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	<title>RAP &#8226; la Culture de l&#039;Ecran</title>
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		<title>SOTW #237 : I Love You, I Hate You, Little Simz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Feb 2022 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l’heure où le rap est la musique commercialement parlant la plus populaire et où les stars du genre sont devenues les personnalités les plus suivies, dont les frasques sont les plus commentées (pensons à Kanye West ou plus localement à Booba), où la surenchère médiatique les concernant devient tellement caricaturale qu’ils en deviennent insupportables, il est rafraîchissant de tomber au hasard d’une programmation radio sur Little Simz. La jeune Anglaise d’origine nigérianne Simbi Ajiwako possède à vingt-sept ans tous [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p>A l’heure où le rap est la musique commercialement parlant la plus populaire et où les stars du genre sont devenues les personnalités les plus suivies, dont les frasques sont les plus commentées (pensons à Kanye West ou plus localement à Booba), où la surenchère médiatique les concernant devient tellement caricaturale qu’ils en deviennent insupportables, il est rafraîchissant de tomber au hasard d’une programmation radio sur <strong>Little Simz</strong>. La jeune Anglaise d’origine nigérianne Simbi Ajiwako possède à vingt-sept ans tous les atouts pour devenir l’une de ces stars, sauf que sa réserve toute britannique et sa classe naturelle indiscutable ne sauraient lui offrir les premières pages des magazines à scandale… Qu’elle en soit louée.</p>



<p>Je vous avais déjà présenté celle que je tiens comme la meilleure rappeuse du moment. Je l’avais découverte en première partie de Gorillaz (voir <a href="https://laculturedelecran.com/gorillaz-little-simz/">#SHOT</a>) et <em>Selfish</em>, extrait de son excellent second album « <em>GREY Area</em> » a été la <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-190-selfish-little-simz-feat-cleo-sol/">SOTW #190</a>. En 2021, elle est revenue avec un album en technicolor « <em>Sometimes I Might Be Introvert</em> » (on remarquera l’acronyme délicatement nombriliste SIMBI, prénom de la dame).  Titre qu’on peut supposer ironique, tant cet album est extraverti musicalement parlant. Secondée par son fidèle ami et producteur Inflo, Simz a ouvert la porte de son hip hop rêche et organique à des arrangements et orchestrations <em>larger than life</em> qui auraient pu illustrer des péplums ou de comédies musicales de l’âge d’or d’Hollywood, torrents mélodramatiques et cinématographiques de cordes, de chœurs  et de cuivres qui auraient pu figurer dans les disques de soul satinée de Curtis Mayfield ou dans la Philly Soul proto-disco de MFSB ou des O’Jays. Cette luxuriance orchestrale est particulièrement présente dans les interludes entre les chansons de cet album dense et charnu, mais aussi dans la chair des chansons, toutes assez formidables. Pour autant, la rythmique reste sèche et le hip hop de Simz, typiquement britannique même si cette fois-ci les apports reggae et « musiques urbaines » made in the UK sont moins présents,  est toujours urgent, frondeur, sur la brèche. Le flow, plus que jamais impétueux ne s’embarrasse pas de coquetteries et frappe droit et dur. «<em> Sometimes I Might Be Introvert </em>» est enfin d’une grande variété musicale, comme « <em>GREY Area</em> » l’était, mais Simz et Inflo déroulent ici un éventail très large qui embrasse le funk, la soul, le grime (c’est comme ça qu’on appelle ce rap typique d’outre-Manche) mais aussi la pop 80’s (l’intégralement chanté <em>Protect My Energy</em>), l’afrobeat (<em>Point And Kill</em>, en duo avec le chanteur nigérian Obongjayar), voire la pop orchestrale opératique (<em>Miss Understood</em>). Sans parler du tube soul rap <em>Woman</em>, où apparaît la voix flûtée de l’amie Cleo Sol et de la remarquable pièce d’ouverture <em>Introvert</em>, où telles les trompettes de Jéricho les riffs de cuivres dressent un décor de péplum pour laisser place à un délicat motif de guitare folk sur lequel le rap incisif de Simz fait merveille. On notera que si Simz honore toujours le grime avec des morceaux funky et minimalistes (<em>Speed</em> et <em>Rolling Stone</em>, de la balle…), elle ne succombe jamais aux modes américaines, ne touche pas à la trap music, refuse toute utilisation de l’AutoTune et ne gaspille pas son talent en featurings inutiles… N’empêche, « <em>Sometimes I Might Be Introvert</em> » est un album de rap aussi important que le « <em>My Beautiful Dark Twisted Fantasy</em> » de Kanye West, album avec lequel il partage la luxuriance et la grandeur.</p>



