="1170" height="659" src="https://www.youtube.com/embed/YPhbn0Yz_A0?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe>
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<p></p>
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		<title>Confort et sérénité sur Internet &#8211; Votre navigateur</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gus]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Nov 2023 10:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[TECH]]></category>
		<category><![CDATA[CHROME]]></category>
		<category><![CDATA[FIREFOX]]></category>
		<category><![CDATA[INTERNET]]></category>
		<category><![CDATA[LIBRE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Utiliser Internet aujourd&#8217;hui relève de plus en plus du parcours du combattant. Nous n&#8217;avons jamais eu autant de technologies permettant de surfer avec confort et pourtant il est de plus en plus difficile de trouver une information pertinente, d&#8217;éviter les pubs, de protéger ses propres données privées et tout simplement, de passer du temps de qualité sur le web. Je n&#8217;ai pas l&#8217;intention de vous perdre ici dans les considérations du pourquoi on en est arrivé là, mais plutôt de [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/gustave/">Gus</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Utiliser Internet aujourd&rsquo;hui relève de plus en plus du parcours du combattant. Nous n&rsquo;avons jamais eu autant de technologies permettant de surfer avec confort et pourtant il est de plus en plus difficile de trouver une information pertinente, d&rsquo;éviter les pubs, de protéger ses propres données privées et tout simplement, de passer du temps de qualité sur le web. Je n&rsquo;ai pas l&rsquo;intention de vous perdre ici dans les considérations du pourquoi on en est arrivé là, mais plutôt de vous donner quelques conseils rapides et simple pour reprendre un minimum de contrôle sur votre navigation et du temps que vous passez sur le réseau des réseaux.</em></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading">Partie 1 &#8211; Choisir son navigateur</h2>



<p>La réponse est simple et unique, <strong>utilisez Firefox</strong>.</p>



<p>Changer de navigateur est probablement la chose la plus drastique et néanmoins la plus simple pour améliorer votre utilisation d&rsquo;Internet au quotidien et pour ça, Firefox est, de loin, le meilleur navigateur. Vous pouvez le télécharger là : <a href="https://www.mozilla.org/fr/firefox/new/"><strong>Téléchargez Firefox</strong></a>. Faites-le, vraiment.</p>



<p>Lors de l&rsquo;installation, vous pourrez récupérer tous vos marque-pages, vos mots de passe et vos réglages de <a href="https://support.mozilla.org/fr/kb/importer-favoris-chrome?redirectslug=Importer+les+marque-pages+de+Google+Chrome&amp;redirectlocale=fr">votre ancien navigateur en quelques clics</a>. Ça vous prendra littéralement moins de 5 minutes. Pour une utilisation basique, vous ne verrez pas de réelle différence, pour une utilisation poussée, the sky is the limit.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi changer pour Firefox ?</h3>



<p>Firefox est le navigateur considéré comme <a href="https://www.techradar.com/best/browser">le plus polyvalent actuellement</a>. Il est rapide, simple à utiliser mais aussi personnalisable à souhait. Concernant la sécurité, les réglages par défaut bloquent les <a href="https://blog.mozilla.org/fr/products/firefox/que-sont-les-traqueurs-de-reseaux-sociaux/">traqueurs de réseaux sociaux</a>, les <a href="https://support.mozilla.org/fr/kb/cookies-tiers-et-protection-contre-pistage">cookies intersites</a>, le contenu utilisé pour le pistage, les <a href="https://blog.mozilla.org/fr/products/firefox/bloquez-les-cryptominers-avec-firefox/">mineurs de cryptomonnaies</a> et les détecteurs d’<a href="https://www.cnil.fr/fr/definition/fingerprinting">empreinte numérique</a>. Je vous recommande de passer sur le réglage « Strict » dans les préférences afin d&rsquo;activer la protection contre le pistage sur toutes les pages (pas seulement la navigation anonyme). Si certains de ces termes ne vous parlent pas je vous invite à cliquer sur les liens pour en savoir plus, mais pour résumer, ce sont des technologies qui permettent de vous pister sur Internet. Elles permettent de créer le plus précisément possible votre profil d&rsquo;utilisateur/acheteur/électeur grâce à vos goûts en matière de shopping, vos convictions politiques ou votre localisation par exemple, tout ça en reliant simplement vos clics, vos visites et vos recherches. <a href="https://www.mozilla.org/fr/firefox/new/">Installez Firefox</a>.</p>



<p>Il fonctionne sur tous les systèmes d&rsquo;exploitation, peut être synchronisé avec un compte Mozilla (on en reparle plus bas), inclus une gestion des DNS directement dans le navigateur (on en reparlera plus tard), peut être facilement personnalisé avec votre (ou vos) moteur(s) de recherche préféré(s), des thèmes et des réglages précis. Vous n&rsquo;allez peut-être pas profiter de toutes ces fonctionnalités, alors gardez juste en tête que ce navigateur a pour but premier de vous permettre de naviguer sur Internet rapidement, en toute liberté avec une bonne dose de sécurité par défaut.</p>



<p>Quelques extensions indispensables pour vous rendre la vie en ligne encore plus belle :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><a href="https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/ublock-origin/">uBlock Origin</a> : bloque les pubs</li>



<li><a href="https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/privacy-badger17/">EFF Privacy Badger</a> : bloque les traceurs invisibles</li>



<li><a href="https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/multi-account-containers/">Firefox Multi-Account Containers</a> : conteneurs d&rsquo;onglets</li>



<li><a href="https://addons.mozilla.org/de/firefox/addon/facebook-container/">Facebook container</a> : bloque les traceurs Facebook</li>
</ul>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi pas Chrome ?</h3>



<p>Chrome dit qu&rsquo;il protège également la vie privée, pourquoi ne pas continuer à l&rsquo;utiliser ? Chrome est un produit du géant Google, dont <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2022/02/02/google-double-ses-profits-annuels-portes-par-la-publicite-en-ligne_6111914_3234.html">la base du financement est sa régie publicitaire Adsense et la revente de données privées</a>. Les services qu&rsquo;il propose ne sont donc pas gratuits. Vous connaissez sûrement l&rsquo;adage, « si c&rsquo;est gratuit c&rsquo;est toi le produit », on devrait plutôt dire aujourd&rsquo;hui « si c&rsquo;est gratuit, c&rsquo;est toi le bétail ». Au delà de revendre vos données personnelles aux annonceurs et s&rsquo;en servir pour sa propre régie publicitaire Adsense, ces données servent également à l&rsquo;entrainement des algorithmes (et IA) de Google. Vous consentez donc, en utilisant les produits Google, à leur offrir les données de vos contacts, le contenu de vos emails et chat, votre historique de localisation Maps et de visionnage de vidéos YouTube, votre historique de navigation et de recherche (oui oui, dès que vous commencez à taper quelque chose dans la barre de recherche, c&rsquo;est enregistré par Google) et même vos marque-pages. Plutôt que les « offrir », Google devrait nous rémunérer pour utiliser ses services. </p>



<p>Et tout ça pour quoi ? Pour plus de confort, de suggestions, de clics en moins et une expérience de navigation synchronisée entre les différents services de Google (Gmail, Youtube, Maps etc.) et vos appareils ? J&rsquo;en conviens, c&rsquo;est relativement confortable, mais à quel prix ? Premièrement, de base, j&rsquo;aime pas trop qu&rsquo;on se foute de ma gueule. Mettre en avant des slogans marketing à la noix sur la vie privée et me faire croire que c&rsquo;est une priorité pour cette boite, comment dire, <a href="https://www.forbes.fr/societe/protection-de-la-vie-privee-google-sous-le-coup-dune-action-en-justice-de-grande-envergure-aux-payx-bas/">merci de me prendre pour un abruti</a>. Deuxièmement, naviguer sur Internet avec l&rsquo;impression de toujours avoir quelqu&rsquo;un qui regarde ce que je fais et être bombardé de pubs (coucou <a href="https://www.nextinpact.com/lebrief/72789/youtube-accroit-sa-lutte-contre-bloqueurs-pub#">YouTube et ta politique anti adblocker</a>), c&rsquo;est pas ça pour moi l&rsquo;idée du confort. Et autre chose, de bien plus important globalement que ma petite personne, Google, avec Chrome particulièrement, est en train de fermer le web et ça, c&rsquo;est pas bien pour moi, pour vous et même, n&rsquo;ayons pas peur des grands mots, pas bien pour la démocratie.</p>



