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	<title>THE 1975 &#8226; la Culture de l&#039;Ecran</title>
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		<title>SOTW #205 : If you&#8217;re too shy (Let Me Know), The 1975</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jun 2020 07:30:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Décidément, le cas The 1975 m’intrigue… Je l’avais déjà évoqué en présentant la chanson pop néo-bubblegum « TOOTIMETOOTIMETOOTIME » (SOTW #169) issue du troisième album du groupe mancunien « A Brief Inquiry About Online Relationships ».  Pour mémoire, The 1975 s’est hissé au pinacle de la chose pop et rock outre-Manche et y est aujourd’hui l’un des groupes anglais les plus populaires aux yeux du public tout en étant très respecté par la critique, atteignant ce niveau de notoriété absolue que connaissent Arctic [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Décidément, le cas <strong>The 1975</strong> m’intrigue… Je l’avais déjà évoqué en présentant la chanson pop néo-bubblegum « TOOTIMETOOTIMETOOTIME » (<a href="https://laculturedelecran.com/sotw-169-tootimetootimetootime-the-1975/">SOTW #169</a>) issue du troisième album du groupe mancunien « <em>A Brief Inquiry About Online Relationships</em> ».  Pour mémoire, The 1975 s’est hissé au pinacle de la chose pop et rock outre-Manche et y est aujourd’hui l’un des groupes anglais les plus populaires aux yeux du public tout en étant très respecté par la critique, atteignant ce niveau de notoriété absolue que connaissent Arctic Monkeys pour comparer ce qui est comparable… The 1975 rencontre également un succès tout à fait remarquable aux USA. En France en revanche, tout juste a-t’il récolté quelques lignes assez condescendantes dans les Inrocks et pas une seule dans le reste de la presse spécialisée. Ce phénomène est quand même étrange, quand on sait que les critiques français ont l’art de dérouler le tapis rouge devant des artistes britanniques ou américains on ne peut plus confidentiels chez eux. Snobisme ? Un peu quand même mais il faut croire que the 1975 rassemble tout ce que les journalistes français n’aiment pas dans les groupes anglo-saxons…</p>



<p>Le chanteur et figure de proue Matty Healy n’est pas un personnage discret. Pin-up boy version crevette avec une inénarrable grande gueule limite tête-à-claques et un passé qui ravirait n’importe quel addictologue, il n’est pas homme à donner dans la réserve, quitte à se brûler les ailes avec des coups de force pas forcément très fins sur scène (genre aller rouler une pelle à un spectateur lors d’un concert à Dubai…) ou en se répandant dans des élucubrations souvent délirantes en interview (attention au syndrome Bono !). Le groupe derrière lui ne peut alors paraître qu’effacé. Pourtant, Matty Healy fait preuve d’une certaine vista quand il s’agit de musique, ses idées étant impeccablement traduites en termes de réalisation par le batteur du groupe George Daniel, lequel pourra toujours en cas de crise se reconvertir dans la production tant sa dextérité est manifeste. C’est d’ailleurs grâce à l’alchimie de ce binôme aussi complémentaire que différent que The 1975 est passé du stade de sensation pop emo au grand groupe proteiforme qu’il est aujourd’hui. Et des idées, il y en a pléthore dans le nouvel album sorti fin mai « <em>Notes On A Conditional Form</em> ». A la sortie de l’album précédent en 2018, Matty Healy avait clamé à qui voulait l’entendre que cette suite, qui avait déjà son titre, sortirait six mois plus tard. En fait, deux ans ont passé et il semble alors évident que la confection de « <em>NOACF </em>» n’a pas été si facile. Enregistré dans seize studios différents autour du monde pendant des pauses de tournée, cet album fleuve comptant pas moins de vingt-deux morceaux et durant une heure vingt part dans tous les sens. Le morceau d’ouverture, titré « The 1975 » comme dans chacun de leurs album est une purge atmosphérique encadrant un monologue de Greta Thunberg (Matty Healy est un homme concerné…), heureusement suivi par une embardée punk hardcore que ne renierait pas Fugazi (« People »). S’enchaînent ensuite des instrumentaux orchestraux ou électroniques ambient à la Brian Eno (qui les a d’ailleurs sollicités pour travailler avec eux), des ballades introspectives (« Jesus Christ 2005 God Bless America », rien que le titre fait peur), des chansons pop de premier cru (l’excellente « Frail State Of Mind » et sa rythmique dubstep, la mélancolique et folk « The Birthday Party »), une jolie déclaration d’amour d’Healy à ses musiciens sous forme de ballade pop du meilleur tonneau « Guys », des accents dancehall, des expérimentations synthétiques, des ambiances jazzy… </p>



