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	<title>CHANSON &#8226; la Culture de l&#039;Ecran</title>
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	<title>CHANSON &#8226; la Culture de l&#039;Ecran</title>
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		<title>SOTW #220 : Monde nouveau, Feu! Chatterton</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Mar 2021 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est des chansons qui résonnent très fortement avec leur époque, des chansons visionnaires ayant su anticiper l’air du temps. Monde Nouveau est de celles-ci, ce qui a permis à ce single de Feu! Chatterton d’être partout, sur les ondes, les écrans et dans la tête du public. La pertinence du sujet et la grande justesse du texte n’occultant pas le fait qu’il s’agit avant tout d’une composition pleine de panache et magistralement exécutée, d’ores et déjà l’une des grandes [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il est des chansons qui résonnent très fortement avec leur époque, des chansons visionnaires ayant su anticiper l’air du temps. <strong>Monde Nouveau</strong> est de celles-ci, ce qui a permis à ce single de <strong>Feu! Chatterton</strong> d’être partout, sur les ondes, les écrans et dans la tête du public. La pertinence du sujet et la grande justesse du texte n’occultant pas le fait qu’il s’agit avant tout d’une composition pleine de panache et magistralement exécutée, d’ores et déjà l’une des grandes chansons de l’année.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avais découvert le quintette parisien dont tout le monde parle en ce moment en 2014, assistant à un concert en matinée au Moulin de Brainans, notre vaillante SMAC rurale et jurassienne. Concert qui suivait la sortie d’un premier EP où figurait la fulgurante <em>Malinche</em> (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-30-la-malinche-feu-chatterton/">SOTW #30</a>) qui avait suffi à déclencher ma curiosité. Avec cet étonnant mix de chanson française lettrée et de rythmique electro rock à la LCD Soundsystem, Feu! Chatterton imposait sans forcer une personnalité bien marquée au sein du Landerneau pop français. Formé par des copains de lycée, Feu! Chatterton consistait à ses débuts en quatre musiciens de rock et un «&nbsp;poète&nbsp;» qui déclamait ses textes sur des compositions instrumentales. Arthur Teboul, le charismatique poète en question déclare «&nbsp;aimer la poésie comme on aime les éclairs au chocolat&nbsp;» et n’en fait pas une affaire intellectuelle. Il lui a fallu du temps pour élaguer dans la matière de ses textes pour n’en garder que la quintessence et accepter de les transposer en mélodies, mais le côté poétique de l’entreprise demeure, c’est manifeste dans chacune des chansons que le groupe a éditées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai revu Feu! Chatterton deux fois depuis, dans la même salle de plus en plus remplie (archi-comble la dernière fois) lors des tournées consécutives à deux albums «&nbsp;<em>Ici le jour a tout enseveli</em>&nbsp;» (2015) et «&nbsp;<em>L’oiseleur&nbsp;</em>» (2018) où fut décliné ce style rock littéraire foisonnant et expérimental au niveau des structures, sans toutefois qu’un morceau du calibre de la<em> Malinche</em> n’y apparaisse. Et si le groupe est devenu impérial sur scène, la matière des chansons restait un poil décevante. «&nbsp;<em>Palais d’argile&nbsp;</em>», troisième album qui vient de paraître permet, et avec quelle manière, à Feu! Chatterton d’intégrer le peloton de tête de la pop française au sens large. <em>Monde Nouveau</em> en est l’éclaireur qui ouvre le double LP. «&nbsp;<em>Un monde nouveau, on en rêvait tous, mais que savions-nous faire de nos mains&nbsp;?</em>&nbsp;» interroge Arthur Teboul dans ce texte qui colle tellement à nos questionnements durant la crise actuelle, mais qui fut pourtant écrit avant,&nbsp;abordant les canicules récurrentes, la solitude derrière les écrans et le fait que l’on ne se touche plus… C’est aussi la chanson la plus ouvertement pop qu’aient composé les cinq garçons, réalisée d’une façon presque économe par le producteur et musicien électro Arnaud Rebotini (alias Zend Avesta et compositeur de la brillante B.O. de «&nbsp;<em>120 battements par minute</em>&nbsp;»), avec lequel ils se sont enfermés pendant un mois aux célèbres studios bruxellois ICP. Celui-ci a donné à la musique Feu&nbsp;! Chatterton l’espace qui avait tendance à manquer auparavant. D’où les synthés atmosphériques omniprésents mais c’est une guitare slide, citant de façon très assumée <em>Osez, Joséphine</em> de Bashung, qui fournit le gimmick indispensable à toute grande chanson pop qui se respecte.