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	<title>GARAGE &#8226; la Culture de l&#039;Ecran</title>
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		<title>SOTW #230 : Que calor, The Limiñanas &#038; Laurent Garnier (Ft. Edi Pistolas)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 01 Oct 2021 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette Song Of The Week, et c’est un hasard, honore une fois encore un couple fusionnel et atypique dans le rock. Après Mimi Parker et Alan Sparhawk de Low la semaine dernière, place à mes bien-aimés Lionel et Marie Limiñana, qui, associés à Laurent Garnier, viennent de sortir un road movie musical post-moderne aussi passionnant qu’innovant. « De Película ». Ce qui en espagnol signifie « comme dans un film » ou est une expression exprimant un contentement suprême un brin étonné, comme on [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p>Cette Song Of The Week, et c’est un hasard, honore une fois encore un couple fusionnel et atypique dans le rock. Après Mimi Parker et Alan Sparhawk de Low <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-229-days-like-these-low/">la semaine dernière</a>, place à mes bien-aimés Lionel et Marie Limiñana, qui, associés à Laurent Garnier, viennent de sortir un road movie musical post-moderne aussi passionnant qu’innovant. « <em>De Película </em>». Ce qui en espagnol signifie « comme dans un film » ou est une expression exprimant un contentement suprême un brin étonné, comme on dirait « c’est putain de bien… ».</p>



<p>On a affaire avec ce double LP à un véritable partenariat entre <strong>the Limiñanas et Laurent Garnier</strong>. Le duo de garage rock avait rencontré le DJ le plus emblématique de la scène française (non, ce n’est pas et n’a jamais été le regrettable David Guetta !) grâce à l’invitation de celui-ci pour qu’ils jouent au festival <em>Yeah</em> en 2017, festival co-animé par Garnier dans le Vaucluse où il réside depuis quelques années. Flattés et étonnés, les rockeurs catalans ont été surpris, en conversant avec leur hôte, de partager autant d’obsessions musicales, en premier lieu le <em>krautrock</em> de Can (leur voisin et camarade de jeu Pascal Comelade les y avait initiés), shamans allemands créateurs d’un rock répétitif aux longues structures amenant à la transe. Transe qui est quand même le but suprême recherché par l’électro de Laurent Garnier… Un premier échange artistique eut lieu sous forme d’un remix de <em>Dimanche</em>, l’excellent titre chanté par Bertrand Belin tiré de « <em>Shadow People</em> » (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-145-dimanche-the-liminanas-feat-bertrand-belin/">SOTW #145</a>), suffisamment éloquent pour donner aux deux parties l&rsquo;envie d’écrire ensemble. Les occupations de chacun (engagements pour Garnier, tournée pour les Limiñanas) repoussant ce projet aux calendes. </p>



<p>Il fallut donc un confinement pour que les compères travaillent ensemble mais séparément. Ça n’a pas été un problème, ces grands solitaires travaillant de toute façon seuls chez eux, Garnier dans le Vaucluse et le duo chez eux à Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales (Il paraît que le couple Limiñana enregistre séparément, lui la nuit, elle le jour). Lionel avait écrit un scénario narrant la fuite en avant d’un couple de jeunes gens d’un bled du sud vers la Costa Blanca. Lui (Saul) est un jeune homme timide qui se réfugie dans les disques et les films, elle (Juliette) est une jeune prostituée au passé déjà lourd. Ils tombent fous amoureux et filent à tombeau ouvert vers le danger, les boîtes et la fête et brûleront leurs illusions au passage. Juliette larguera Saul sur l’aire de La Palme, les habitués de la route de l’Espagne reconnaîtront. Histoire haletante, cinématographique en diable, <em>de película</em> en somme. L’album en sera la bande son.</p>



<p>On aurait pu attendre de cette collaboration une embardée psychédélique sur beats techno. Il n’en est rien, Garnier racontant à qui veut l’entendre avoir résisté à la tentation du kick droit surpuissant typique de la techno pour lui préférer un travail en profondeur sur la texture du rock des Limiñanas, à coups de trucages électroniques, de nappes et de rythmes programmés venant gonfler le jeu très mötorik et résolument sans cymbales de Marie. La greffe prend si bien que jamais le rock des Limiñanas n’aura été si dansant. Les instrumentaux psychédéliques enveloppent et emmènent très loin, les morceaux où les narrateurs (Lionel et Laurent Garnier) racontent en un <em>talk-over</em> évidemment gainsbourien (sur le morceau <em>Juliette</em> en particulier, l&rsquo;un des sommets de l&rsquo;album) captivent. Et au beau milieu, deux chansons. <em>Au début c’était le début</em>, magnifique ballade, marque la participation désormais de rigueur sur chacun des projets des Perpignanais de Bertrand Belin, au timbre plus Manset et aux envolées plus Bashung que jamais. <strong><em>Que Calor</em></strong> accueille dans l’univers Limiñanas un ami de Laurent Garnier, le Franco-Chilien Eduardo Henriquez membre des groupes de rock Panico et Nova Materia. Edu, ici rebaptisé Edi Pistolas se présente comme l’ambianceur d’une folle soirée dans une discothèque de plage, quelque part sur la Costa Blanca. D’une voix très incarnée, il décrit comment Juliette met le feu à la piste, transcendée par la musique pendant des heures. L’implacable scansion rythmique avec tambourin autoritaire, les guitares bruitistes, les textures électroniques et le riff de Farfisa à la <em>96 Tears</em> génèrent un mix irrésistible, une sorte de brûlot <em>electro kraut garage</em> qui devrait faire un malheur sur n’importe quelle piste. Hymne bouillant à l’hédonisme («&nbsp;<em>A medida que sube la temperatura del cuerpo, se hace dificil respirar&nbsp;</em>» , à mesure que monte la température du corps, il devient difficile de respirer) qui laisse entrevoir la débauche et les excès.qui devront normalement s&rsquo;ensuivre ! Imparable cocktail.</p>



