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	<title>ROCK &#8226; la Culture de l&#039;Ecran</title>
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		<title>SOTW #244 : SWEAT, The Sophs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 30 May 2025 09:46:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il aura donc fallu la chanson rock d&#8217;un groupe inconnu au bataillon pour que je replonge dans les affres (et les délices) de la chronique musicale. Ce n&#8217;est rien et c&#8217;est énorme à la fois, car bien que j&#8217;écoute toujours autant de musiques, plus nouvelles qu&#8217;anciennes d&#8217;ailleurs, rien depuis deux ans et demi ne m&#8217;avait motivé à revenir à mon clavier, hormis les décès d&#8217;artistes que j&#8217;avais aimés et immensément respectés. C&#8217;est la lecture d&#8217;une brève sur le fil des [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph">Il aura donc fallu la chanson rock d&rsquo;un groupe inconnu au bataillon pour que je replonge dans les affres (et les délices) de la chronique musicale. Ce n&rsquo;est rien et c&rsquo;est énorme à la fois, car bien que j&rsquo;écoute toujours autant de musiques, plus nouvelles qu&rsquo;anciennes d&rsquo;ailleurs, rien depuis deux ans et demi ne m&rsquo;avait motivé à revenir à mon clavier, hormis les décès d&rsquo;artistes que j&rsquo;avais aimés et immensément respectés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est la lecture d&rsquo;une brève sur le fil des Inrocks qui m&rsquo;a conduit à prêter une oreille à <strong><em>SWEAT</em></strong>, la seule chanson disponible à ce jour d&rsquo;un groupe appelé <strong>the Sophs</strong>. Comme le disaient les Inrocks, le rapprochement avec <a href="/tag/strokes/">the Strokes</a> n&rsquo;est pas fortuit. Après une fausse intro avec boite à rythmes branlante et bruit blanc s&rsquo;installe une rythmique mid tempo tranquille, répétitive mais tendue avec basse ronde, un motif de guitare lancinant et mélodique qui pourrait être joué au synthé, des contrepoints aux claviers et à la guitare acoustique et surtout cette voix cool de crooner juvénile, un peu bancale mais garante d&rsquo;une émotion brute. Tout cela évoque aussi bien <em>Hard to Explain</em>, chef d’œuvre romantique du premier album des Strokes que <em>The Adults are Talking</em> pièce maîtresse ouvrant le dernier effort des New-yorkais « <em>The New Abnormal</em> », construisant ainsi une arche entre 2000 et 2020. Puis, après un passage sans batterie avec chœurs angéliques` qui répondent en falsetto surgit une reprise du refrain comme un coup de boutoir avec la voix étranglée passée à l&rsquo;octave supérieur et des riffs rageurs de guitare saturée, avant une fin brutale, comme si on avait coupé le courant. Ça parle du deuil consécutif à une rupture amoureuse, et c&rsquo;est aussi vital que mélancolique. L&rsquo;essence de la pop, pas moins. « Sweat yourself » est donc une façon plus soft de dire « Go fuck yourself ». L&rsquo;effet, c&rsquo;est un euphémisme, est maximal et cette chanson m&rsquo;obsède littéralement, je me la passe et me la passerai en boucle jusqu&rsquo;à plus soif, et ce ne sera pas pour demain&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quels chemins a t-il fallu emprunter pour savoir quel est ce groupe&nbsp;! C&rsquo;est en se rendant sur leur Instagram qu&rsquo;on en apprend un peu plus. Le chanteur et porte-parole de la bande se nomme Ethan Ramon et il a eu la bonne idée d&rsquo;envoyer une démo de son groupe par mail au label londonien Rough Trade, label dont les patrons Geoff Travis et Jeannette Lee ont, et c&rsquo;est peu dire, des oreilles en or. Rough Trade a été en effet la maison des Smiths avant d&rsquo;être celle de Jarvis Cocker (et dorénavant celle du Pulp ressuscité), de Amyl &amp; the Sniffers, de Sleaford Mods et de Parquet Courts, entre autres. Enfin, ce sont eux qui avaient signé un quintet new-yorkais inconnu sur la foi d&rsquo;une seule écoute de la démo d&rsquo;une chanson en 1999, &nbsp;<em>The Modern Age</em>, premier single des Strokes, et donc paru chez Rough Trade, label sexy par excellence, bien entendu&#8230; Sur le site du label, Travis