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Palais d’Argile</em>&nbsp;» est un double album qui rassemble des chansons qui étaient destinées à un spectacle qui devait être joué aux Bouffes du Nord cet automne. Las, la pandémie en a décidé autrement. Cela en fait un concept album qui est censé être écouté du début à la fin, l’ordre des morceaux créant une certaine dramaturgie pas forcément narrative, mais sensorielle. Double album (je parle bien entendu de la version vinyle, n’est-ce pas la seule qui vaille aujourd’hui&nbsp;?) aussi consistant que littéralement duel. Le premier disque est un véritable feu d’artifice enchaînant six morceaux formidables. Ce <em>Monde nouveau</em> liminaire en version plus longue que le single ouvre le chemin à <em>Cristaux liquides</em>, chanson au mid-tempo feutré qui à mi-chemin mute en une machine electro sensible rappelant avec éloquence Hot Chip. Autre réussite qu’<em>Ecran Total</em>, la chanson electro rock et bagarreuse de l’album, évoquant sans coup férir LCD Soundsystem et où Arthur Teboul part à l’assaut avec véhémence. A coup sûr le grand moment des concerts à venir, enfin, quand ils viendront. <em>Avant qu’il n’y ait le monde</em> met un terme à cette frénésie. Adaptation d’un poème de Yeats traduit par Yves Bonnefoy (Feu! Chatterton sacrifie ainsi à une tradition de la chanson française, marchant dans les traces de Ferré), c’est un moment suspendu parfaitement en place, avec cette coda lancinante et très émouvante. <em>Compagnons</em> est une folk song revisitée, une chanson de marins cosmiques aussi entraînante que fédératrice, la feel good song de l’album. La flottante et doucement electro <em>Aux confins</em> clôt avec mélancolie une série pop impériale qui à elle seule fait de «&nbsp;<em>Palais d’Argile</em>&nbsp;» une œuvre majeure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car le second disque est plus âpre, plus enclin aux divagations qui pouvaient nuire au propos des premiers albums, proposant des chansons affranchies des formats (de la miniature folk <em>Panthère</em> à <em>Libre</em>, long morceau prog de dix minutes à la structure mouvante et foisonnante. N’est cependant pas <em>Blackstar</em> qui veut, et on a le droit de trouver <em>Libre</em> indigeste). Pour cette deuxième partie (ce deuxième acte…) tout aussi cohérente stylistiquement que la première, les cinq trentenaires ont clairement eu l’ambition de chasser sur les terres sauvages et escarpées du Bashung de <em>l’Imprudence</em>, privilégiant des chansons volontiers absconses parsemées de violentes illuminations. Et s’ils y sont parvenus, je goûte beaucoup moins cette option que la brillante suite de chansons du premier acte. On ne peut en revanche que louer l’esprit d’aventure et l’exigence artistique qui animent les cinq membres de Feu&nbsp;! Chatterton, propulsés par la grâce de ce troisième album dans l’Olympe du pop rock français.</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>SOTW #215 : L&#8217;éclaircie, Dominique A</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Dec 2020 08:30:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La profonde mélancolie qu&#8217;engendre ce second confinement (qui rime avec cette société où l&#8217;on ne peut que bosser et acheter et bien entendu obéir et fermer sa gueule, cette société sans plaisir, cette société inhumaine, cette société impitoyable) et l&#8217;entrée dans l&#8217;hiver pousse à se retrancher dans des musiques intimes au ton nostalgique, au sein desquelles il fait bon se lover. La voix caressante et mordorée de Dominique A résonne donc avec pertinence en ces temps à la gravité inédite. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">La profonde mélancolie qu&rsquo;engendre ce second confinement (qui rime avec cette société où l&rsquo;on ne peut que bosser et acheter et bien entendu obéir et fermer sa gueule, cette société sans plaisir, cette société inhumaine, cette société impitoyable) et l&rsquo;entrée dans l&rsquo;hiver pousse à se retrancher dans des musiques intimes au ton nostalgique, au sein desquelles il fait bon se lover. La voix caressante et mordorée de <strong>Dominique A</strong> résonne donc avec pertinence en ces temps à la gravité inédite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son nouvel album, le bien nommé « <em>Vie étrange</em> » n&rsquo;était pas prévu. L&rsquo;auteur-composieur et écrivain de nouveau installé à Nantes avait même déclaré vouloir faire un break de trois ans après avoir sorti son solide diptyque « <em>Toute Latitude</em> » et « <em>La Fragilité</em> » en 2018 (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-152-cycle-dominique-a/">SOTW #152</a>). L&rsquo;isolement dû au confinement l&rsquo;a pourtant poussé vers son home-studio, ses guitares, ses synthés et ses machines et il a trouvé pertinent de réunir sans tambour ni trompette ces nouvelles chansons composées et réalisées en solo intégral sur un album, pour le coup d&rsquo;une grande cohérence artistique et thématique. D&rsquo;une tonalité à fleur de peau, la voix souvent murmurée, ces chansons introspectives et atmosphériques permettent toutefois à Dominique A d&rsquo;innover avec des sons inédits, comme cette boîte à rythmes électro à la LCD Soundsystem qui agrémente joliment et avec grande pertinence les très bonnes « A la même place » et « Les éveillés ». Si l&rsquo;économie des arrangements prédomine, on a l&rsquo;impression que le chanteur se livre comme jamais. Dominique A est coutumier des chevauchées solitaires, ayant déjà réalisé bon nombre d&rsquo;albums tout seul (comme l&rsquo;extraordinaire double « <em>La Musique</em> » et « <em>La Matière</em> », sorti en 2009, pour moi son sommet artistique).