<p>Et oui, Google, qui nous a libéré d&rsquo;Internet Explorer au début des années 2010 avec Chrome qui était léger, rapide, simple et respectait les standards du web, nous refait la même que Microsoft dans les années 2000, en pire.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, Chrome est le navigateur le plus utilisé dans le monde (environ <a href="https://www.blogdumoderateur.com/chiffres-google/">60% d&rsquo;utilisation mondiale</a>). Chrome appartient à Google, Google est une multinationale de la technologie cotée en bourse qui se finance en majeure partie grâce à la pub et la revente de données utilisateurs, la question qui se pose est donc : comment se servir de la position dominante de Chrome pour faire toujours plus d&rsquo;argent en gardant le même business model ?</p>



<p>C&rsquo;est pas tellement compliqué. Il suffit de créer une sensation de confort pour les utilisateurs, tout en les emprisonnant de plus en plus dans l&rsquo;écosystème Google. On aura donc des services qui fonctionnent super bien, rapides, beaux, simples à utiliser (Gmail, YouTube, Agenda, Docs, Maps, etc. faut pas cracher dans la soupe, c&rsquo;est super bien foutu) qu&rsquo;on relie entre eux par un compte unique Gmail (et ouais, pas possible de relier tous ces services sans un compte Google, pire sur Android où l&rsquo;utiliser sans Google est relativement complexe, <a href="https://e.foundation/fr/e-os/">ou pas</a>, mais c&rsquo;est un autre sujet). </p>



<p>En parallèle, on implémente des fonctionnalités non standardisées dans le navigateur pour mener la vie dure aux bloqueurs de pubs par exemple (coucou le <a href="https://www.nextinpact.com/article/69350/blocage-publicitaire-et-manifest-v3-visions-contraires-chrome-et-firefox">Manifest V3</a>) ou même donner la possibilité à des sites web de filtrer qui peut le visiter en fonction de l&rsquo;appareil utilisé (coucou l&rsquo;API <a href="https://www.nextinpact.com/article/72165/web-environment-integrity-defiance-generalisee-contre-drm-web">Web Environment Integrity</a>). Et lorsqu&rsquo;une entreprise veut exister en ligne, quel est le choix le plus rapide et le moins onéreux pour créer son site ou son application web ? Privilégier le développement pour le navigateur majoritaire et donc accepter les choix technologiques de Google dans Chrome. Cet abus de position dominante est déjà problématique dans Chrome, mais l&rsquo;est encore davantage lorsqu&rsquo;on sait que Chrome est basé sur le navigateur libre <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Chromium">Chromium</a>, créé par Google en 2008, dont le développement est mené majoritairement par Google et qui sert de base à d&rsquo;autres navigateurs comme Edge, Brave, Opera, Vivaldi ou encore l&rsquo;innovant Arc. Pourquoi c&rsquo;est pas top ? En deux mots, monopole privé. Les choix de Google vont impacter son navigateur maison mais également tous les autres reliés à Chromium et à la fin, on se retrouve avec une sorte de navigateur unique pour utiliser Internet. On pourrait se dire que c&rsquo;est pas si mal, ça simplifie la création d&rsquo;applications web, ça marche relativement bien et Chromium est un logiciel libre, chacun peut en faire ce qu&rsquo;il veut, donc où est le problème ? Dans les faits, la puissance de Google sur Internet n&rsquo;est égalée par aucune autre entreprise (pas même Microsoft, qui de toute manière est alignée sur Google) et si elle choisit d&rsquo;implémenter telle ou telle nouvelle fonctionnalité dans Chromium, les autres suivront pour différentes raisons (soit parce que ça leur convient, soit par peur d&rsquo;une potentielle incompatibilité, un temps de développement trop élevé pour contourner le nouveau fonctionnement, pas d&rsquo;intérêt marketing, etc.). Google façonne donc le web comme il le souhaite, vous oblige petit à petit à désinstaller vos bloqueurs de pub, à accepter ses choix technologiques sans que vous vous en rendiez compte, vous surveille et vous enferme de plus en plus.</p>



<p>Je ne fais ici qu&rsquo;un petit résumé de tous les problèmes créés par Chrome (et Google en général). Je vous invite également à lire cette très bonne BD, <a href="https://framablog.org/wp-content/uploads/2022/09/ContraChrome_fr.pdf">Contra Chrome</a>, qui montre en quoi l&rsquo;utilisation de ce navigateur est également une menace pour la démocratie, rien que ça (à partir de la page 16 particulièrement mais lisez le tout) et une menace pour vous. Au delà de <a href="https://www.nextinpact.com/lebrief/72789/youtube-accroit-sa-lutte-contre-bloqueurs-pub#">se plier sans broncher aux lois de censure de tel ou tel pays</a>, Google connait vos recherches (vos recherches !) et peut donc les envoyer aux autorités sur simple demande légale. Dans un pays où l&rsquo;avortement est illégal par exemple, comme certains états des États-Unis (pas vraiment connus pour être une dictature), <a href="https://www.businessinsider.com/police-getting-help-social-media-to-prosecute-people-seeking-abortions-2023-2?op=1&amp;r=US&amp;IR=T">ça peut couter cher</a>. Et si vous utilisez Google pour la recherche en mode privé, bah c&rsquo;est pas vraiment privé&#8230;</p>



<p>Pour résumer, Chrome est un mouchard ennemi de la démocratie optimisé pour vous garder prisonnier et l&rsquo;utiliser c&rsquo;est accepter de léguer petit à petit le web à Google et perdre un peu plus de liberté sur Internet et ailleurs chaque jour. J&rsquo;aimerais dire que j&rsquo;exagère, mais je suis plutôt modéré dans mes propos.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Quelles différences avec Firefox ?</h3>



<p>Firefox appartient à la fondation Mozilla, une organisation internationale à but non lucratif. C&rsquo;est un <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Logiciel_libre">logiciel libre</a>, fer de lance du motto de la fondation : « La Fondation Mozilla est à pied d’œuvre pour s’assurer qu’Internet demeure un bien commun ouvert et accessible à tout le monde. » Les financements et le fonctionnement de la fondation Mozilla sont également accessibles à tout le monde <a href="https://www.mozilla.org/en-US/foundation/annualreport/2021/#financial">sur leur site</a>, en toute transparence.</p>



<p>Concernant Firefox, comme je le disais au début, les paramètres par défaut sont réglés pour la sécurité et la protection des données personnelles, contrairement à Chrome pour lequel vous pouvez activer a posteriori quelques réglages de protection, mais chacun avec ses exceptions (relou).</p>



<p>Vous aimez le confort de la synchronisation entre appareils ? Pas de problème, un compte Mozilla vous permet de retrouver vos marque-pages, mots de passe et onglets ouverts sur un autre ordi ou votre smartphone en toute sécurité (chiffré de bout en bout, retenez bien votre mot de passe principal par contre, vous êtes le seul à le connaitre). Vous pouvez même utiliser votre adresse Gmail pour ça, mais si vous en êtes arrivé là, vous avez dû comprendre que ce n&rsquo;était pas le meilleur deal. On en parlera dans le prochain article de cette série, <a href="https://laculturedelecran.com/feed/">stay tuned</a>.</p>



<p>Créer des comptes sur de multiples sites avec votre adresse email ou votre numéro de téléphone vous saoule ? Aucun souci, <a href="https://relay.firefox.com/">Firefox Relay</a>, intégré, vous propose d&rsquo;utiliser de fausses adresses email ou numéros de téléphone pour les différents comptes que vous pourriez avoir à ouvrir.</p>



<p>Vous avez peur de perdre des extensions ou des fonctionnalités de Chrome ? Pas d&rsquo;inquiétude, les développeurs de Firefox sont militants mais ça ne les empêche pas d&rsquo;être pragmatiques. Concernant l&rsquo;arrivée de l&rsquo;API Manifest V3 dont je parlais plus haut par exemple, elle impliquait une grande différence de développement pour les créateurs d&rsquo;extensions et aurait pu pousser les développeurs à privilégier Chrome plutôt que Firefox. Mozilla a donc décidé d&rsquo;implémenter cette API dans Firefox, tout en <a href="https://adguard.com/fr/blog/firefox-manifestv3-chrome-adblocking.html">la modifiant drastiquement</a> afin de ne pas compromettre la sécurité et la protection de la vie privée des utilisateurs. Vous aurez même la chance de pouvoir utiliser <a href="https://addons.mozilla.org/fr/firefox/addon/multi-account-containers/">Multi-Account Containers</a>, une extension super pratique qui vous permet de séparer votre navigation sur Internet dans différents conteneurs. </p>



<p>Au delà de tout cela, Firefox et Mozilla globalement, militent et <a href="https://foundation.mozilla.org/fr/what-we-fund/">financent des actions</a> pour l&rsquo;ouverture, l&rsquo;accessibilité et la neutralité du net, en faveur de la démocratie et pour le bien des utilisateurs (tout l&rsquo;inverse de Chrome et Google en gros).</p>