<p><strong><em>I Love You, I Hate You</em></strong> est problablement la chanson la plus personnelle d’un disque très incarné, car Little Simz évoque ici ses relations avec sa famille, pas simples apparemment… Sur un sample de voix soul vintage qui scande I Love You, elle répond «&nbsp;<em>Sometimes&nbsp;</em>», I Hate You «&nbsp;<em>Always</em>&nbsp;», I Love You, « <em>Right Now&nbsp;</em>»… Cette chanson fait le pont entre les deux pôles qui caractérisent les arrangements de cet album, entre une rythmique hip hop assez rêche avec une basse vraiment <em>fat</em> et des arrangements luxuriants de cuivres et de cordes avec chœurs funky. Et c’est une vraie réussite, tant l’ensemble est accrocheur. Chanson importante car elle est le prétexte à un court-métrage réalisé par l’artiste… Si avec tout ça Simbi Ajiwako ne devient pas dans le coeur du public la rappeuse la plus essentielle depuis Lauryn Hill, c’est à désespérer&nbsp;!</p>



<p><strong>I</strong> <strong>Love You, I Hate You, le film :</strong></p>



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<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>SOTW #221 : Comerte entera, C. Tangana (ft. Toquinho)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Apr 2021 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>S’échappant des enceintes reliées à la radio, une voix fragile et filtrée susurrant un air suavement mélancolique sur un languide tempo de bossa ont réussi à me transporter vers cette Espagne qui me manque tant depuis quand vous savez. Adepte que je suis de la culture de mon pays de cœur, je n’en goûte pourtant pas vraiment la musique, enfin, la musique rock et pop, surtout quand celle-ci adopte des teintes franchement « latines ». En revanche, j’en apprécie grandement le flamenco [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p>S’échappant des enceintes reliées à la radio, une voix fragile et filtrée susurrant un air suavement mélancolique sur un languide tempo de bossa ont réussi à me transporter vers cette Espagne qui me manque tant depuis quand vous savez. Adepte que je suis de la culture de mon pays de cœur, je n’en goûte pourtant pas vraiment la musique, enfin, la musique rock et pop, surtout quand celle-ci adopte des teintes franchement « latines ». En revanche, j’en apprécie grandement le flamenco et les hybridations aventureuses réalisées par des artistes très novateurs comme Rosalía (voir <em>Pienso En Tu Mirá</em>, <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-170-pienso-en-tu-mira-rosalia/">SOTW #170</a>). Shazam ! L’interprète de la chanson qui m’a transporté vers d’autres rivages s’appelle <strong>C. Tangana</strong> et je n’en avais jamais entendu parler… Et son album « <em>El Madrileño</em> » casse la baraque en ce moment outre-Pyrénées et dans tous les pays hispanophones, dans l’indifférence jusqu’ici totale des voisins que nous sommes… Pourtant, le fait est qu’il y a une vie hors de la sphère pop anglo-saxonne et une chanson telle que <strong><em>Comerte Entera</em></strong> le prouve aisément.</p>