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette collection de chansons inclut une reprise et celle-ci vient honorer un rendez-vous manqué. Car ce n&rsquo;est pas pour rien que Dominique A a choisi d&rsquo;interpréter « <strong>L&rsquo;éclaircie</strong> » de Marc Seberg, groupe formé à Rennes par Philippe Pascal consécutivement au split acrimonieux de Marquis de Sade en 1982, après la sortie de l&rsquo;excellent « <em>Rue de Siam</em> » et la tournée qui s&rsquo;ensuivit (voir <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-128-wandas-loving-boy-marquis-de-sade/">SOTW #128</a>). Le ténébreux chanteur, figure romantique absolue d&rsquo;un art-rock à la française, avait fortement impressionné le jeune Dominique Ané, de quinze ans son cadet, lequel il y a trente ans jouait dans un « groupe nantais de rock rennais, donc mauvais ». Fan instantané de Marquis de Sade et du magnétisme céleste de Philippe Pascal en particulier, il a suivi la carrière erratique de ce dernier jusqu&rsquo;à l&rsquo;inattendue reformation du mythique groupe rennais en 2017. Les concerts s&rsquo;étaient si bien passés que, hache de guerre enterrée, Marquis de Sade envisageait de rentrer en studio pour enregistrer un troisième album, presque trente ans après. La femme de Pascal, ayant constaté que celui-ci peinait à écrire ses textes et n&rsquo;arrivait à rien de satisfaisant contacta alors Dominique A pour lui proposer « une écriture à quatre mains ». Des mails furent échangés, puis les deux hommes convinrent d&rsquo;un rendez-vous à Rennes pour commencer à travailler ensemble. Las, le 12 septembre 2019, Philippe Pascal était retrouvé sans vie chez lui, la police privilégiant la piste du suicide. Ce rendez-vous tragiquement manqué, ce projet qui avait tellement suscité l&rsquo;enthousiasme de Dominique A, ce dernier (ou plutôt Dominique Ané, son vrai nom et nom de plume) a écrit « <em>Fleurs plantées par Philippe »</em>, récit autobiographique où il raconte sa relation avec Philippe Pascal, ce projet avorté avant d&rsquo;avoir existé et le deuil consécutif à sa disparition, qui correspond également au deuil d&rsquo;une certaine partie de sa jeunesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">II a aussi trouvé pertinent de reprendre « L&rsquo;éclaircie », chanson au titre tellement adapté au moment enténébré que nous vivons tous. Single du second album de Marc Seberg « <em>Le Chant des Terres</em> » sorti en 1985, la chanson était inhabituellement pop. La joliesse de la mélodie et la poésie du texte (Pascal parlait ici d&rsquo;une relation sentimentale, mais le texte peut être transposé de façon universelle) ont certainement tapé dans l&rsquo;oreille de Dominique A, qui en délivre une version très flottante avec guitare acoustique, claviers planants, ambiances atmosphériques et chant au lyrisme retenu. Version admirable qui rend justice à la qualité de la composition et la réhabilite complètement. Car la version originale est difficilement acceptable aujourd&rsquo;hui, à cause de ces tics de production 80&rsquo;s qui l&rsquo;enlaidissent, avec guitares bourrées d&rsquo;écho, caisse claire surpuissante qui écrase tout et gimmicks de synthés au son criard et terriblement démodé qui parviennent à rendre anodine l&rsquo;interprétation pleine de majesté de Philippe Pascal. Entendons-nous, ce genre de production était parfaitement dans l&rsquo;air du temps en 1985, quand même de bons groupes de pop indé et de new-wave succombaient à ces arrangements putassiers. Même Bowie a sorti les pires albums de sa carrière entre 84 et 87 et on se demande après pourquoi j&rsquo;ai du mal avec la grande majorité de la musique des mid-eighties (on sauvera les Smiths, Prince, R.E.M. et the Jesus &amp; Mary Chain)&#8230; Illuminée par la grâce de l&rsquo;interprétation de Dominique A, « L&rsquo;éclaircie » diffuse une lumière bienfaisante qui saura nous réconforter en attendant le vrai retour du soleil.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En voici la version originale&#8230;&nbsp;</p>