<p>Dernière chose avant de vous laisser profiter d&rsquo;une navigation sur Internet un peu plus tranquille, changez de moteur de recherche ! Lâchez Google qui est en pleine phase de <a href="https://ploum.net/2023-06-15-merdification.html">merdification</a> et préférez DuckDuckGo par exemple (pas parfait mais relativement protecteur de la vie privée avec de bons résultats) ou encore <a href="https://zotop.fr/">zoTop</a> qui vient de faire son apparition dans le paysage des (meta-)moteurs de recherche. C&rsquo;est français (et même franc-comtois, bravo <a href="https://www.zaclys.com/">Zaclys</a>), open-source et respectueux de la vie privée. Vous pouvez même l&rsquo;ajouter à Firefox : clic-droit dans la barre de recherche, puis « Ajouter zoTop » et pouf, c&rsquo;est bon. Il n&rsquo;y a pas de moteur de recherche global parfait, utilisez en plusieurs en fonction de vos besoins.</p>



<p>Depuis 2004, Firefox nous permet de surfer sur le web en toute liberté. Il a eu des hauts et des bas, mais il est toujours présent, au top de l&rsquo;innovation et gratuit, disponible pour toutes et tous. Ça ne veut pas dire qu&rsquo;il en sera ainsi ad vitam, restons vigilants ! Et malgré tout, merci à Chrome d&rsquo;avoir mis un bon coup de pied dans la fourmilière il y a des années, dommage qu&rsquo;il ait évolué ainsi (mais c&rsquo;était prévisible).</p>



<p>Je remets le lien ici si vous ne l&rsquo;avez toujours pas fait : <a href="https://www.mozilla.org/fr/firefox/new/"><strong>Téléchargez Firefox</strong></a> et utilisez-le ! </p>



<p>Petit nota bene, je n&rsquo;ai pas parlé de Tor, ni d&rsquo;autres navigateurs un peu obscurs car cet article est destiné à faire « switcher » un maximum de personnes vers une solution qui a prouvé qu&rsquo;elle était un <a href="https://www.clubic.com/article-282232-1-comparatif-internet-explorer-firefox-opera-safari.html">excellent compromis</a> entre ouverture, simplicité, rapidité et sécurité des données.</p>



<p>Deuxième nota bene, pour celleux qui ne veulent pas s&#8217;embêter avec les réglages et qui veulent la « super confidentialité » de base, sur mobile vous pouvez télécharger <a href="https://www.mozilla.org/fr/firefox/browsers/mobile/focus/">Firefox Focus</a> et pour les devs, il y a également <a href="https://www.mozilla.org/fr/firefox/developer/">Firefox Developer Edition</a> (que j&rsquo;utilise au quotidien et qui est vraiment rapide et pratique). Voilà, c&rsquo;est tout. Firefox wouhou !</p>



<h3 class="wp-block-heading">Prochains épisodes de cette série :</h3>



<ul class="wp-block-list">
<li>communiquer facilement et sereinement sur Internet (email et messageries)</li>



<li>s&rsquo;informer simplement et sans pub et sans (trop) s&rsquo;énerver (réseaux sociaux, décentralisation, flux RSS et newsletter)</li>



<li>aller plus loin, sans trop se compliquer la vie (DNS, Pi-Hole, VPN, etc.)</li>
</ul>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/gustave/">Gus</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>Tom Verlaine, mort d&#8217;un poète rock</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2023 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Samedi 27 janvier, c&rsquo;était au tour de <strong>Tom Verlaine</strong> de quitter cette vallée de larmes. A 73 ans, après une «&nbsp;courte maladie&nbsp;». Cet homme fut l&rsquo;une de mes idoles et avec son groupe <strong>Television </strong>(lire «&nbsp;Tell a vision&nbsp;»), puis ensuite en solo, il a enchanté mes années lycéennes et bien au-delà. Le moins que je pouvais faire étais de lui rendre un sincère hommage. Né en 1949 dans le New Jersey et grandi à Wilmington dans le Delaware (autrement dit nulle part), Tom Miller se met à la guitare après avoir tâté du piano par injonction familiale puis du saxophone à cause d&rsquo;une grosse fixation sur Stan Getz. C&rsquo;est en entendant <em>19<sup>th</sup>&nbsp;Nervous Breakdown</em> des Rolling Stones qu&rsquo;il connait une épiphanie et qu&rsquo;il décide de se mettre à l&rsquo;instrument qui le définira. Avec son copain de lycée Richard Meyers, il commence à faire du bruit sans savoir vraiment jouer et forme un premier groupe, the Neon Boys, recrutant Billy Ficca, un autre pote du lycée à la batterie. Au début des années 70, ils décampent vite à New York, vivotant tout en bricolant des chansons, s&rsquo;améliorant à leur instrument et griffonnant des poèmes. Car ces deux-là sont férus de poésie française. Miller se rebaptise d&rsquo;ailleurs Verlaine. Meyers, quant à lui, se cisaille les cheveux au sécateur pour ressembler à un portrait d&rsquo;Arthur Rimbaud, inventant un look qui, une fois repéré par Malcolm McLaren fera école en Angleterre. Et s&rsquo;appelle désormais Richard Hell, oui, pour «&nbsp;Une saison en enfer&nbsp;», recueil incontournable du génial poète de Charleville. Goût immodéré pour la poésie qui provoquera la rencontre entre Tom Verlaine et Patti Smith, le premier jouant sur «&nbsp;Horses&nbsp;», premier album de la seconde en 1975, initiant une amitié qui ne faiblira jamais. The Neon Boys deviennent Television quand est recruté le jeune éphèbe Richard Lloyd comme second guitariste, addition qui aura deux conséquences majeures&nbsp;: le rejet total de l&rsquo;héritage blues que Lloyd maîtrise pourtant parfaitement et le départ de Richard Hell qui vit mal le fait d&rsquo;être relégué à la basse et n&rsquo;est pas d&rsquo;accord avec la direction musicale. De plus, autant Verlaine est straight au possible, autant Hell a plongé dans l&rsquo;héroïne comme tant de musiciens à l&rsquo;époque à New-York, les deux amis de galère et de bohème sont alors irréconciliables. Richard Hell formera bien vite les séminaux Heartbreakers avec son «&nbsp;partner in crime&nbsp;» Johnny Thunders, puis les Voidoids, autre satellite de la nébuleuse punk de NYC (on se rappellera du classique millésimé <em>Blank Generation</em>)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="928" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-1200x928.jpg" alt="" class="wp-image-7545" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-1200x928.jpg 1200w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-300x232.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-770x596.jpg 770w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Richard Lloyd, Tom Verlaine, Fred Smith et Billy Ficca, Television en 1978</figcaption></figure>