<p>Ce qui est admirable avec les Limiñanas, c&rsquo;est qu&rsquo;à chaque nouvel album et sans aucunement déroger à leur sacro-sainte doxa musicale et stylistique, ils sont en constante évolution et maintiennent une qualité indiscutable dans toutes leurs créations. Cette osmose parfaitement réussie avec Laurent Garnier les propulse plus loin encore. Les Limiñanas sont un trésor national que le monde entier nous envie. Ne les ratez pas quand ils joueront près de chez vous !</p>



<h4 class="wp-block-heading">Version intégrale pour encore plus de transe :</h4>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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		<title>2020 : Les albums incontournables de l’année</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Feb 2021 08:04:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré l’absence de tournées, de scènes et de festivals, le petit monde de la pédale fuzz ne s’est pas arrêter de tourner. Sans surprises, cette liste non-exhaustive des disques de rock les plus marquants de l’année nous emmène aux quatre coins du globe à la recherche de qui s’est fait de mieux ces derniers mois. Voici donc de quoi voyager auditivement en ces temps de «&#160;presque&#160;» confinement. Quoiqu’il arrive, une chose reste sûre: le rock n’roll est un art qui [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Malgré l’absence de tournées, de scènes et de festivals, le petit monde de la pédale fuzz ne s’est pas arrêter de tourner. Sans surprises, cette liste non-exhaustive des disques de rock les plus marquants de l’année nous emmène aux quatre coins du globe à la recherche de qui s’est fait de mieux ces derniers mois. Voici donc de quoi voyager auditivement en ces temps de «&nbsp;presque&nbsp;» confinement. Quoiqu’il arrive, une chose reste sûre: le rock n’roll est un art qui se joue avec des guitares et à la fin ce sont les Anglais qui gagnent. A vos platines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">10 – «&nbsp;The New Abnormal&nbsp;» | The Strokes |&nbsp;RCA</h2>



<p>Le pari était audacieux. Revenir sur le devant de la scène avec un album solide vingt ans après avoir constitué ce qui reste aujourd’hui la plus grosse hype de ce début de XXIe siècle. Il faut dire que les dernières tentatives de New Yorkais aux jeans cigarettes n’étaient pas vraiment à la hauteur. Puis vint le gimmick mécanique et si reconnaissable de la génialissime «&nbsp;The Adults Are Talking&nbsp;». Ils l’ont fait. Les Strokes ont renoué avec ce qu’ils sont capables de faire de meilleur au moment où on les attendaient le moins. Tout au long de ce sixième opus, le quintet New York emmené par un sublime Julian Casablancas régale. Les guitares mélancoliques et saccadées des excellents Nick Valensi et Albert Hammond Jr tricotent des guirlandes de guitare toujours aussi somptueuses autour des parties de basse chaloupées de Nikolai Fraiture. Frontman charismatique au style inimitable, véritable idole d’une génération de baby rockers nourris au garage rock du début des années 2000, Casablancas a rarement aussi bien chanté («&nbsp;Eternal Summer&nbsp;», «&nbsp;Ode To The Mets&nbsp;»). Ultra plaisant.&nbsp;<br><br>Pour les fans du Velvet Underground, de Converse All Stars et des New York Mets<br><br>Ça sort d’où ? New York, NY, USA<br><br>Pépite :</p>



<p>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">9 – «&nbsp;Ultra Mono&nbsp;» | IDLES |&nbsp;Partisan Records</h2>



<p>On avait quitté IDLES sur un très solide deuxième album et une tournée musclée qui les avait vu mettre le feu à l’Epicerie Moderne de Lyon à l’automne 2018. Le gang de Bristol a encore tapé très fort. Cette troisième galette réinvesti les thèmes de prédilection de la bande à Joe Talbot: à savoir l’Angleterre xénophobe post-Brexit, le consumérisme destructeur ambiant; le quotidien difficile des minorités méprisées, dressant ainsi un portait des plus sombres d’une société britannique profondément malade. Toujours aussi révolté, l’ancien travailleur social au phrasé agressif crache son venin avec extrême justesse («&nbsp;Mr Motivator&nbsp;», «&nbsp;Grounds&nbsp;») pendant que le reste de la troupe martèle un rock noisy, solide et viscéral («&nbsp;A Hymn&nbsp;», «&nbsp;Reigns&nbsp;»). Enregistré aux mythiques studios Abbey Road de Londres, «&nbsp;Ultra Mono&nbsp;» consacre encore un peu plus IDLES. Groupe phare de ces dernières années, le quintet a encore de beaux jours devant lui.<br><br>Pour les fans de rock bodybuildé, de pamphlets politiques et du Labour party<br><br>Ca sort d’où ? Bristol, UK<br><br>Pépite :</p>



<p>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">8 – «&nbsp;925&nbsp;» | Sorry | Domino</h2>



<p>Alors que la moitié des sujets de la Couronne s’extasie sur la vague post-punk musclé qui déferle outre-Manche, le duo londonien Sorry surprend par sa pop pas banale et ce premier album inclassable. Parfois jazzy, souvent mélodieux et rarement policé, «&nbsp;925&nbsp;» fait figure de véritable ovni dans l’actuel paysage musical britannique. Asha Lorenz et Bryan O’Bryen partagent le micro avec une certaine élégance sur des comptines électriques qui ne semblent jamais réellement décoller («&nbsp;In Unison&nbsp;», «&nbsp;Heather&nbsp;»), un peu comme si The Kills avaient abandonné le blues poisseux le temps d’un album expérimental aux accents pops. Patchwork d’anciens singles détonants (la puissante «&nbsp;Right Round The Clock&nbsp;» et son riff de guitare entêtant) et de pépites psychédéliques carrément brumeuses («&nbsp;Snakes&nbsp;», «&nbsp;Rockn’Roll Star&nbsp;» et son saxophone vrombissant), «&nbsp;925&nbsp;»s’invitera sans problème sur vos platines un dimanche de gueule de bois douloureuse.&nbsp;<br><br>Pour les fans de pop loufoque, de mélodies biscornues et de Nick Cave and the Bad Seeds.<br><br>Ca sort d’où ? Londres, UK</p>