et Lee avouent avoir été bluffés par la démo qui leur avait été miraculeusement envoyée depuis Los Angeles. Heureuse coïncidence, Jeannette Lee était à LA et est allée se rendre compte du potentiel de the Sophs en allant les voir jouer dans un bar. Son instinct ne l&rsquo;avait pas trompée, le concert corrobora sa première impression. Rough Trade a donc été immédiatement séduit par l&rsquo;honnêteté brutale de the Sophs, leur pensées flamboyantes et l&rsquo;ampleur de leur spectre musical, mêlant créativité et variété. Sans parler de leur côté «&nbsp;Ne me demandez pas de faire joli&nbsp;». Donc attendons-nous pour la suite à du pop-punk pénétrant, du funk incandescent et à un «&nbsp;sprachgesang&nbsp;» porté par la voix décidément séduisante d&rsquo;Ethan Ramon, lequel clame vouloir voler, plagier et emprunter, pour qu&rsquo;à la fin sa musique sonne d&rsquo;une façon incroyable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand on y pense, à l&rsquo;heure des enregistrements dans sa chambre et des notoriétés gonflées sur les réseaux sociaux, the Sophs vivent un conte de fées à l&rsquo;ancienne. Avec voyage à Londres pour la signature du contrat, séance de photos pour illustrer la pochette du single et tournage d&rsquo;un clip déjà culte. Une première tournée suivra, sur la côte ouest US, à New York puis pour quelques dates européennes (dont celle au <a href="https://dice.fm/event/dk9exv-the-sophs-8th-sep-supersonic-records-paris-tickets">Supersonic à Paris le 8 septembre</a>). Ce genre d&rsquo;histoire n&rsquo;a pas été racontée depuis&#8230; the Strokes ou Arctic Monkeys. Alors peut-être délire t-on en imaginant un destin stellaire à ces six garçons californiens, mais l&rsquo;aventure de the Sophs est si sexy et finalement si atypique aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;on a hâte d&rsquo;en découvrir la suite !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>The Von Bondies : la touche glam de Detroit</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 13:18:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IN CASE YOU'VE MISSED IT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ça sortait d’où ? Detroit, Etats-Unis C’était quoi&#160;? L’effervescence dont s’empara la jeunesse branchée de Londres, New York et Paris doit beaucoup au Motor City. Comme au plus fort des sixties, Detroit a contribué une nouvelle fois à remettre le rock n’roll en haut de l&#8217;affiche. La cité industrielle du Michigan a toujours été une terre fertile pour les musiciens. Alice Cooper, Iggy Pop, le MC5, et&#8230; Jack White. C’est grâce à ce dernier que les Von Bondies sortirent de [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><strong>Ç</strong>a sortait d’où ? </strong>Detroit, Etats-Unis</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’était quoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’effervescence dont s’empara la jeunesse branchée de Londres, New York et Paris doit beaucoup au Motor City. Comme au plus fort des sixties, Detroit a contribué une nouvelle fois à remettre le rock n’roll en haut de l&rsquo;affiche. La cité industrielle du Michigan a toujours été une terre fertile pour les musiciens. Alice Cooper, Iggy Pop, le MC5, et&#8230; Jack White. C’est grâce à ce dernier que les Von Bondies sortirent de l’anonymat en produisant le premier opus du groupe, « Lack of Communication », en 2002. Ce dernier, co-produit par Jim Diamond des excellents Dirtbombs attira l’attention de la presse musicale, en particulier au Royaume-Uni, comme en témoigne leur passage sur le plateau de l’émission Later présentée par l’animateur légendaire Jools Holland et diffusée sur la BBC. Après plusieurs tournées et un line-up re-magné, le combo du Michigan pu compter sur le glamour de la bassiste Smith Yasmin et de la guitariste Marcie Bolen pour défendre le somptueux « Pawn Shoppe Heart », sorti en 2004 chez Sire Records. Avec son garage rock puissant et carrément sexy, le quatuor américain s’imposa comme un des groupes phares de la scène de Detroit du début des 2000’s. Catchy, brutal, l’album rendait hommage aux groupes à guitare des années 1960 avec une touche de glam rock