<p>De la collaboration avec Hell n&rsquo;existe qu&rsquo;un seul témoignage. Une chanson totalement atypique enregistrée sur un simple quatre-pistes, flottante et parsemée d&rsquo;éclairs mélodiques ou bruitistes nommée <em>Little Johnny Jewel</em>, laquelle dépasse très nettement la durée calibrée d&rsquo;un 45 tours. Peu importe, le morceau courra sur les deux faces d&rsquo;un premier single autoproduit et édité par leur manager Terry Ork. On remarque très vite le jeu de guitare très particulier de Tom Verlaine, lyrique à souhait, romantique et agressif à la fois et qui sera sa signature. Sa voix aiguë, parfois étranglée ne ressemble non plus à aucune autre. Tiré à deux-mille exemplaires en 1975, il&nbsp;est épuisé en un temps record et sera une belle carte de visite pour Television, que les maisons de disques veulent alors absolument signer. Le groupe (qui vient d&rsquo;engager Fred Smith, ex-Blondie, à la basse) est une attraction régulière au légendaire club du Bowery le CBGB, aux côtés de Blondie, de Talking Heads et des Ramones, créant involontairement la vague «&nbsp;punk&nbsp;» new-yorkaise, en fait une cohérence sinon ressemblance stylistique et une simultanéité installant un sentiment de «&nbsp;scène&nbsp;», de communauté artistique qui sera sincèrement très solidaire. Le label anglais Island Records dépêche alors Brian Eno à New-York pour réaliser des démos en vue d&rsquo;un premier album. La greffe ne prend pas et Television préfère signer avec Elektra, label de Danny Fields, celui qui avait signé rien moins que les Doors, les Stooges et Love et rentre en studio avec un producteur qui a travaillé avec des groupes de rock des années 60 et 70, le Britannique Andy Johns. Ils voulaient un bon ingénieur du son à l&rsquo;ancienne capable de capturer leur son à la fois simple et puissant. Johns eut l&rsquo;impression de mettre en boîte le Velvet Underground, car Verlaine ne voulait pas d&rsquo;effets de production, juste deux guitares, une basse et une batterie avec une prise de son impeccable. Et «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» est une réussite totale. Si le son est extraordinaire de puissance et de clarté, les performances instrumentales sont géniales. Les savants entrelacs de guitare de Verlaine et Lloyd imposent le respect et traceront le chemin aux Strokes trente ans plus tard. La rythmique est précise avec une batterie très volubile mais jamais surpuissante, ni à-côté. Les solos experts (soit une incongruité totale en cette époque du punk triomphant), alternativement joués par Verlaine et Lloyd sont tous fantastiques, peuvent se permettre la durée et la volubilité sans n&rsquo;être jamais démonstratifs ni hors de propos. L&rsquo;étrangeté de la voix de Tom Verlaine est parfaitement à sa place le long des huit formidables chansons qui composent «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;», formant un ensemble très varié tout en étant parfaitement cohérent. Des brûlots à l&rsquo;énergie et l&rsquo;économie punk mais osant des harmonies pour le moins inattendues font un effet énorme, comme <em>See No Evil </em>qui ouvre l&rsquo;album ou le bien nommé <em>Friction</em>. De merveilleuses chansons pop comme <em>Venus</em> (où Tom Verlaine se voit tomber dans les bras de la Vénus de Milo&#8230;) ou <em>Elevation</em> sont épiques. Television fait preuve d&rsquo;humour avec la rythmique tango du très accrocheur <em>Prove It</em>. <em>Guiding Light</em> et <em>Torn Curtain</em> sont de sublimes ballades. Mais rien ne laissait imaginer le morceau titre, une chevauchée musicale de dix minutes (onze sur la version CD) commençant par un riff de guitare aussi inédit que mémorable (les Strokes, encore eux, sauront s&rsquo;en inspirer&#8230;) affichant tout au long un lyrisme et une flamboyance, un romantisme débridé à l&rsquo;opposé dirons-nous de <em>Bohemian Rhapsody</em>&nbsp;! On ne ressort pas indemne d&rsquo;une telle écoute et bien vite «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» est devenu l&rsquo;un de mes disques de chevet, disque que j&rsquo;écoute encore régulièrement. Les critiques ont adoré (le célèbre critique anglais Nick Kent a qualifié «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» d&rsquo;oeuvre de génie&#8230;) et le public, en tous les cas en Angleterre et en Europe a bien suivi sans que ce soit le carton intégral, mais quoi de plus normal pour une proposition aussi artistique qu&rsquo;intemporelle&#8230; «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;», quarante-cinq plus tard mérite toujours autant sa place dans toute discothèque idéale comme dans mon panthéon personnel.&nbsp;</p>



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<p>«&nbsp;Adventure&nbsp;», sorti l&rsquo;année suivante n&rsquo;a pas réédité l&rsquo;exploit, même si l&rsquo;on y trouve d&rsquo;excellentes chansons comme <em>Days</em>, <em>Foxhole</em>, <em>Ain&rsquo;t That Nothin&rsquo;</em> ou l&rsquo;étrange et envoûtant <em>The Dream&rsquo;s Dream</em> qui clôt l&rsquo;album. Ce second effort, moins surprenant (et bien moins aventureux), moins bien accueilli que le précédent précipite la fin de Television qui se sépare fin 1978. Tom Verlaine se lance directement dans une carrière solo qui sera aussi discrète que brillante. En 1979, il sort un premier album à son nom très prometteur, lors duquel il se permet des expériences et laisse entrevoir un joli sens de l&rsquo;humour. La même année, David Bowie qui travaille à New York sur le futur «&nbsp;Scary Monsters&nbsp;» s&rsquo;entiche de Tom Verlaine et veut absolument travailler avec lui. Les séances ne donneront rien, mais Bowie, convaincu du potentiel de la chanson, reprendra de façon très convaincante <em>Kingdom Come</em>, l&rsquo;une des compositions de l&rsquo;album de Verlaine. En 2002, Bowie invitera Television reformé à jouer lors du festival londonien Meltdown dont il a assuré la programmation. Suivirent «&nbsp;Dreamtime&nbsp;» en 1981, puis les remarquables «&nbsp;World From The Front&nbsp;» l&rsquo;année suivante et «&nbsp;Cover&nbsp;» en 1984, sans doute les sommets de sa carrière solo. «&nbsp;Flash Light&nbsp;» en 1987 et «&nbsp;The Wonder&nbsp;» en 1990 fermeront la série des albums chantés de Tom Verlaine, au succès hélas de plus en plus erratique (le dernier album n&rsquo;est même pas sorti aux Etats-Unis), mais Tom Verlaine n&rsquo;a jamais été homme de compromis. A la surprise générale, Television se reforme en 1992 et sort un album très réussi au nom du groupe avec des titres impeccables comme <em>Calling Mr. Lee</em> ou <em>No Glamour For Willi </em>qui ne cherchent pas à reproduire «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» mais osent aller de l&rsquo;avant. Le groupe se séparera de nouveau après une série de concerts qu&rsquo;on raconte mémorables.&nbsp;</p>



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<p>La suite est plus discrète. Un album instrumental «&nbsp;Warm and Cool&nbsp;» sort la même année, puis Verlaine est appelé pour produire le second album de son grand fan Jeff Buckley, «&nbsp;My Sweetheart, the Drunk&nbsp;» qui sortira de façon posthume après la noyade de la jeune idole de folk rock romantique, en version forcément inachevée. Enfin, on l&rsquo;entend poser un très joli solo, immédiatement reconnaissable sur la chanson de Patti Smith <em>April Fool</em> (dans son album «&nbsp;Banga&nbsp;» en 2012). Tom Verlaine a décidé assez vite de refuser de subir les contraintes inhérentes à la vie de musicien rock, d&rsquo;enregistrement, de promotion, de tournées et a préféré se mettre en retrait de la vie publique, apparaissant de temps en temps en concert, quand il le voulait. La fille de Patti, Jesse Paris Smith qu&rsquo;il considérait comme sa propre fille a annoncé samedi le décès de cet artiste au talent unique, de ce guitariste exceptionnel et influent, de ce vrai poète du rock. Je vais aller fouiller dans mes vinyles pour me repaître de son œuvre, qu&rsquo;on peut légitimement considérer comme magistrale. </p>



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<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>Quand Jeff Beck annexa le jazz rock</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Feb 2023 09:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Sale époque pour les guitaristes cruciaux&#8230; Au début du mois, c&#8217;est Jeff Beck que la grande faucheuse a emporté&#8230; Je ne l&#8217;avais pas écouté depuis la fin de mon adolescence, mais quand j&#8217;ai posé le bras de ma platine sur la face A de « Blow By Blow », sa réinvention en jazz-rock instrumental de 1975 que j&#8217;avais dû acquérir lors de mes années de lycée (J&#8217;étais assez client et étais même allé l&#8217;applaudir en 1979 aux arènes de Fréjus pour un [&#8230;]</p>
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<p>Sale époque pour les guitaristes cruciaux&#8230; Au début du mois, c&rsquo;est<strong> Jeff Beck</strong> que la grande faucheuse a emporté&#8230; Je ne l&rsquo;avais pas écouté depuis la fin de mon adolescence, mais quand j&rsquo;ai posé le bras de ma platine sur la face A de « <strong>Blow By Blow</strong> », sa réinvention en jazz-rock instrumental de 1975 que j&rsquo;avais dû acquérir lors de mes années de lycée (J&rsquo;étais assez client et étais même allé l&rsquo;applaudir en 1979 aux arènes de Fréjus pour un concert avec le bassiste émérite Stanley Clarke et me souviens avoir adoré). Je me suis rendu compte à l&rsquo;écoute que j&rsquo;en connaissais la moindre note par coeur et que j&rsquo;avais bien des raisons d&rsquo;avoir apprécié cette œuvre pourtant située aux antipodes de ce que j &lsquo;écoute aujourd&rsquo;hui, tant chaque note jouée est gorgée d&rsquo;un feeling impressionnant et tant la rythmique est vraiment funky. Jeff Beck à cette époque avait la dégaine de l&#8217;emploi, celle de l&rsquo;impeccable et intemporel guitariste de rock anglais avec Gibson Les Paul au poing et profil de couteau, au point qu&rsquo;il aurait pu faire partie des Stones pour succéder à Mick Taylor mais il a décliné l&rsquo;offre. Pour faire du jazz-rock, mais à sa sauce, il n&rsquo;a sans doute pas eu tort ! Alors n&rsquo;hésitez pas à jeter une oreille sur ces morceaux si groovy qu&rsquo;on ne saurait céder aux seuls et trop sérieux fans de jazz. <em>You Know What I Mean, Constipated Duck</em>, <em>Cause We&rsquo;ve Ended As Lovers</em> ou <em>Thelonius </em>(toutes deux signées Stevie Wonder) ont tout pour figurer dans une playlist idéale. Un géant de la guitare a disparu, sachons le redécouvrir.</p>
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		<title>Chroniques du Levant :   La Palestine (janvier 2017) &#8211; Jour 10</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Nov 2022 09:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CHRONIQUES DU LEVANT]]></category>
		<category><![CDATA[VOYAGE]]></category>
		<category><![CDATA[ISRAEL]]></category>
		<category><![CDATA[LEVANT]]></category>
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		<category><![CDATA[PALESTINE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà le topo. On avait envie de voir la Palestine. De nos propres yeux. On voulait se faire une idée de ce bordel qu’on nous enseigne en classe, qu’on lit dans les journaux, qu’on voit à la télé. On voulait mettre des images sur ces noms qu’on connaît sans les connaître. Jérusalem, Bethléem, Jéricho, Hébron, Naplouse. Ces noms qui peuvent faire rêver, ou bien faire peur, évoquer la lumière divine, les Orients mythiques, mais aussi les Croisades, les jets de [&#8230;]</p>
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<p><em><strong>Voilà le topo. On avait envie de voir la Palestine. De nos propres yeux. On voulait se faire une idée de ce bordel qu’on nous enseigne en classe, qu’on lit dans les journaux, qu’on voit à la télé. On voulait mettre des images sur ces noms qu’on connaît sans les connaître. Jérusalem, Bethléem, Jéricho, Hébron, Naplouse. Ces noms qui peuvent faire rêver, ou bien faire peur, évoquer la lumière divine, les Orients mythiques, mais aussi les Croisades, les jets de pierre, les murs.<br>Et l’occasion était trop belle. Notre pote Aël revenait d’un long voyage depuis la Chine. Il était donc dans le coin, et on s’est donné rendez-vous à Jérusalem, en janvier 2017.</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">13 janvier 2017</h2>