<p>Pépite :</p>



<p>Immanquable :&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">7 – «&nbsp;Sideways to New Italy&nbsp;» | Rolling Blackouts Coastal Fever | Sub Pop</h2>



<p>L’Australie continue de fournir parmi les groupes les plus cools du monde. Rolling Blackouts Coastal Fever ne fait pas exception. Cette seconde galette des Aussies constitue une véritable invitation au roadtrip avec ses comptines indie à guitares sans prétention. «&nbsp;Sideways to New Italy&nbsp;» reprend là où «&nbsp;Hope Downs&nbsp;» nous avait laissés deux ans auparavant. Les guirlandes de guitares chargées de reverb du quintet de Melbourne s’entremêlent avec toujours autant d’allure sur un chant planant. Les choeurs aériens («&nbsp;Cars in Space&nbsp;») donnent une ambiance estivale à cet album fort sympathique. Sorte de réincarnation moderne des Byrds, Rolling Blackouts Coastal Fever (qui joue d’ailleurs sur les mêmes Gretsch demi-caisses que leurs idoles des sixties!) nous a concocté les video clips les plus sympas de l’année («&nbsp;The Only One&nbsp;») ainsi que le morceau le plus entêtant de ces douze derniers mois: l’hymne pop ensoleillé «&nbsp;She’s There&nbsp;».<br><br>Pour les fans de pop à guitares, d’amplis Fender et de roadtrip entre potes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ca sort d’où ? Melbourne, Australie</p>



<p>Pépite :</p>



<p><br>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">6 – «&nbsp;Mordechai&nbsp;» | Khruangbin | Dead Oceans</h2>



<p>Après une collaboration réussie avec Leon Bridges sur&nbsp; l’EP «&nbsp;Texas Sun&nbsp;», Khruangbin s’est cette fois paré du chant de sa sublissime bassiste Laura Lee sur cet LP tout frais. Toujours aussi perché, le trio Américain poursuit ses expérimentations sonores en mêlant rock psychédélique des années 1970’s, délires funk thaïlandais et envolées instrumentales progressives. Véritable invitation au voyage, «&nbsp;Mordechai&nbsp;» se moque bien des genres dans une ambiance quasi-cinématographique. En effet, ce cinquième LP des texans adopte des accents carrément dansants sur la funky «&nbsp;Time You and I&nbsp;», latinos avec l’ensorcelante «&nbsp;Pelota&nbsp;», voire soul music sur la très planante «&nbsp;One To Remember&nbsp;». Sous sa ravissante pochette imaginée par Lee herself et l’artiste Nate Utesch, «&nbsp;Mordechai&nbsp;» devrait ravir les aficionados de rock stratosphérique instrumental et les nostalgiques d’envolées de six cordes bourrées d’effets en tout genre.<br><br>Pour les fans du Pink Floyd d’Echoes, de cinéma asiatique et latino de série B et de Krautrock<br><br>Ca sort d’où ? Austin, Texas, USA<br><br>Pépite :</p>



<p>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">5 – «&nbsp;S/T&nbsp;» | Working Men’s Club | Heavenly / Pias</h2>



<p>Logée entre Manchester, Leeds et Sheffield, Todmorden est une bourgade tranquille de 15,000 âmes du Nord de l’Angleterre. La géographie aide parfois à décortiquer les phénomènes musicaux. Il est donc pas surprenant que ce vivier historique de la musique britannique ait engendré ce projet electro-rock complétement réussi. En effet, il est souvent difficile d’échapper à son terroir et à son héritage. Transcendé par des synthés loufoques, des guitares noyées d’écho et des beats bien pensés («&nbsp;John Cooper Clarke&nbsp;»), le son de Working Men’s Club (le nom le plus cool du monde, avouons-le) replonge l’auditeur dans la vague Madchester. Ou comment se croire téléportés sur le dancefloor du mythique club mancunien l’Hacienda à la fin des eighties. A dix-neuf ans, Syd Minski-Sargeant se fait la voix d’une jeunesse british au quotidien rempli d’ennui et de frustration, et par la même occasion, transmet une irrésistible envie de faire la fête («&nbsp;Valleys&nbsp;»). Quand les machines se mettent au service du rock n’roll, on en redemande.&nbsp;</p>



<p>Pour les fans de Manchester United, d’electro rock et de rave party.</p>



<p>Ca sort d’où ? Todmorden, UK</p>



<p>Pépite :</p>



<p>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">4 – «&nbsp;Ultimate Success Today&nbsp;» | Protomartyr | Domino</h2>



<p>Sûrement pas l’album le plus joyeux de l’année. Qu’on se le dise, Protomartyr ne fait pas vraiment dans la gaieté franche et communicative. Post-punk habité, basse lourde qui ronronne, guitares noisy fracassantes, le combo américain pose une atmosphère suffocante et apocalyptique renforcée par le chant monolythique du génial Joe Casey. Ecorché vif sans concessions, le natif de Detroit à la voix caverneuse régale comme jamais. Ce cinquième opus du gang du Motor City culmine sur la très sombre «&nbsp;The Aphorist&nbsp;» ou la stoogienne «&nbsp;Modern Business Hymn&nbsp;» et son garage rock décapant. Mention très spéciale pour «&nbsp;Tranquilizer&nbsp;» et ses envolées de saxophone des plus violentes, sorte de comptine vaudou mêlant gimmicks pesants répétés à l’infini et brutalité extrême. Ténébreux, dépressif et abrasif, «&nbsp;Ultimate Success Today&nbsp;» s’impose comme la bande son la plus fidèle d’une Amérique en pleine crise existentielle.&nbsp;A ne pas mettre entre toutes les mains.</p>