déjanté et quelques pépites sublimées par la voix rauque de leur frontman Jason Stollsteimer. Ce dernier défraya la chronique lorsque son ex-producteur et leader des White Stripes lui démolit la figure lors d’une rixe improvisée dans une salle de concert de leur ville natale. On joue pas à celui qui pisse le plus loin avec une légende locale, tout simplement. Une fois la hype du single « C’mon C’mon » passée et une prestation mémorable au festival de Glastonbury, les Von Bondies tombèrent dans l’anonymat le plus complet et ce, malgré la sortie de deux albums à la fin de la décennie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une galette&nbsp;: </strong>Pawn Shoppe Heart &#8211; <em>Sire Records </em>(2004)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="300" height="300" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart.jpg" alt="" class="wp-image-7636" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-120x120.jpg 120w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-240x240.jpg 240w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/03/Pawnshoppeheart-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le ton est donné dès l’intro de « No Regrets ». Derrière la batterie martiale de Don Blum et un déluge de guitares vrombissantes, Jason Stollsteimer annonce la couleur. Un brin crâneur, le chanteur-guitariste croone avec un certain brio. Les chœurs assurés par les deux membres féminins relèvent la majorité de titres : « Tell Me What You See », « Crawl Through The Darkness » ou la très glam « Not That Social ». La touche féminine donne un côté pop bubblegum extrêmement rafraichissant qui vient enrober une déferlante de distortion et de tempos survitaminés. Le garage rock sexy aux accents punks des Von Bondies sait aussi ralentir la cadence par moment, comme le montre le slow blues « Mairhead», hommage complétement assumé aux Doors de Jim Morrison. La fin de l’album est brutale. Sur le titre éponyme du disque, Stollsteimer nous déchire les tympans avec un slow blues aussi tourmenté qu&rsquo;inoubliable qui vient clore le disque de la meilleure des manières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un hit en deux lignes :&nbsp;</strong>«&nbsp;C&rsquo;mon C&rsquo;mon&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si Seven Nation Army n&rsquo;avait pas été reprise en chœur par des millions de spectateurs de football en transe, ce single à l&rsquo;efficacité toute redoutable avait tout pour être le meilleur titre rock n&rsquo;roll sorti de Detroit depuis Kick Out The Jams.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La pépite à (re) découvrir&nbsp;: </strong>«&nbsp;Lack of Communication&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>The Coral: La bande la plus sympathique du Royaume</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Feb 2024 15:50:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IN CASE YOU'VE MISSED IT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ça sortait d’où ? Liverpool, Royaume-Uni C’était quoi&#160;? Avec leurs homologues The Zutons, le quintet participa à remettre Liverpool au premier plan de l’avant-garde musicale anglaise. La cité portuaire fut souvent mise de côté. On lui préféra longtemps sa rivale Manchester, située à quelques dizaines de kilomètres au bout du canal qui la relie à la mer d’Irlande. Au début des 2000&#8217;s, The Coral marqua surtout les esprits grâce à son tube « Dreaming of You », hymne adolescent aux accents ska fortement [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ça sortait d’où ?