<p class="has-drop-cap">Une bonne journée frontières nous attend. Le programme prévu : service jusqu’à Jéricho sans passer par la case Khamis, service jusqu’à la frontière, passage de frontière israélienne avec fouille rectale, paiement des 177 shekels (50 €) de taxe de sortie du territoire israélien, re-bus jusqu’à la frontière jordanienne, re-bus jusqu’à Amman, et bière.</p>



<p>Alors on se met en route, après avoir dit au revoir à cette sympathique auberge. Passage au <em>Cann Expresso</em> pour petit-dèj’. On espère l’omelette. On arrive trop tôt, et la serveuse n’est pas là. Après avoir dissuadé le jeune stagiaire zélé de l’appeler pour la faire rappliquer plus tôt, on se contente de sympathiques pâtisseries et de trois <em>latte</em>.</p>



<p>Les types des services nous annoncent d’abord qu’il n’y a plus de bus jusqu’à la frontière pour aujourd’hui. On croit d’abord qu’ils nous annoncent que la frontière est fermée, mais il y a malentendu, elle est bien ouverte. Aël nous négocie un service jusqu’à la frontière, ce qui nous évite l’étape Jéricho.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="979" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-8-1200x979.jpg" alt="To Jordanie" class="wp-image-7386" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-8-1200x979.jpg 1200w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-8-300x245.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-8-1536x1253.jpg 1536w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-8-770x628.jpg 770w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-8-1400x1142.jpg 1400w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-8.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure>



<p>Une fois arrivés à ce qu’on pense être la frontière, trois taxis nous tombent dessus pour nous proposer des tarifs criminels pour nous acheminer jusqu’au poste-frontière, qui est à quelques kilomètres. Première banane du trajet. Les tarifs annoncés sont ahurissants, 150 shekels (35 €) pour 2 km. Aël en obtient 70, après les avoir enguirlandés dans son plus bel arabe. Le chauffeur, qui sait qu’on sait qu’il nous met une banane, se fait tout petit.</p>



<p>Arrivée au poste-frontière tant redouté. On a échafaudé tous les scénarios : on colle à la version officielle, Tel-Aviv et compagnie, on a planqué les cartes de visites qu’on nous a données, vidé nos téléphones, etc. Mais de toute façon, nos sacs sont pleins de <em>keffiehs</em> d’Hébron et de savons de Naplouse, donc on est grillés s’ils nous fouillent. Ils nous font non seulement chier pour rentrer, mais aussi pour sortir. Quelle plaie, putain.</p>



<p>Au final, personne ne demande rien, on paye nos 177 shekels et on récupère le petit billet rose qui nous permet de sortir de ce beau pays accueillant. Dans le poste-frontière, des tonnes de Palestiniens font la queue pour passer en Jordanie, soit pour voyager car pas d’aéroports en Cisjordanie, soit pour effectuer certaines démarches administratives.</p>



<p>À la sortie, nouvelle banane&nbsp;: le bus ce qui nous fait traverser le no man’s land militarisé entre les deux frontières. Si on paye en shekels, ce qui est notre cas, la compagnie de bus jordanienne applique son propre taux de change fixe, ce qui nous fait perdre des sous.</p>



<p>À la frontière jordanienne, changement d’ambiance, flics souriants, pas de pression. Peco qui flippait pour obtenir son visa avec son Jordan Pass entre sans problème. Au dernier moment, on nous demande de remplir des formulaires pour que nos passeports ne soient pas tamponnés (une habitude dans la région). Pourquoi ? Parce que le tampon d’entrée sur le territoire jordanien porterait la mention du pont Allenby, qui est une porte d’entrée depuis Israël, ce qui voudrait dire qu’on a séjourné en Israël. Et équivaudrait à un tampon israélien de notre passeport. Donc, problème potentiel pour visiter certains pays arabes.</p>



<p>On récupère nos bagages, qu’on avait dû laisser avant le contrôle des passeports. Ils sont dégueulasses, le mien est plein d’une sorte de cambouis, et sont balancés au bout d’un tapis roulant qui dégueule de valises. La zone est bondée, des familles avec d’énormes valises, des mamas voilées, des enfants qui piaillent. C’est le bordel mais on se sent mieux que chez les zozos d’en face.</p>



<p>Une fois sortis, nouvelle tentative de banane avec le chauffeur du service qui nous réclame 5 JD (prononcer <em>djid’di</em>, la monnaie jordanienne) en sus pour les bagages. On refuse, sachant que personne d’autre ne les a payés. On obtient gain de cause, et un type sangle nos valoches sur le toit du bus. À l’ancienne. Après notre refus de payer, on s’attend à ce que nos sacs soient balancés sur le tarmac, mais que nenni.</p>



<p>Dans le bus, un jeune type me tape la discute en arabe, ce qui me permet de pratiquer. C’est poussif, mais on se comprend. Il me dit qu’il va faire le pèlerinage à la Mecque. Il me montre des photos de sa voiture.</p>



<p>On traverse une énième zone militarisée et on entre dans Amman après une heure de route.</p>



<p>Nouveau taxi jusqu’à notre hôtel, qui n’est pas exactement un taxi mais un service. Alors il nous dépose quelque part dans Wasat el Balad.</p>



<p>Amman est très très étendue, s’est beaucoup développée ces dernières années. Elle est construite sur des montagnes, ce qui lui donne un petit côté Porto, mais arabe. On finit par trouver notre hôtel, le <em>Hamoudeh</em>, situé dans une rue pourrave du centre. Là, nouvelle tentative de banane. On en a ras le bol, surtout Aël qui est au charbon sur tous les coups pour la négoce. Le type nous dit que pour avoir le chauffage, c’est 5 JD (7 €) par nuit en plus du prix de la chambre. On tombe des nues et on peine à comprendre. C’est l’hiver, on meule, et on doit payer en plus pour avoir le chauffage ? Les chambres sont données sans chauffage ? Bref, au final, ont ré-obtient gain de cause et on monte dans notre piaule.</p>



<p>On est éclatés de notre passage de frontière. On a dépensé 250 € pour passer cette putain de frontière ! Entre les services, les taxis, les bus, les taxes de sortie, d’entrée, de chauffage, on a dû cracher 250 boules. On a l’impression de s’être pris banane sur banane, et ce n’est pas qu’une impression.</p>



<p>Après une petite sieste, on sort retirer les sous et on passe voir S, le pote du père d’Aël. Type ultra sympa, accueillant, qui a toujours un énorme sourire et une clope à la bouche. On sort ensuite bouffer un shawarma chébran sur Rainbow Street puis boire un pichet d’Amstel sans bulles dans un autre endroit branchouille. On est bien.</p>