<p>Pour les fans de films noirs, de Bauhaus et de post-punk à la Wire.<br><br>Ca sort d’où ? Detroit, Michigan, USA</p>



<p>Pépite :</p>



<p>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">3 – «&nbsp;A Hero’s Death&nbsp;» | Fontaines DC | Rough Trade, Partisan Records</h2>



<p>Après un premier album complétement dantesque, Fontaines DC a remis ça de plus belle en 2020 avec une opus sombre et introspectif aux accents post-punk assumés. Avec sa gueule de poète irlandais débraillé, sorte de réincarnation juvénile de Ian Curtis et de Liam Gallagher, Grian Chatten beugle sa poésie avec cette touche nonchalante propre aux groupes d’outre-Manche. Entre chaque averses de guitares dopées de reverb, le chanteur au visage encore presque adolescent déverse son spleen avec brio («&nbsp;Televised Mind&nbsp;», «&nbsp;A Hero’s Death&nbsp;») dans un anglais qui sent bon les ruelles moroses de Dublin. Les morceaux s’enchainent avec urgence tout en gardant cette ambiance brumeuse («&nbsp;I Don’t Belong&nbsp;») et électrique («&nbsp;A Lucid Dream&nbsp;», l’excellente «&nbsp;Living in America&nbsp;») qui a le pouvoir de pousser l’auditeur à enchainer les pintes le regard vitreux un après-midi maussade assis au comptoir d’un pub désert.</p>



<p>Pour les fans de whisky tourbé, de The Fall et de James Joyce.&nbsp;</p>



<p>Ca sort d’où ? Dublin, Irlande</p>



<p>Pépite :</p>



<p>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">2 – «&nbsp;Nobody Lives Here Anymore&nbsp;» | Cut Worms | Jagjaguwar</h2>



<p>A l’écoute de ce deuxième album de Cut Worms, on se dit qu’il n’y a pas grand chose de la grisaille de Brooklyn dans ces ballades folk qui sentent bon l’Amérique hippie du début des 1970’s, Pas étonnant, Max Clarke est originaire de l’Ohio, un état plutôt champêtre entre les Appalaches et les Grands Lacs. Nourri à l’Americana, au country rock des pionniers et au folklore rural, le singer-songwriter se distingue par son écriture sophistiquée («&nbsp;Sold My Soul&nbsp;», «&nbsp;Castle In The Clouds&nbsp;») et ses mélodies d’excellente facture («&nbsp;I Don’t Want To Say Goodbye&nbsp;»). Au son des somptueuses «&nbsp;Last Words To A Refugee&nbsp;» et «&nbsp;Always On My Mind&nbsp;», on se dit que George Harrison doit probablement valider les choix artistiques de Cut Worms. Arrangements léchés, comptines pastorales, textes engagés, Father John Misty n’a plus qu’a bien se tenir, on vient de lui trouver un rival de taille (sans la frime, évidemment).</p>



<p>Pour les fans d’Americana, de Crosby Stills Nash &amp; Young et de «&nbsp;la Petite Maison dans la Prairie&nbsp;».&nbsp; &nbsp;</p>



<p>Ca sort d’où ? Brooklyn, New York, USA</p>



<p>Pépite :</p>



<p>Immanquable :</p>



<h2 class="wp-block-heading">1 – «&nbsp;S/T&nbsp;» | Bad Nerves | Killing Moon</h2>



<p>Cela faisait quelques temps que les londoniens de Bad Nerves arrosaient la toile de singles croustillants, façon punk anglais juvénile extrêmement accrocheur. Voici désormais l’album, avec une ouverture électrique des plus inoubliables («&nbsp;Can’t Be Mine&nbsp;») et une déferlante de missiles punk de très très haut vol («&nbsp;Mad Mind&nbsp;», «&nbsp;Palace&nbsp;»). La recette n’est pas nouvelle mais elle fonctionne à merveille: guitares acérées, refrains sucrés scandés à faire chavirer tout un pub un soir de beuverie, et une urgence adolescente qui rappelle parfois le brillantissime Jay Reatard des débuts. Sans fioritures, cette galette est une mine d’or de tubes ravageurs aux tempos ultra-rapides («&nbsp;New Shapes&nbsp;», «&nbsp;Dreaming&nbsp;») et à la fraicheur («&nbsp;Baby Drummer&nbsp;») plus qu’appréciable en ces temps difficiles. Une véritable bombe de power pop hargneuse made in UK qui fait le grand écart entre The Damned et Radioactivity. Ultra puissant.</p>