</strong> Liverpool, Royaume-Uni</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’était quoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec leurs homologues The Zutons, le quintet participa à remettre Liverpool au premier plan de l’avant-garde musicale anglaise. La cité portuaire fut souvent mise de côté. On lui préféra longtemps sa rivale Manchester, située à quelques dizaines de kilomètres au bout du canal qui la relie à la mer d’Irlande. Au début des 2000&rsquo;s, The Coral marqua surtout les esprits grâce à son tube « Dreaming of You », hymne adolescent aux accents ska fortement inspiré par The Specials, icônes du genre. Si c’est ce hit plein d&rsquo;entrain qui leur permis d’accompagner le Black Rebel Motorcycle Club en tournée en Angleterre quelques mois après la sortie de leur premier album, c’est en 2002 que les Scousers s’installèrent parmi les groupes les plus percutants du moment. « Magic and Medicine », second opus de The Coral, recèle en effet de pépites pop teintées de folk, de country et de rock psychédélique. La joyeuse troupe emmenée par le chanteur guitariste James Skelly rafraichit le paysage musical britannique l&rsquo;espace de deux étés. Les choses prirent une autre tournure au milieu de la décennie avec la sortie de l’EP « Nightfreak and the Sons of Becker », enclenchant le déclin progressif des Scousers. Loufoque, bancal, parfois génial, le groupe perdit le cap en multipliant les albums pas toujours aboutis. Souvent inspirés, rarement percutants, The Coral continua tout de même son bout de chemin en essayant de raviver la flamme des Zombies, Kinks et autres Byrds. Toujours actifs de nos jours, les Anglais ont enregistré douze albums assez inégaux dont la majorité est passée assez inaperçue. Capables de surprendre (comme par exemple sur le délicieux single « Wild Bird » de 2023 et son côté cowboy), The Coral reste une des formations les plus sympathiques et polyvalentes d’outre-Manche.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une galette&nbsp;:</strong> Magic and Medicine &#8211; <em>Epic</em> (2002)</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full is-resized"><img decoding="async" width="300" height="300" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine.jpg" alt="" class="wp-image-7620" style="object-fit:cover;width:300px;height:300px" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-120x120.jpg 120w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-240x240.jpg 240w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/TheCoralMagicandMedicine-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 300px) 100vw, 300px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Il y a encore des réminiscences de la Britpop quand The Coral sort son deuxième opus en 2002. Très inspiré par les sixties, comme leurs ainés d’Oasis et de Blur, le groupe de Liverpool collectionne d’innombrables clins d’œil aux géants de la British Invasion en y ajoutant une dimension presque country gothique (« Don’t Think You’re the First », « All of Our Love »). Souvent plus proche des Doors que des Fab Four, The Coral explore avec justesse tout au long de « Magic and Medicine ». En effet, la guitare chargée de reverb et d’écho donne un ton tout particulier aux compositions du groupe. Mais c&rsquo;est sur des ballades folk légères et mélancoliques que la magie opèrent réellement : « Bill McCai » et « Pass It On » sont les deux véritables clous de l’album. Plus consistant que sur n&rsquo;importe quel autre œuvre de leur répertoire, le quintet de Merseyside eurent indéniablement une influence sur des talents en devenir comme Miles Kane et Alex Turner.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un hit en deux lignes :</strong>&nbsp;«&nbsp;Dreaming of You&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un bon concentré de ce que l’Angleterre a de meilleur. Partie de basse ska, refrain qui tue, on est entre les Beatles du début, les Specials et le meilleur de la Britpop. Inoubliable.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La pépite à (re) découvrir&nbsp;:</strong> « Pass It On&nbsp;»</p>



<figure class="wp-block-embed aligncenter is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-4-3 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/simon/">Simon Benoit-Guyod</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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		<title>The Vines : les mauvaises graines de Sydney</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Feb 2024 18:47:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[IN CASE YOU'VE MISSED IT]]></category>
		<category><![CDATA[BRITISH]]></category>
		<category><![CDATA[POP]]></category>
		<category><![CDATA[PUNK]]></category>