<p>Sur le retour, les rues sont vides, limite glauques, car on est vendredi et tout est fermé. Et on rigole du fait que cette journée n’aura été qu’une énorme escroquerie du début à la fin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Résumé du périple en carte</h3>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="979" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/i-all-1200x979.jpg" alt="" class="wp-image-7395" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/i-all-1200x979.jpg 1200w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/i-all-300x245.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/i-all-1536x1253.jpg 1536w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/i-all-770x628.jpg 770w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/i-all-1400x1142.jpg 1400w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/i-all.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure>



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		<title>Chroniques du Levant :   La Palestine (janvier 2017) &#8211; Jour 9</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Abel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2022 09:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CHRONIQUES DU LEVANT]]></category>
		<category><![CDATA[VOYAGE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voilà le topo. On avait envie de voir la Palestine. De nos propres yeux. On voulait se faire une idée de ce bordel qu’on nous enseigne en classe, qu’on lit dans les journaux, qu’on voit à la télé. On voulait mettre des images sur ces noms qu’on connaît sans les connaître. Jérusalem, Bethléem, Jéricho, Hébron, Naplouse. Ces noms qui peuvent faire rêver, ou bien faire peur, évoquer la lumière divine, les Orients mythiques, mais aussi les Croisades, les jets de [&#8230;]</p>
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<p><em><strong>Voilà le topo. On avait envie de voir la Palestine. De nos propres yeux. On voulait se faire une idée de ce bordel qu’on nous enseigne en classe, qu’on lit dans les journaux, qu’on voit à la télé. On voulait mettre des images sur ces noms qu’on connaît sans les connaître. Jérusalem, Bethléem, Jéricho, Hébron, Naplouse. Ces noms qui peuvent faire rêver, ou bien faire peur, évoquer la lumière divine, les Orients mythiques, mais aussi les Croisades, les jets de pierre, les murs.<br>Et l’occasion était trop belle. Notre pote Aël revenait d’un long voyage depuis la Chine. Il était donc dans le coin, et on s’est donné rendez-vous à Jérusalem, en janvier 2017.</strong></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">12 janvier 2017</h2>



<p class="has-drop-cap">Départ pour Jéricho. Petit-déj’ au <em>Cann Expresso</em> avec stagiaire zélé et serveuse aux petits oignons. On commande trois omelettes aux légumes avec café et jus d’orange en sus. Pour bien que ça tienne au corps durant l’ascension. On se tire direction la gare de services.</p>



<p>Un type nous dirige vers un type qui nous dirige vers un type qui nous emmène à Jéricho. Notre balade part en théorie du centre-ville, mais on peut se faire déposer un peu plus haut sur la route pour atterrir directement dans le joli paysage. On décide de tout se faire à pied et de ne pas se faire avancer en voiture. Mais ça paraît tellement inconcevable au chauffeur qu’on veuille marcher tout ce temps qu’il insiste pour nous poser plus haut. On lui dit que non, on veut marcher, il dit que non, on dit que si, il nous laisse finalement au centre.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="979" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-7-1200x979.jpg" alt="" class="wp-image-7387" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-7-1200x979.jpg 1200w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-7-300x245.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-7-1536x1253.jpg 1536w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-7-770x628.jpg 770w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-7-1400x1142.jpg 1400w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2019/12/j-7.jpg 2000w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /></figure>



<p>Après avoir cherché sans succès le chantier de l’assoc’ de mon amie C, on attaque l’ascension. L’objectif est de descendre dans le Wadi (canyon), de le suivre tout du long jusqu’au monastère Saint Georges et de remonter au sommet. Et c’est ce qu’on fait. Les gorges sont magnifiques, c’est le grand silence, il fait bon, on crapahute dans le lit de la rivière asséchée, sur les rochers. On se croit dans <em>Indiana Jones</em>, dont Peco cherche désespérément la musique (pas le thème principal). On trouve finalement une voie pour sortir du canyon et remonter vers le monastère. Il est fermé, évidemment. Les moines avaient dû prendre des RTT.</p>



<p>Juste à côté, un genre de classe verte de lycée ou d’université fait des barbeucs et fume des chichas en dansant la <em>dabkeh</em>. Ils parlent en laissant des tonnes de merdes partout. On entreprend de gravir le sommet en face. On croise des gros ricains suintants avec des <em>keffiehs</em> blancs et des perches à selfie. Ils suent et prennent des photos, et sont suivis par des ânes qui remorquent leurs corps gras pour remonter jusqu’au parking.</p>



<p>On arrive en haut, on admire la vue, on mange nos dernières noix, on fait sécher nos aisselles, on redescend. On laisse partir les petits Arabes devant, et on attaque le retour, en longeant le canyon par l’autre côté. On surplombe les gorges, c’est vraiment magnifique. On finit par rejoindre la ville et on s’installe au Green Valley, sorte d’oasis qui nous abreuve et nous chichate. On se détend, on discute, on souffle. La chicha est parfaite, tout va pour le mieux.</p>



<div class="wp-block-jetpack-tiled-gallery aligncenter is-style-rectangular"><div class="tiled-gallery__gallery"><div class="tiled-gallery__row"><div class="tiled-gallery__col" style="flex-basis:66.79857%"><figure class="tiled-gallery__item"><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="Wadi Qelt - La ferveur n&#039;attend pas" data-rl_caption="Wadi Qelt - La ferveur n&#039;attend pas" title="Wadi Qelt - La ferveur n&#039;attend pas"><img decoding="async" srcset="https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=600&#038;ssl=1 600w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=900&#038;ssl=1 900w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1200&#038;ssl=1 1200w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1500&#038;ssl=1 1500w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1800&#038;ssl=1 1800w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=2000&#038;ssl=1 2000w" alt="Wadi Qelt (7) La ferveur n'attend pas" data-height="1707" data-id="7506" data-link="https://laculturedelecran.com/?attachment_id=7506" data-url="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg" data-width="2560" src="https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-7-La-ferveur-nattend-pas-1200x800.jpg?ssl=1" data-amp-layout="responsive"/></a></figure></div><div class="tiled-gallery__col" style="flex-basis:33.20143%"><figure class="tiled-gallery__item"><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-5-Le-monasteIre-1200x800.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="Wadi Qelt - Le monastère" data-rl_caption="Wadi Qelt - Le monastère" title="Wadi Qelt - Le monastère"><img decoding="async" srcset="https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-5-Le-monasteI%C2%80re-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=600&#038;ssl=1 600w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-5-Le-monasteI%C2%80re-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=900&#038;ssl=1 900w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-5-Le-monasteI%C2%80re-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1200&#038;ssl=1 1200w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-5-Le-monasteI%C2%80re-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1500&#038;ssl=1 1500w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-5-Le-monasteI%C2%80re-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1800&#038;ssl=1 1800w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-5-Le-monasteI%C2%80re-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=2000&#038;ssl=1 2000w" alt="Wadi Qelt (5) Le monastère" data-height="1707" data-id="7504" data-link="https://laculturedelecran.com/?attachment_id=7504" data-url="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-5-Le-monasteIre-1200x800.jpg" data-width="2560" src="https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-5-Le-monasteI%C2%80re-1200x800.jpg?ssl=1" data-amp-layout="responsive"/></a></figure><figure class="tiled-gallery__item"><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="Wadi Qelt" data-rl_caption="Wadi Qelt" title="Wadi Qelt"><img decoding="async" srcset="https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=600&#038;ssl=1 600w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=900&#038;ssl=1 900w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1200&#038;ssl=1 1200w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1500&#038;ssl=1 1500w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1800&#038;ssl=1 1800w,https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=2000&#038;ssl=1 2000w" alt="Wadi Qelt " data-height="1707" data-id="7503" data-link="https://laculturedelecran.com/?attachment_id=7503" data-url="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg" data-width="2560" src="https://i2.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-4-1200x800.jpg?ssl=1" data-amp-layout="responsive"/></a></figure></div></div><div class="tiled-gallery__row"><div class="tiled-gallery__col" style="flex-basis:33.33333%"><figure class="tiled-gallery__item"><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="Wadi Qelt - Dans les gorges" data-rl_caption="Wadi Qelt - Dans les gorges" title="Wadi Qelt - Dans les gorges"><img decoding="async" srcset="https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=600&#038;ssl=1 600w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=900&#038;ssl=1 900w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1200&#038;ssl=1 1200w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1500&#038;ssl=1 1500w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1800&#038;ssl=1 1800w,https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=2000&#038;ssl=1 2000w" alt="Wadi Qelt (3) Dans les gorges" data-height="1707" data-id="7502" data-link="https://laculturedelecran.com/?attachment_id=7502" data-url="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg" data-width="2560" src="https://i1.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-3-Dans-les-gorges-1200x800.jpg?ssl=1" data-amp-layout="responsive"/></a></figure></div><div class="tiled-gallery__col" style="flex-basis:33.33333%"><figure class="tiled-gallery__item"><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deIsert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="Wadi Qelt - Dans le deÌsert c&#039;est dur pour tout le monde" data-rl_caption="Wadi Qelt - Dans le deÌsert c&#039;est dur pour tout le monde" title="Wadi Qelt - Dans le deÌsert c&#039;est dur pour tout le monde"><img decoding="async" srcset="https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deI%C2%81sert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=600&#038;ssl=1 600w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deI%C2%81sert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=900&#038;ssl=1 900w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deI%C2%81sert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1200&#038;ssl=1 1200w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deI%C2%81sert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1500&#038;ssl=1 1500w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deI%C2%81sert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1800&#038;ssl=1 1800w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deI%C2%81sert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=2000&#038;ssl=1 2000w" alt="Wadi Qelt (2) Dans le deÌsert c'est dur pour tout le monde" data-height="1707" data-id="7500" data-link="https://laculturedelecran.com/?attachment_id=7500" data-url="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deIsert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg" data-width="2560" src="https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-2-Dans-le-deI%C2%81sert-cest-dur-pour-tout-le-monde-1200x800.jpg?ssl=1" data-amp-layout="responsive"/></a></figure></div><div class="tiled-gallery__col" style="flex-basis:33.33333%"><figure class="tiled-gallery__item"><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="Wadi Qelt - Sur la route du Wadi" data-rl_caption="Wadi Qelt - Sur la route du Wadi" title="Wadi Qelt - Sur la route du Wadi"><img decoding="async" srcset="https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=600&#038;ssl=1 600w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=900&#038;ssl=1 900w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1200&#038;ssl=1 1200w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1500&#038;ssl=1 1500w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=1800&#038;ssl=1 1800w,https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg?strip=info&#038;w=2000&#038;ssl=1 2000w" alt="Wadi Qelt (1) Sur la route du Wadi" data-height="1707" data-id="7499" data-link="https://laculturedelecran.com/?attachment_id=7499" data-url="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeIricho-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg" data-width="2560" src="https://i0.wp.com/laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2022/11/JeI%C2%81richo-Wadi-Qelt-1-Sur-la-route-du-Wadi-1200x800.jpg?ssl=1" data-amp-layout="responsive"/></a></figure></div></div></div></div>