<p>Le gros morceau de « <em>NOACF</em> », qui vient de se placer au sommet des charts anglais est une incongruité d’une monstrueuse efficacité et qui n’a pas peur de marcher sur la dangereuse crête entre très bon et très mauvais goût. « If You’re Too Shy (Let Me Know) » sonne comme si on avait recréé sous cloche le rock new-wave du début des 80’s dans les années 2020. Retour vers le futur. Après une intro planante où résonnent les vocalises éthérées de la chanteuse FKA Twigs, des accords de guitares noyées dans l’écho rappellent outrageusement un vieux tube de Tears For Fears (« <em>Everybody Wants To Rule The World</em> », l’analogie étant trop évidente pour ne pas être parfaitement calculée) laissent place à un implacable rythme mécanique gouverné par une basse synthé. D’héroïques arrangements, typiques d’une grande chanson de The 1975 (je pense à l’idéale « Love It If We Made It », sommet de l’album précédent) soulignent une mélodie aux gimmicks très accrocheurs (ah ! ce « <em>All The Time</em> » légèrement à contre-temps). Un solo de sax parfaitement ridicule et finalement bien vu clôt l’affaire. Chanson adressée à une fille remarquée sur un réseau social que le narrateur ne rencontrera jamais mais veut imaginer une relation idéale, « If You’re Too Shy » s’accroche à vos méninges irrémédiablement. Je ne parviens pas à déterminer si j’aime ce morceau ou si je le déteste, et c’est assez troublant. Rien que pour ce tour de force, car la chose a été clairement réfléchie, difficile de snober The 1975, combo autrement plus créatif et original que Muse ou Coldplay, qui cartonnent par ici… Je crains donc qu’enfin la France ne finisse par succomber…</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>SOTW #169 : TOOTIMETOOTIMETOOTIME, The 1975</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Dec 2018 10:00:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le lecteur de presse musicale anglo-saxonne fréquentant régulièrement les sites et journaux prestigieux du genre que je suis fut grandement étonné de trouver en tête de moult classements des meilleurs albums et meilleures chansons de l&#8217;année 2018 the 1975. C&#8217;est vrai chez Pitchfork (« Love If We Made It », chanson de l&#8217;année, le site chicagoan hyper-influent plaçant l&#8217;album « A Brief Inquiry About Online Relationships », sorti le 30 novembre, 21ème) et au NME, qui met ce même album au sommet de son traditionnel [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le lecteur de presse musicale anglo-saxonne fréquentant régulièrement les sites et journaux prestigieux du genre que je suis fut grandement étonné de trouver en tête de moult classements des meilleurs albums et meilleures chansons de l&rsquo;année 2018 <strong>the 1975</strong>. C&rsquo;est vrai chez Pitchfork (« Love If We Made It », chanson de l&rsquo;année, le site chicagoan hyper-influent plaçant l&rsquo;album « A Brief Inquiry About Online Relationships », sorti le 30 novembre, 21ème) et au NME, qui met ce même album au sommet de son traditionnel palmarès, devant le « Tranquility Base Hotel + Casino »  d&rsquo;Arctic Monkeys, vous avez bien lu. Une telle unanimité n&rsquo;avait pas été vue dans cette presse depuis&#8230; « OK Computer » de Radiohead peut-être. Pendant ce temps, les Inrocks ignoraient superbement ce groupe britannique, n&rsquo;ayant je crois jamais publié une seule ligne les concernant. Il fallait donc que j&rsquo;enquête&#8230; </p>
<p>Que des groupes et popstars massivement connus aux Etats-Unis et au Royaume-Uni n&rsquo;aient aucun écho en France, c&rsquo;est monnaie courante et souvent justifié. Comment comprendre en effet que des groupes aussi barbants que les folkeux de Mumford and Sons ou les dad rockers Stereophonics connaissent un succès massif là-bas ? En même temps on n&rsquo;a pas à pavoiser quand on déroule le tapis rouge à des never beens comme Charlie Winston chez nous. Alors the 1975 ? J&rsquo;apprends par Wikipédia que ce groupe s&rsquo;est connu et formé au lycée d&rsquo;un patelin du Cheshire en 2002 avant de s&rsquo;installer à Manchester et que leur nom vient d&rsquo;une