<p>Pour les fans de punk mélo, des Clash et de garage rock. &nbsp;&nbsp;</p>



<p>Ca sort d’où ? Londres, UK</p>



<p>Pépite :&nbsp;</p>



<p>Immanquable :&nbsp;</p>
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		<title>SOTW #204 : Alive, Hanni El Khatib</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 May 2020 07:30:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SONG OF THE WEEK]]></category>
		<category><![CDATA[CALIFORNIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Brothers and sisters, une chose est sûre. Le confinement ne sied pas à l’activité intellectuelle, et moins encore à tout ce qui relève du créatif. J’avais imaginé entre-autres, au début de cette période de merde (désolé, je n’ai pas d’autre mot), de rédiger chronique après chronique pour la Culture de l’Ecran. J’ai dû revoir très vite mes ambitions à la baisse. Pas que je n’aie pas écouté de musique, bien au contraire j’ai eu tout le loisir de revisiter in [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p>Brothers and sisters, une chose est sûre. Le confinement ne sied pas à l’activité intellectuelle, et moins encore à tout ce qui relève du créatif. J’avais imaginé entre-autres, au début de cette période de merde (désolé, je n’ai pas d’autre mot), de rédiger chronique après chronique pour la Culture de l’Ecran. J’ai dû revoir très vite mes ambitions à la baisse. Pas que je n’aie pas écouté de musique, bien au contraire j’ai eu tout le loisir de revisiter in extenso mon patrimoine de fan (Talking Heads, Christine &amp; the Queens et Otis Redding m’auront bien accompagné) et de creuser plus profondément dans des oeuvres que je méconnaissais (au hasard, celles de Christophe, d’Harry Nilsson ou de French 79, j’y reviendrai). J’ai aussi découvert de bien belles nouveautés, et c’est ce qui m’a toujours et avant tout ému et animé.</p>



<p>Comme ce nouveau single d’<strong>Hanni El Khatib</strong> envoyé en éclaireur d’un cinquième et nouvel album  « <em>FLIGHT</em> », qui sort aujourd’hui même. « <strong>ALIVE</strong> » a un titre parfaitement en contradiction avec la morosité ambiante, gueule sa rage de vivre face à la crise. Cette chanson a bien sûr été composée avant que le virus ne se répande mais sa date de sortie n’aurait pas pu être mieux programmée… Je vous avais présenté ce musicien californien avec « Moonlight » (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-47-moonlight-hanni-el-khatib/">SOTW #47</a>), extrait de l’album éponyme sorti en 2015. D’ascendance palestinienne et philippine, le San-Franciscain de trente-huit ans, skateboarder féru de surf music, de blues, de soul et de rock 60’s a d’abord été designer pour des vêtements streetwear et skate avant de diriger toute son énergie vers la musique. Guitariste et pianiste accompli, il crève l’écran dès « <em>Will The Guns Come Out</em> » son premier album en 2010 remarqué pour son côté néo-vintage et ses compositions garage rock au son lo-fi très marquées par le rockabilly, la surf music et le doo-wop. Son allure impeccable et sa belle gueule le plaçant idéalement comme un rocker aussi crédible que commercialement viable, entre les White Stripes et Jon Spencer. Après avoir enfoncé le clou sous forme d’un second album furieusement rock n’roll mais un tant soit peu trop scolaire produit par le Black Keys Dan Auerbach, il manifeste des envies d’ouverture avec « <em>Moonlight</em> », album où il joue de tous les instruments hormis la batterie, la plupart du temps samplée depuis les parties jouées par le batteur. Musicalement plus diversifié, abordant même et avec quelle réussite la soul proto-disco symphonique avec le fantastique « Two Brothers ». Cette méthode autarcique et pourtant très ouverte est reconduite avec « <em>Savage Times</em> », collection de cinq EP de très haute tenue sortis en 2017.</p>



<p>Totalement affranchi de la bienséance et des diktats « rock », Hanni El Khatib semble avoir accompli une nouvelle mue à l’écoute des trois premières chansons déjà offertes au public et qui précèdent la sortie de « <em>FLIGHT</em> ». Trois morceaux courts et percutants enregistrés en solitaire, recourant cette fois-ci à un bricolage D.I.Y. qui a plus à voir avec le hip hop qu’avec le rock, convoquant l’esprit ludique et inventif du Beck des débuts, celui d’ « <em>Odelay</em> ». Si « STRESSY » installe une tension urbaine haletante, si « DUMB » téléporte le doo-wop vers des étendues electro inquiétantes, « ALIVE » nous tire vers le haut. « <em>I can’t believe I survived</em> » clame t-il sur un tempo primesautier et éminemment dansant, évoquant un accident de voiture auquel il a heureusement survécu. Avec ses flûtes et cuivres électroniques et son beat hip hop, cette ritournelle estivale à la mélodie presque bossa-nova à l’énorme potentiel tubesque devrait servir de cheval de Troie à un album qui promet d’être franchement décoiffant. Le solo de piano jazzy prouve qu’Hanni El Khatib peut faire preuve de sa grande musicalité quand ça lui chante, mais la production brute de décoffrage confirme que le skateur californien a gardé toute son âme punk et garage. On ne peut en tous les cas que louer son esprit aventurier et son refus du surplace. </p>



<h4 class="wp-block-heading">Version studio, avec le (très joli) break au piano absent sur la vidéo (complètement barrée) :</h4>