<p>On se dit en sortant que cette journée était parfaite, qu’elle ira vite à écrire. C’était sans compter sur les événements qui allaient suivre, et chambouler nos tripes et nos cerveaux pour un bon petit moment.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Salaf, tomates, oignons.</strong></h3>



<p>On se dirige vers la gare des services, bien décidés à se rentrer pépouzes à Ramallah pour 17 shekels.</p>



<p>Au détour d’un rond-point, un type nous aborde, très insistant et trop aimable. <em>Hey guys! Where you going? Ramallah? How much you pay? 17 shekels? Okay, I take you. We find fourth person and we go with my taxi.</em></p>



<p>Petit moment de réflexion, on se tourne tous vers Aël pour validation. En théorie, en voyage, ne jamais accepter une offre qu’on n’a pas sollicitée. C’est la règle que je me suis fixée au gré de mes pérégrinations et des entourloupes. Mais bon, tout bien considéré : le type prend le même tarot qu’un service, il propose de prendre une quatrième personne et donc de partager la course, qu’est-ce qui pourrait clocher ? Il peut juste essayer de nous mettre une banane en nous faisant payer les quatre places alors qu’on n’est que trois, mais au pire ce ne sera pas bien méchant.</p>



<p>On monte. Je ne sens pas du tout le type. Je sens venir la banane, ou le malaise, je ne sais pas quoi mais je le sens. On commence à chercher une quatrième personne, en tout cas il fait mine de chercher. À la gare de services pour Ramallah, personne. Aux rassemblements habituels, personne.</p>



<p>On finit par se garer près d’un arrêt de bus, où un type s’approche de la fenêtre, intéressé par la course. Je remarque tout de suite ses lèvres glabres, signe distinctif des religieux ultra tradis, salafistes. Bon, je me dis, y en a des biens, laissons-lui une chance. Il arrive dans la voiture, Aël lui laisse la place devant car <em>he is a big man</em>, selon notre chauffeur. Nous voilà donc trois Blancs, un chauffeur et un salaf, en route pour Ramallah.</p>



<p>Le chauffeur attaque d’emblée : <em>He wants to talk to you, to the one who speaks Arabic.</em> Aël est tout désigné, il va encore une fois devoir essuyer les plâtres. Le type enchaîne, après deux minutes de trajet : <em>What do you know about Islam?&nbsp;Do you know Al Aqsa Mosque?&nbsp;</em>La mosquée Al-Aqsa à Jérusalem. <em>You’re from France, are there Muslims in France? Mosques?</em></p>



<p>On comprend qu’ils se connaissent. Je dis à P, <em>ça va être long, il commence à lui parler Islam et c’est un gros salaf.</em> A, flairant les questions sensibles évidemment, tente de faire au mieux et botte en touche dès que possible.</p>



<p>Puis d’un coup, je sens le ton du chauffeur se durcir, se faire plus sévère, comme si <em>on passait aux choses sérieuses</em>&nbsp;: <em>Quels prophètes reconnaissez-vous ? Avez-vous lu la bible ? La Torah ? Le Coran ? Adorez-vous Jésus ? Marie ? Que savez-vous de Mahomet ?</em></p>



<p>Chaque question est comme un petit shot d’adrénaline que le mec nous injecte, avec l’impression de subir un interrogatoire dont chaque réponse conditionnerait la suite des événements.<br>C’est officiel : on est morts de trouille. On commence à marquer le cuir, à se crisper, et chaque question du chauffeur en anglais nous rajoute une dose d’angoisse.</p>



<p>Aël officialise la peur : <em>Les gars, là, ça pue.&nbsp;Soyez prêts à tout.</em> Si Aël ne le sent pas, c’est que ça sent vraiment, vraiment pas bon. Pendant ce temps-là, le cheikh Khamis, car c’est son nom, flanqué de son petit bonnet brodé et de ses lèvres glabres, commence à hurler :</p>



<p><em>Allaaaaaah&nbsp;!&nbsp;Allaaaaaah&nbsp;!</em></p>



<p>Et il agite les mains en nous débitant des phrases en arabe, que le chauffeur nous traduit calmement en anglais. <em>Le Coran dit qu’Allah est le seul Dieu et que Mahomet est son prophète.</em></p>



<p><em>Allaaaaaah&nbsp;!&nbsp;Allaaaaaah&nbsp;!</em></p>



<p><em>Le Coran dit que les hommes doivent faire le bien, et n’adorer que Dieu.</em></p>



<p><em>Allaaaaaah&nbsp;!&nbsp;Allaaaaaah&nbsp;!</em></p>



<p><em>Le Coran dit que les hommes ne doivent pas s’intoxiquer, pas faire le sexe, mais se marier.</em></p>



<p><em>Allaaaaaah&nbsp;!&nbsp;Allaaaaaah&nbsp;!</em></p>



<p>Je ne vais pas vous mentir, on se chie dessus. On est en train de vivre les dernières heures de notre vie, c’est une certitude. On a par contre tous une version différente, quant aux modalités de notre mort. Pour vous résumer le topo :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>on est verrouillés dans une voiture avec un salaf et un chauffeur taré.</li>



<li>on est lancés à plus de 100 km/h sur l’autoroute.</li>



<li>on est en Cisjordanie, dans un territoire contrôlé par Israël et avec des check-points réguliers.</li>
</ul>



<p>Voici donc comment chacun imagine notre trépas imminent et certain :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Moi&nbsp;: le chauffeur va nous balancer contre un parapet au son du dernier prêche du cheikh Khamis, pour punir les mécréants que nous sommes et du même coup s’en sortir le cul propre en devenant martyrs.</li>



<li>Peco : ils vont nous braquer au flingue et nous demander de nous convertir ou nous kidnapper direction Mossoul, pour rançon ou Jihad forcé, en devenant Aël el Normandyi, Peco el Tarari et Abel el Lunetti.</li>



<li>Aël : ils vont actionner le détonateur qu’ils ont planqué dans la bagnole au son de la profession de foi musulmane, la <em>Shahada</em>, aujourd’hui malheureusement associée aux kamikazes qui se font péter au nom de Dieu.</li>
</ul>



<p>Dans les trois cas, ça pue.</p>



<p>Aël me demande de checker Google Maps, pour être certains qu’on va bien vers Ramallah. J’ai l’impression que c’est bon. Le cheikh Khamis continue son prêche&nbsp;:</p>



<p><em>Allaaaaaah&nbsp;!&nbsp;Allaaaaaah&nbsp;!</em></p>



<p><em>Aujourd’hui beaucoup de gens se disent Musulmans et ne sont que des fous sanguinaires et des illuminés. Le Coran nous dit, tu ne tueras aucun homme. Tu ne tueras pas de Musulmans, tu ne tueras pas de Chrétiens, tu ne tueras pas de juifs. Daesh, ce ne sont pas des musulmans, ce sont des fous.</em>&nbsp;</p>