inscription laissée dans un livre par Jack Kerouac. Fast forward vers 2013 et la sortie d&rsquo;un premier album (« The 1975 ») de pop rock indé assez bien fichue qui cartonne complètement outre Manche venant d&rsquo;un quatuor au look indie vaguement glam avec un chanteur exubérant aux faux airs de Jim Morrison, en taille crevette et tatoué. Ce frontman s&rsquo;appelle Matt Healy et devient immédiatement une star sulfureuse de la pop anglaise. Succès énorme avec tous les excès qui vont avec, dont un flirt poussé avec l&rsquo;héroïne au moment de la sortie d&rsquo;un second album au titre fleuve « I Like You When You Sleep, For You Are Beautiful Yet So Unaware Of It » (<em>je t&rsquo;aime quand tu dors car tu es belle tout en en étant inconsciente</em>) dans lequel le groupe ouvre déjà sa musique classiquement pop rock à de nouvelles influences, comme le rhythm n&rsquo;blues&nbsp; américain et la musique expérimentale. C&rsquo;est un nouveau carton, grâce au single funky « Love ». En 2018, et après un passage par la case détox pour Matt Healy, the 1975 revient sous les feux des projecteurs en balançant des morceaux qui devraient faire partie d&rsquo;un nouveau projet appelé « Music For Cars » qui s&rsquo;affinera en route et deviendra l&rsquo;album « A Brief Inquiry About Online Relationships » (une brève enquête sur les relations en ligne), un autre album du même projet devant suivre dans six mois.&nbsp;</p>
<p>« <strong>TOOTIMETOOTIMETOOTIME</strong> » en est le second single et est un exemple parfait de ce qu&rsquo;est la pop aujourd&rsquo;hui. Hit évident d&rsquo;où les guitares et le rock ont été bannis pour laisser toute la place des éléments plus souvent rencontrés dans le R n&rsquo;B américain d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;où ce beat chaloupé presque caribéen mais électronique, irrésistiblement dansant, forcément redevable aux travaux de Drake, tout comme ces claviers aériens et cette ambiance flottante. Et d&rsquo;où cette massive utilisation d&rsquo;AutoTune et de divers filtres sur la voix, plus façon Kanye West que façon PNL, très heureusement. On peut renâcler devant ce procédé mais l&rsquo;efficacité est maximale, et l&rsquo;on tient avec cette chanson un tube de pop bubblegum d&rsquo;aujourd&rsquo;hui imparable. En tous les cas pour moi ça a marché et je sifflote cet air effervescent toute la sainte journée. Cette chanson accompagne toutefois un texte raccord avec le thème de l&rsquo;album, puisqu&rsquo;il narre une brouille d&rsquo;amoureux suite à la consultation par l&rsquo;un du journal d&rsquo;appels du portable de l&rsquo;autre&#8230; Comme tout tube pop, « TOOTIME&#8230; » peut avoir un côté irritant ou séduire irrémédiablement, voire les deux. Et, hormis dans sa thématique, n&rsquo;est pas du tout révélateur du reste de l&rsquo;album.</p>
<p>« A Brief Inquiry About Online Relationships » est un album aussi dense que varié, présentant des styles très divers et semblant parfaitement maîtrisés. Réalisé par Matt Healy et le batteur George Daniel, enregistré entre Londres et la Californie (où tous les blêmes rock stars britanniques semblent s&rsquo;exiler de nos jours&#8230;), le disque compte des morceaux très rock avec guitares dissonantes (le premier single « Give Yourself A Try »), des expérimentations soniques qui évoquent les dernières créations de Bon Iver ou le Radiohead période « Kid A » (le liminaire « The 1975 » ou l&rsquo;intrigant (et très réussi) « How To Draw/Petrichor »), des ballades dénudées (« Be My Mistake »), des respirations jazzy (« Sincerity Is Scary ») ou soul, un inquiétant récit qu&rsquo;on jurerait émaner d&rsquo;un (bon) épisode de « Black Mirror » (« The Man Who Married A Robot ») et bien sûr l&rsquo;hymne indie imparable qui devrait réconcilier des foules entières, complètement over the top tout en étant vraiment combatif « Love If We Made It ». Ce très bon disque, qui mérite d&rsquo;être apprivoisé est particulièrement long en bouche, et est peut-être un grand disque, le temps le dira.&nbsp;</p>
<p>Le clip (on espère que c&rsquo;est du second degré?) permet à Matthew Healy de démontrer son swag de popstar tout dans la sobriété devant un aréopage de jeunes fans très « United Colors Of Benetton »&#8230;  Une tranche de narcissisme très actuel parfaitement en accord avec ces relations en ligne qui ont inspiré l&rsquo;album.</p>
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