<figure class="wp-block-embed-youtube wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe class="youtube-player" width="1170" height="659" src="https://www.youtube.com/embed/Iq8RPqjrxzU?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe>
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		<title>Un entretien avec The Pack A.D.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Gus]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Mar 2018 10:54:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CHEZ GUSTAVE]]></category>
		<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[CANADA]]></category>
		<category><![CDATA[GARAGE]]></category>
		<category><![CDATA[INTERVIEW]]></category>
		<category><![CDATA[PSYCHE]]></category>
		<category><![CDATA[PUNK]]></category>
		<category><![CDATA[ROCK]]></category>
		<category><![CDATA[THE PACK A.D.]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Seulement un an après la sortie du très bien reçu Positive Thinking, le duo garage rock féminin The Pack A.D. revient avec Dollhouse, un album engagé, nerveux et sombre mais aussi rempli d&#8217;espoir. Véritable disque rock avec 9 morceaux et moins d&#8217;une demi heure de son, les Canadiennes se lâchent et convoquent toutes leurs influences et expériences pour créer un des albums les plus aboutis de leur carrière. De passage à Paris à l&#8217;occasion du festival Les Femmes s&#8217;en Mêlent, on a [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/gustave/">Gus</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Seulement un an après la sortie du très bien reçu <em>Positive Thinking</em>, le duo garage rock féminin <strong>The Pack A.D.</strong> revient avec <strong><em>Dollhouse</em></strong>, un album engagé, nerveux et sombre mais aussi rempli d&rsquo;espoir. Véritable disque rock avec 9 morceaux et moins d&rsquo;une demi heure de son, les Canadiennes se lâchent et convoquent toutes leurs influences et expériences pour créer un des albums les plus aboutis de leur carrière. De passage à Paris à l&rsquo;occasion du festival <em>Les Femmes s&rsquo;en Mêlent</em>, on a pu les rencontrer et parler de musique, de Trump, du mouvement #metoo, d&rsquo;écologie ou encore de science fiction. Débrief :</p>
<h4><strong>Introducing the band! Comment vous présenteriez-vous aux lecteurs ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Nous sommes un duo garage/rock/psych/pop/punk et nous jouons clairement fort, mais à un « bon » haut volume. Nous ne pouvons pas jouer trop fort de toute façon en France à cause des décibelmètres limités à 102 dB. Donc nous sommes un groupe à 102 dB. (rires)</p>
<h4><strong>Maya, tu es la batteuse et Becky, tu es guitariste, chanteuse. Vous chantez parfois toutes les deux ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Je fais seulement les chœurs, mais c’est très récent. Becky me demandait de me lancer depuis longtemps, mais je n’arrivais pas à jouer et chanter en même temps.</p>
<h4><strong><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_dollhousecovergram.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="" data-rl_caption="" title=""><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignright size-medium wp-image-4253" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_dollhousecovergram-300x300.jpg" alt="THE PACK AD_dollhousecovergram" width="300" height="300" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_dollhousecovergram-300x300.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_dollhousecovergram-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_dollhousecovergram-125x125.jpg 125w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_dollhousecovergram-560x560.jpg 560w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_dollhousecovergram.jpg 900w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a>Vous avez sorti votre album précédent, <em>Positive Thinking</em> (en 2016), un an seulement avant la sortie de ce nouvel opus, <em>Dollhouse</em> (sorti en octobre 2017 en Amérique du Nord). Pourquoi si rapidement ?</strong></h4>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Parce que le monde va tellement vite aujourd’hui, il faut arriver à suivre.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Avec le streaming, Internet, tout le monde a accès à tellement plus de musique qu’avant, la vie d’un album est aujourd’hui beaucoup plus courte. Attendre plus longtemps entre deux sorties n’avait pas vraiment de sens. Et on était inspirées, on avait des chansons, autant les enregistrer !</p>
<h4><strong>Est-ce que vous avez été aussi stimulées par tous les événements </strong><strong>de ces derniers mois, </strong><strong>particulièrement en Amérique du Nord  ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Oui, complétement.</p>
<h4><strong>À ce propos, j’aurais aimé avoir vos pensées à propos de ce qu’il s’est passé dans le monde depuis l’affaire Weinstein, </strong><strong>cet automne</strong><strong>.</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : D’un côté c’est top, parce que des choses se passent, les gens essaient de changer. Je trouve ça positif. On vient du Canada, on est voisin des Etats-Unis et les Etats-Unis sont un endroit très étrange en ce moment. Il y a tous ces groupes de personnes comme la campagne #metoo, qui avancent et croient en une belle idée et de l’autre côté il y a ce nouveau gouvernement qui essaie d’éliminer les droits de tout le monde. C’est assez bizarre.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Ce changement de politique a cassé la confiance entre le peuple et le gouvernement. Les gens prennent directement les choses en main car ils ne croient plus en le gouvernement.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : C&rsquo;est super, mais le côté moins cool c’est que le gouvernement n’arrête pas de cibler les femmes, les enfants, le système de santé, les personnes âgées, etc. Ça rend encore plus important le fait que les gens doivent en parler, continuer à s’exprimer autant que possible.</p>
<h4><strong>Et le festival </strong><em><a href="https://lfsm.net" target="_blank" rel="noopener">Les Femmes s’en Mêlent</a></em><strong> est un bon endroit pour ça ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Oui, complètement.</p>
<h4><strong>À ce sujet, du 15 au 17 mars, vous tournez en France dans le cadre de ce festiva</strong>l av<strong>ec une programmation presque exclusivement féminine, dont les anglaises de <a href="https://geo.itunes.apple.com/fr/album/dream-wife/1295081132?mt=1&amp;app=music" target="_blank" rel="noopener">Dream Wife</a>. Vous êtes excitées ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Carrément, très excitées !</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : On y a déjà joué il y a quelques années, il y a 5 ou 6 ans je crois. Mais oui on est très heureuses d’en refaire partie !</p>