<p>Pas vraiment un nouveau venu qu’Antón Álvarez, madrilène de trente ans qui a déjà eu plusieurs vies. D’abord comme rapper, sous le pseudonyme de Crema. Ce fan des Beastie Boys a été secoué par la première vague rap hispanique et des artistes comme La Mala Rodríguez et balance ses premiers freestyles dès 2005, avant de former le collectif Agorazein. En 2011, celui qu’on surnomme Pucho se rebaptise C. Tangana et rompt avec l’esthétique rap à l’américaine pour adopter un look influencé par l’esthétique gitane suburbaine, intrinsèque à l’Espagne et édite mixtapes et EPs tout en travaillant dans des sandwicheries ou des agences de téléphonie mobile… Il s’inspire alors des nouveaux sons générés par Pharrell Williams, Kanye West et surtout Drake, dont il utilise des instrumentaux. S’exprimant en espagnol,&nbsp;C. Tangana se rapproche inexorablement des musiques urbaines hispaniques. Il signe chez Sony et obtient un hit avec <em>Mala Mujer</em>, chanson de l’été 2017 et numéro un en Espagne et dans la plupart des pays d’Amérique Latine. Il multiplie alors les featurings et collaborations, et travaille comme auteur de textes d’ «&nbsp;<em>El Mal Querer</em>&nbsp;» , le formidable album aux multiples récompenses de sa compagne Rosalía.</p>



<p>C’est d’ailleurs la rupture d’Antón Álvarez avec celle-ci qui inspirera certaines chansons d’ «&nbsp;<em>El Madrileño&nbsp;» , </em>le nouvel album de C. Tangana sorti début 2021, comme <em>Tú Me Dejaste De Querer</em> (tu as cessé de m’aimer), vigoureuse chanson sous forme de mix audacieux de flamenco (avec les participations emblématiques de la chanteuse de nuevo flamenco la Húngara et le prodige de la guitarra flamenca El Niño de Elche), de rumba, de R n’B et de bachata, cette musique festive traditionnelle portoricaine très en vogue dans le monde latino. Carton intégral des deux côtés de l’Atlantique. C. Tangana s’attaque à toutes les formes de musiques du monde hispanique et décide de chanter toutes les chansons au lieu de rapper. Ainsi, les percussions et les cuivres d’une fanfare mexicaine de cortège funèbre ouvre l’étrange et très réussi <em>Demasiadas Mujeres</em>, l’énergique rumba catalane des Gipsy Kings (oui oui, les Camarguais responsables de <em>Bamboleo</em>…) résonne dans <em>Ingobernable</em>. <strong><em>Comerte Entera</em></strong> (te manger toute entière) qui nous intéresse ici, regarde pourtant du côté de Rio de Janeiro en conviant dans l&rsquo;aventure le guitariste brésilien Toquinho. Suave bossa nova où la voix tordue par l’AutoTune (au début seulement) raconte avec crudité la fascination du narrateur pour une passante, et elle n’est pas platonique. La mélodie douce et naïve du couplet rappelle celles que Philippe Katerine troussait à ses débuts quand il abordait la bossa. Le refrain arrive comme une rafale de beats secs ponctuée par le sample d’une autoritaire voix féminine brésilienne et ça frappe très fort, donnant l’envie irrépressible de se remuer dans tous les sens. L’énergie vient clairement du rap mais est transcendée de façon très personnelle. La finesse de la production (discrets sons d’orgue, travail sur les voix et les choeurs, trafiqués ou non, tablas indiens en guise de cajón) laisse une marque indélébile à cette chanson de torpeur estivale et sensuelle. Au même titre que son ex-compagne Rosalía, C. Tangana bouscule la musique latine traditionnelle avec grâce et modernité, sans perdre une once d’authenticité.</p>



<p>En quatorze titres brefs mais intenses, le Madrilène (qui affiche une allure de torero sur la peinture le représentant sur la pochette) empile les collaborations intergénérationnelles prestigieuses pour atteindre son but. Ainsi, on retrouve outre les artistes cités plus haut la star portoricaine José Feliciano (carton international dans les 60’s&nbsp; et 70’s avec ses reprises de tubes pop et son&nbsp;<em>Ché Sara</em>, repris en français par Mike Brant), le chanteur pop espagnol Kiko Veneno (certains sauront très bien de qui je parle…), le rocker argentin Andrés Calamaro ou le guitariste Cubain Eliades Ochoa, membre du Buena Vista Social Club. Tout cela pour atteindre une variété de styles ébouriffante en conservant une unité de ton indiscutable. M’est avis que je vais user ce disque les jours de blues, qui, Jupiter vient de l’annoncer, ne manqueront pas d&rsquo;advenir.</p>



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</div><figcaption>Live acoustique studio et distanciel avec Toquinho</figcaption></figure>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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