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		<title>SOTW #203 : Animaux, Perez</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2020 07:30:10 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Animal solitaire et nyctalope que Julien Perez… Et artiste bien singulier car avec son nouvel album « SUREX », PEREZ s’éloigne avec hardiesse de la pop, pourtant chez lui pas si calibrée que cela pour dessiner des paysages électroniques inédits. Je vous avais présenté le jeune homme avec « Le dernier tube de l’été », méditation électro issue de « Cavernes » , son excellent second album qui fit date en célébrant les noces de la chanson française et de la techno minimale à la berlinoise [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph">Animal solitaire et nyctalope que Julien Perez… Et artiste bien singulier car avec son nouvel album « <em>SUREX</em> », <strong>PEREZ</strong> s’éloigne avec hardiesse de la pop, pourtant chez lui pas si calibrée que cela pour dessiner des paysages électroniques inédits. Je vous avais présenté le jeune homme avec « Le dernier tube de l’été », méditation électro issue de « <em>Cavernes</em> » , son excellent second album qui fit date en célébrant les noces de la chanson française et de la techno minimale à la berlinoise (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-149-le-dernier-tube-de-lete-perez/">SOTW #149</a>). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ce troisième album, Julien Perez a de nouveau fait équipe avec son acolyte bordelais installé à Berlin, le DJ et producteur electro Strip Steve qui l’a co-réalisé et co-arrangé. Toutefois, la paire n’a pas réitéré le climat «&nbsp;Liaisons dangereuses au Berghain&nbsp;» que diffusait «&nbsp;<em>Cavernes</em>&nbsp;» pour inventer un monde de rêve éveillé ou de conscience somnambule, l’électro dure ou minimale revêtant ici des atours plus pop et plus ludiques, sans pour autant revenir à l’electro-pop à la française de belle facture qui caractérisait son premier effort discographique de 2015, «&nbsp;<em>Saltos&nbsp;»</em>. Les histoires très écrites et bien mises en scène des deux premiers albums laissent place à de saillants fragments poétiques, parfois dadaïstes et absurdes. Et le sens plus éclaté des chansons permet à PEREZ de tenter d’autres mélodies vocales, de délaisser à l’envi son timbre grave, de jouer comme jamais avec sa tessiture, osant des aigus saisissants, utilisant sa voix comme une percussion («&nbsp;Allongé sur la plage&nbsp;»), osant la tordre avec des effets («&nbsp;El sueño&nbsp;»). Comme s’il s’était libéré de toute contrainte pour créer, et l’écoute de résultats nécessite pour l’auditeur un certain lâcher-prise pour pouvoir apprécier à leur juste valeur ces flashes aussi mélodiques qu’expérimentaux, cette pop qui n’utilise aucun des artifices qui la caractérisent habituellement. Celui qui est passé avant son aventure en solo par la musique à l’éthique bien balisée qu’est l’indie pop au sein de son groupe Adam Kesher a définitivement pris le maquis, se moquant de passer en un instant du mainstream au pointu et inversement. Et se laisse aller à honorer toutes ses influences, de la bossa nova à la techno minimale en passant par la musique répétitive, le hip hop ou la trap (ici déclinée dans l’étrange et très accrocheuse «&nbsp;Ticket&nbsp;»).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’habillage est aussi singulier, « <em>SUREX</em> », pour surexposition, surexcitation, mais nom qui sonne aussi comme celui d’une drogue de synthèse ou d’un narcoleptique. L’image de PEREZ sur la pochette est un avatar 3D de lui-même aux yeux exorbités, comme saisi par une sensation surpuissante (un cauchemar ?) colle parfaitement à la pop déconstruite et onirique déclinée ici. « <strong>Animaux</strong> », première des treize étranges chansons composant « <em>SUREX</em> » est sans doute la plus évidemment pop tout en étant très audacieuse. On peut douter que les radios s’en emparent, mais quiconque a l’oreille happée par elle ne la lâchera pas de sitôt. Sur une électro douce, planante et dansante à la fois, PEREZ enchaîne brefs couplets et refrain qui brille au milieu de la noirceur, en un un joli condensé techno variété parfaitement pertinent. La chanson parle en bribes de condition humaine et Julien Perez semble en résonance avec la crise actuelle de l’humanité, même si bien entendu il avait écrit ce texte bien avant que celle-ci ne nous tombe dessus… « <em>Et je suis en quête / Je prie avec les bêtes / Ainsi va la vie rapide et inquiète / S’il n’y a pas d’avenir, fais danser les squelettes / On sera tous égaux à la fin de la fête »… </em>Le clip futuriste, parfaitement idoine,  pourrait être un extrait d’un épisode de « <em>Black Mirror</em> ». Julien Perez a, c’est évident, une vie intérieure très riche et son intensité colle parfaitement à nos humeurs du moment.</p>
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