<h4><strong>Faire partie d’un groupe de rock complètement féminin, était-ce plus difficile au début de votre carrière ou maintenant ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Ça a toujours été difficile. On est traité différemment, on est moins bien payé…</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Le rock’n roll est un monde très masculin, le statu quo c&rsquo;est quatre mecs qui jouent de la musique. Comme aujourd’hui le rock ne fait plus les gros titres, les programmateurs ne prennent pas de risque et veulent seulement le groupe « de base » avec seulement des hommes, pas de femme.</p>
<h4><strong>Avez-vous besoin de prouver que vous êtes aussi rock’n’roll que les mecs, voire plus ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Les hommes ont tendance à être surpris quand ils nous voient jouer aussi fort, ils sont un peu…</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : C’est le concept de féminité, on n’est pas censé montrer d’agressivité, mais c’est complètement faux. On peut carrément être agressives ! (rires)</p>
<h4><strong>Il y a d’ailleurs pas mal d’exemples dans le rock de femmes « agressives », comme Joan Jett, Brody Dalle ou encore Courtney Love…</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Mais il y a seulement un nombre réduit de noms auxquels on pense. C’est toujours le problème avec ce genre de musique, c’est comme si seulement un nombre limité de femmes avait le droit de réussir dans le rock. Par exemple, on entend très peu de chanteuses rock à la radio, surtout en Amérique du Nord. La pop ça va, mais tu peux écouter une radio rock pendant des heures sans entendre une seule voix de femme.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Il y a tellement de bons groupes avec des chanteuses et ils ont tous le même problème.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : C’est comme si on ne leur donnait pas l’opportunité de devenir plus gros.</p>
<h4><strong>Vous pensez que ça risque de changer ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Je ne sais pas, j’espère. Mais il y a tellement d’autres choses importantes à changer avant.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Il faut juste garder espoir. Si on se fie à l’Histoire, à chaque fois que des mouvements féministes sont nés et se sont soulevés, ils se sont ensuite fait écraser. Donc si ce qu’on vit aujourd’hui est semblable, ce grand élan va probablement se faire écraser aussi. J’espère que ce n’est pas le cas.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : J’espère que ce coup-ci c’est pour de bon, ça semble assez gros en tout cas.</p>
<h4><strong><a  href="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_IMG_2681_HD.jpg" data-rel="lightbox-gallery-0" data-rl_title="" data-rl_caption="" title=""><img decoding="async" class="alignleft size-medium wp-image-4254" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_IMG_2681_HD-300x300.jpg" alt="THE PACK AD_IMG_2681_HD" width="300" height="300" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_IMG_2681_HD-300x300.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_IMG_2681_HD-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_IMG_2681_HD.jpg 1024w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_IMG_2681_HD-125x125.jpg 125w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2018/03/THE-PACK-AD_IMG_2681_HD-560x560.jpg 560w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></a>En effet, ce mouvement arrive au moment où des lois comme celles contre l’avortement ont le vent en poupe dans certains états des</strong><strong> Etats-Unis, il se passe des choses flippantes.</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : On vit une période très <em>Handmaid’s Tale</em>, c’est dingue. C’est très bizarre d’habiter juste à côté d’eux.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Ça a contribué à lancer le mouvement et malheureusement il faut qu’il se passe des choses horribles pour que le peuple se soulève.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : J’ai l’impression qu’il y a plus d’hommes que ce que l&rsquo;on croit en faveur du concept d&rsquo;égalité homme/femme.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Le monde est plus ou moins divisé en deux parties égales de femmes et d’hommes et si les décideurs et politiciens étaient divisés également de la même façon tout le monde en bénéficierait, plutôt que d’être l’un contre l’autre.</p>
<h4><strong>Je crois qu’il y a même plus de femmes que d’hommes sur Terre. </strong><strong>Vous pourriez prendre le pouvoir !</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : On pourrait, mais on ne ressent pas naturellement l’envie de se battre. Et ça me va comme ça.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : On a juste beaucoup de colère… à l’intérieur.</p>
<h4><strong>Le thème de l’écologie est très présent dans votre dernier album, particulièrement dans la chanson éponyme « Dollhouse ». Est-ce que vous arrivez à être écolo en tournée ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Sur notre rider on demande de l’eau en bonbonne car nous avons nos propres bouteilles en métal, mais on nous distribue toujours plein de bouteilles en plastique. Becky est vegan et de mon côté je suis végétarienne. Je n’arrive pas à être complètement vegan, surtout en France, le pays du fromage ! C’est tellement bon, qu’est-ce que je peux y faire ? Mais sérieusement, oui, c’est dur parce que la grande partie de notre boulot se passe sur la route.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Et dans les avions, qui ont une empreinte carbone terrible. Mais on le fait, on essaie de ne pas trop y penser et de passer outre, parce que sinon on reste à la maison et on ne partage plus notre musique sur scène avec le public.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Je pense que si chacun en faisait un petit peu, ça aiderait énormément. Mais encore une fois, on se retrouve avec nos voisins américains qui clament que le réchauffement climatique n’est pas réel !</p>
<h4><strong>Êtes-vous optimistes par rapport au futur ?</strong></h4>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Nous sommes des personnes très sombres… (rires)</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : On voit toujours le côté obscur de la vie&#8230;</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Je n’ai jamais été optimiste, mais j’essaie d’être réaliste, avec de l’espoir. Il faut de l’espoir, on ne peut pas tout le temps penser que tout va être terrible.</p>
<h4><strong>D&rsquo;ailleurs, j&rsquo;ai lu que vous étiez entrées en studio pour enregistrer <em>Dollhouse</em> avec des pensées plus positives que pour le précédent album. Mais vous avez en fait créé quelque chose d’encore plus <em>dark</em>. C’est lié à tout ça ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Oui, on n’avait pas vraiment l’intention d’aller dans cette direction au départ, mais c’est constamment autour de nous. C’est difficile de faire abstraction.</p>