<p>Le tout en s’épongeant le front.</p>



<p>À partir de là, je commence doucement à me détendre. Même si on est coincés dans une bagnole lancée à 100 à l’heure avec un type qui hurle <em>Allah Akbar&nbsp;!</em> et qu’on envisage tous assez sérieusement de se jeter hors de la voiture.</p>



<p>Mais je me détends parce que je me dis : un type qui respecte la loi de Dieu à ce point-là et qui vient de m’expliquer (certes en hurlant) qu’un bon musulman ne devrait tuer personne, ne peut pas décemment nous supprimer. Ce serait s’assurer un aller simple pour les flammes de l’enfer.</p>



<p>Donc je me détends, mais léger.</p>



<p>Aël demande à Peco : surveille ses mains, regarde s’il ouvre la boîte à gants. S’il avait fait le moindre geste louche, Aël nous avouera plus tard qu’il était prêt à lui sauter à la gorge. On est tous en mode survie. Le ciboulot qui tourne à 100 % comme quand t’es soûl et qu’il t’arrive une tuile. Ça carbure, là-haut.</p>



<p>Puis soudain, le chauffeur se gare sur le bas-côté, il demande au cheikh Khamis, <em>C’est là que tu descends&nbsp;?</em>&nbsp;&#8211; <em>Ouais, ouais&nbsp;!</em></p>



<p>Aël descend, fait le tour de la voiture, et va pour serrer la main que le barbu lui tend. Dans sa tête, c’est clair, il va se faire péter. S’il entend ne serait-ce que le début de la profession de foi, il lui saute à la gorge pour l’empêcher de déclencher sa ceinture. Ils se serrent la main, et il lui dit avec un grand sourire, <em>Venez loger chez moi ! Je vous montre la mosquée ! Demain vous allez en Jordanie, passez par chez moi, je vous y emmène !</em> Aël refuse poliment, et se fend d’un magnifique, <em>Very nice to meet you.</em> Et quand on sait la trouille de l’espace que le gars nous a foutue, il fallait un sacré sang-froid pour la sortir, celle-là.</p>



<p>Le type s’éloigne, Aël monte devant à sa place, et commence à ouvrir frénétiquement la boîte à gants pour en avoir le cœur net. Là, le chauffeur se met à rire et nous fait, <em>Why scary? Your friend funny, he open the box! Why scary?</em></p>



<p>On est atterrés par sa réaction. Comment cet enfoiré peut-il ne pas voir qu’il nous a collé la trouille de notre vie, qu’on s’est progressivement enfoncés dans nos sièges et qu’on est blancs comme des culs ?<br>Aël lui demande ce que c’était que ça, lui demande ce qui vient de se passer exactement, lui demande qui est ce malade.</p>



<p><em>Lui ? Ah, mais non&nbsp;! Lui, c’est un religieux !</em> (Sans blague.) <em>Il fait souvent ça ! Il adore expliquer l’Islam et le Coran aux gens, il parcourt la région, prêche dans des mosquées, parfois dans des taxis. Mais là, il était trop heureux de voir trois Français, et d’avoir l’opportunité de leur expliquer ce que c’est que l’Islam&nbsp;!</em></p>



<p>OK. De l’excès de zèle, alors. Un surplus d’enthousiasme. Un peu comme un gros berger allemand qui est content de te revoir et qui, n’ayant pas conscience de son poids, te casse trois côtes en te sautant dessus.</p>



<p>Je lui demande s’il fait souvent ça à des touristes, et lui dis que je serais curieux de savoir comment ils réagissent. Il me dit que tout le monde adore ça, et que les gens sont tous ravis d’apprendre des choses qu’ils ignoraient.</p>



<p>Mais bien sûr. Je vous mets au défi de me trouver <em>un</em> occidental, dans le contexte actuel, qui serait <em>ravi </em>de partager un taxi pendant une heure avec un barbu salafiste qui hurle <em>Allah Akbar</em>&nbsp;en vous pointant du doigt.</p>



<p>Et le type continue, comme s’il ne comprenait pas qu’on en a ras le cul de causer religion, qu’on a flippé, qu’on n’a pas envie de ça. Aël lui dit qu’on veut changer de sujet. Et le type lui répond : <em>Okay, we stop talking religion. But just ask yourself where you are. And God can give answers.</em></p>



<p>Après quelques minutes de silence, le type ralentit et s’arrête sur le bas-côté. Un mec monte. Il a pas l’air bien. Du genre franchement abîmé, avec sac plastique-valise en sus. C’est notre nouveau quatrième passager.</p>



<p><a></a> Au bout de quelques questions du chauffeur, on apprend qu’il vient de Gaza. Ah ben super. Il ne manquait plus que ça. Le combo de l’espace. Le chauffeur commence à nous dire qu’il ne lui fera pas payer la course parce qu’il vient de Gaza et qu’il est malade, qu’il vient se faire soigner à l’hôpital de Ramallah, que ses enfants sont malades, que sa femme est morte, que son père est handicapé, que son fils a un pied-bot, que son frère est un homme tronc. Il nous demande à demi-mots si on compte lui donner quelque chose pour l’aider.</p>



<p>Putain mais ça suffit, bordel ! On a encore les fesses qui claquent à cause de l’autre taré, et voilà qu’il veut déjà nous remettre une banane. À n&rsquo;importe quel autre moment, on aurait compati, écouté, sans doute sorti le larfeuille. Mais on reste humains, et parfois on sature. Ça commence vraiment à devenir long. Le Gazaoui se met à pleurer, à prier en arabe. Non mais sans déconner. Le chauffeur nous fait, <em>Now he’s crying.</em></p>



<p>Merci, ducon. Sans blague. Le type décide de nous montrer ses papiers médicaux et son permis de sortie de Gaza. C’est vraiment horrible pour lui, mais on n’en a plus rien à cirer. On veut juste se tirer avant qu’il se mette à genoux en hurlant. On arrive à un check-point, et le chauffeur nous fait : <em>J’espère qu’ils ne vont pas nous contrôler.</em> Ouais, moi aussi j’espère. Un chauffeur probablement affilié au Hamas, un Gazaoui quasi-clandestin et trois blancs-becs, pas du tout suspect comme cargaison. Mais au point où on en est, on se dit que passer une nuit avec Tsahal serait limite sympa.</p>



<p>Heureusement, on passe sans problème. Dernier flip pour Aël quand un pick-up nous barre la route en faisant demi-tour. Il s’imagine déjà enlevé, dans un 4&#215;4 direction Mossoul. Heureusement, le mec tape juste un créneau.</p>



<p>Plus loin, une fois entrés dans Ramallah, j’ouvre la portière pour me tirer, j’en ai ras le cul. Le mec, surpris, dit : <em>Wait! Wait!&nbsp;I go to parking!</em>&nbsp;Il se gare à l’arrache en double file, et on dégage sans demander notre reste (puisqu’il nous avait demandé de payer d’avance, pour régler l’essence, ce qui m’avait déjà paru louche sur le moment).</p>



<p>On s’éloigne vite de la route, et on voit le Gazaoui qui fonce vers nous en courant. Il ne nous voit pas car on a vite déguerpi. Il voulait peut-être nous demander de la thune, et a été pris par surprise quand on a quasiment sauté en marche.</p>



<p>Ça y est, on est sortis. Mais quelle histoire de fous, putain. On prend un service jusqu’au centre, en surveillant nos arrières, et on se barricade dans notre piaule puis sur le toit avec une bière pour décompresser.</p>



<p>On peine à croire ce qui vient de nous arriver. Petit à petit, on s’oriente vers la thèse de la coïncidence&nbsp;: un arnaqueur à la petite semaine veut nous mettre une banane en nous faisant payer la quatrième place, un religieux trop heureux de pouvoir nous éclairer sur la religion hurle des sourates et nous fait un cours express sur la charia, et un Gazaoui cassé vient nous taxer la piécette. Tout ça pourrait paraître un coup monté mais au fond, dans quel but ?</p>



<p>On a tout simplement beaucoup trop flippé, même s’il y avait quand même de quoi. Cette petite aventure n’est que le fruit de la rencontre malheureuse entre nos craintes de Blancs et un excès de zèle, d’enthousiasme. Une grande incompréhension, en somme. Ils nous ont fait peur mais n’ont sans doute pas compris pourquoi.</p>



<p>On descend « chez les filles », C et K, nous prenant déjà pour des habitués que nous n’aurons pas le temps d’être, et on écluse des bières pour digérer cette putain d’histoire de fous.</p>



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