<h4><strong>La première chanson de l’album « Woke Up Weird » parle de ces mauvaises nouvelles que l&rsquo;on entend au réveil, on en a tous fait l&rsquo;expérience dernièrement&#8230;</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Oui. Par exemple, lorsque Donald Trump s’est fait élire, on était à Paris et j’ai pleuré pendant une heure dans mon lit puis toute la semaine qui a suivi.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : La semaine qui suivait on jouait aux Etats-Unis et je ne voulais plus y aller.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Les gens qui assistaient à nos concerts étaient très tendus et ils venaient nous rencontrer à la fin du show pour s&rsquo;excuser. En général, les gens qui viennent nous voir en concert ne sont pas des fans de Trump. (rires) Ils se sentaient mal et c’est toujours le cas. Tous ceux qui n’ont même que la moitié d’un cerveau ressentent la même chose.</p>
<p><iframe class="youtube-player" width="1170" height="659" src="https://www.youtube.com/embed/9UHUPx29-Es?version=3&#038;rel=1&#038;showsearch=0&#038;showinfo=1&#038;iv_load_policy=1&#038;fs=1&#038;hl=fr-FR&#038;autohide=2&#038;wmode=transparent" allowfullscreen="true" style="border:0;" sandbox="allow-scripts allow-same-origin allow-popups allow-presentation allow-popups-to-escape-sandbox"></iframe></p>
<h4><strong>Votre esthétique provient en grande partie de la science-fiction, quel est votre film favori du genre ?</strong></h4>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Je dirais <em>Blade Runner</em>.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : J’aurais aussi dit <em>Blade Runner</em>, mais sinon je pensais à <em>The Thing</em>, le premier en noir et blanc, très vieux.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Pas la version de John Carpenter ?</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Kurt Russell est un Républicain et supporter de Trump alors je ne peux malheureusement plus regarder celui-là. Du coup je maintiens <em>Blade Runner</em>. Je n&rsquo;ai pas encore vu le deuxième, il parait qu&rsquo;il est bien.</p>
<h4><strong>Et une série TV ?</strong></h4>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Je ne regarde pas trop la télé&#8230;</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : <em>Buffy contre les Vampires</em> ! C’est ma série préférée de tous les temps.</p>
<h4><strong>Quels sont les disques que vous écoutez en ce moment ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Le dernier <em>Mount Kimbie</em>, le nouveau <em>King Krule</em> et <em>James Blake</em>. Et cette fille de Montréal, <em><a href="https://geo.itunes.apple.com/fr/album/a-taller-us/1024511420?mt=1&amp;app=music" target="_blank" rel="noopener">Foxtrott</a></em>.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Je n’écoute de la musique qu’en vinyl chez moi, donc je ne sais pas trop ce qui est sorti ces derniers temps. Mais le dernier truc que j’ai écouté c&rsquo;est le dernier album de <em>La Femme</em>.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : <em>La Femme</em> c’est trop bien ! On les a vus jouer lors d’un showcase français au SXSW il y a quelques années, j’ai acheté tous leurs albums, c’était un super concert.</p>
<h4><strong>Quel est votre meilleur souvenir de tournée en France ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Il y a cette fois où on jouait à Paris et une fille est montée sur scène et a chanté une chanson avec nous !</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Elle s’est excusée ensuite, elle était tellement excitée !</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Elle avait fait un trajet de 4 heures en train pour venir nous voir. Elle venait de Brest ou un truc comme ça, je crois.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Il y a d’autres moments mémorables&#8230; qui le sont parfois un peu moins à cause de l&rsquo;abus d’alcool. Mais les afters de concerts sont toujours de bons moments.</p>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : Comme la dernière fois qu&rsquo;on a joué pour <em>Les Femmes s’en Mêlent</em>, au Divan du Monde. On a traîné avec les autres groupes et les organisateurs du festival après le concert, c’était super.</p>
<h4><strong>Et pour terminer, qu’est-ce que 2018 réserve de beau pour vous ?</strong></h4>
<p><span style="color: #a8170d;"><strong>Maya</strong></span> : On va surtout tourner pour faire la promo de notre dernier album, <em>Dollhouse</em>, on devrait d’ailleurs repasser en France à la fin de l’année.</p>
<p><span style="color: #309866;"><strong>Becky</strong></span> : Encore plein d’autoroutes, d’hôtels et de bars !</p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><strong>The Pack A.D</strong> sera en concert au festival <em><a href="https://lfsm.net" target="_blank" rel="noopener">Les Femmes s’en Mêlent</a></em> du 15 au 17 mars 2018. Détails ci-dessous :</h3>
<p><strong>15/03/2018</strong> : Le Brise Glace, Annecy avec <strong>Peter Kernel</strong> et <strong>La Piétà</strong> / <a href="https://www.facebook.com/events/377534159361355/" target="_blank" rel="noopener">Événement facebook</a> / <a href="https://billetterie.le-brise-glace.com/evenement/15-03-2018-21-00-peter-kernel-the-pack-ad-la-pietà" target="_blank" rel="noopener">Tickets</a><br />
<strong>16/03/2018</strong> : La Machine du Moulin Rouge, Paris avec <strong>Virginie Despentes + Zëro</strong>, <strong>Dream Machine</strong>, <strong>Cata. Pirata</strong> en DJ Set, etc. / <a href="https://www.facebook.com/events/790710904473091/" target="_blank" rel="noopener">Événement facebook</a> / <a href="https://lfsm.net/billetterie" target="_blank" rel="noopener">Tickets</a><br />
<strong>17/03/2018</strong> : Troisième Volume, Vendôme (41) avec <strong>Léonie Pernet</strong> / <a href="https://www.facebook.com/events/2052112398405176/" target="_blank" rel="noopener">Événement facebook</a></p>
<p>Et en tournée dans toute la France <a href="http://www.thepackad.com/live" target="_blank" rel="noopener">jusqu&rsquo;au 30 mars</a>.</p>
<h4><em><strong>Dollhouse</strong></em> est disponible en format physique chez votre disquaire préféré et <a href="http://www.platinumrds.com/fr/album/dollhouse-1" target="_blank" rel="noopener">Platinum Records</a>, et en streaming sur <a href="https://geo.itunes.apple.com/fr/album/dollhouse/1322624454?mt=1&amp;app=music" target="_blank" rel="noopener">Apple Music</a> et Spotify.</h4>
<p><iframe src="https://tools.applemusic.com/embed/v1/album/1322624454?country=fr" width="300px" height="500px" frameborder="0" align="center"><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span><span data-mce-type="bookmark" style="display: inline-block; width: 0px; overflow: hidden; line-height: 0;" class="mce_SELRES_start">﻿</span></iframe></p>
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