		<category><![CDATA[ROCK]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ça sortait d’où&#160;? Sydney, Australie C’était quoi&#160;? Possiblement une des meilleures choses que l’Australie ait exportée ces trente dernières années (avec la sitcom Hartley, Cœurs A Vif évidemment), The Vines secouèrent le petit monde du rock indé au début des années 2000. Fondé autour de chanteur-guitariste Craig Nicholls, le trio originaire de Sydney se fit remarqué grâce à l’attitude déjantées de son frontman. Avec leurs cheveux gras et leur look de branleurs, Nicholls et sa bande collectionnèrent les prestations live [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ça sortait d’où&nbsp;?</strong> Sydney, Australie</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>C’était quoi&nbsp;?</strong></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Possiblement une des meilleures choses que l’Australie ait exportée ces trente dernières années (avec la sitcom <em>Hartley, Cœurs A Vif</em> évidemment), The Vines secouèrent le petit monde du rock indé au début des années 2000. Fondé autour de chanteur-guitariste Craig Nicholls, le trio originaire de Sydney se fit remarqué grâce à l’attitude déjantées de son frontman. Avec leurs cheveux gras et leur look de branleurs, Nicholls et sa bande collectionnèrent les prestations live chaotiques à coup de beuglements incontrôlés et de larsens assourdissants. Mais en il aura fallu davantage pour décourager le trio australien de trouver sa place parmi la scène des groupes en « The ». En effet, c’est en studio avec le lancement de leur premier album que The Vines s&rsquo;imposèrent comme l&rsquo;une des formations les plus excitantes du début du siècle. Moins classiques que The Hives, plus excités que The Strokes, les Australiens sont aussi de ceux à qui ont doit le retour des Converse All Stars dans les cours de récréation et des amplis Orange dans les garages des adolescents. </p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Huit ans après la mort de Kurt Cobain, The Vines réussirent à unir les fans de grunge et de la British Invasion en distillant des titres pop-punk teintés d’une forte touche de psychédélisme. Si le succès se dissipa rapidement, et ce en partie à cause de l’instabilité chronique de Nicholls, atteint du syndrome d’Asperger, The Vines signèrent deux LP particulièrement délicieux qui marquèrent la première moitié de la décennie: «&nbsp;Highly Evolved&nbsp;» (2001) et «&nbsp;Riding Days&nbsp;» (2004). Il fut en effet une époque où les effervescentes scènes australiennes et néo-zélandaises semblaient être capable de rivaliser avec celles de Londres et New York. Mais malgré quelques tentatives de come back entachées par de nombreux concerts annulés et une poignée d&rsquo;albums médiocres, le groupe tomba dans les oubliettes, incapable de renouer avec la finesse de ses deux premiers opus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une galette&nbsp;:</strong> Highly Evolved &#8211; <em>Capitol Records </em>(2002) </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><img decoding="async" width="225" height="225" class="wp-image-7600" style="width: 300px" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement.jpg" alt="" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement.jpg 225w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement-150x150.jpg 150w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement-120x120.jpg 120w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2024/02/telechargement-125x125.jpg 125w" sizes="(max-width: 225px) 100vw, 225px" /></p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Derrière une des jaquettes les plus abouties de la décennie se cache une des plus belles surprises de l’année 2002. L’album ouvre en grande pompe sur la très crâneuse «&nbsp;Highly Evolved&nbsp;». Nicholls et sa bande recyclent à merveille la formule couplets cleans refrains distordus («&nbsp;Outtathaway&nbsp;», «&nbsp;Ain’t No Room&nbsp;», ou «&nbsp;In The Jungle&nbsp;»). Sur certains morceaux, les fantômes de Nirvana et de Soundgarden prennent carrément des accents psychés grâce à des chœurs planants particulièrement bien ficelés. En effet, le clou du disque réside dans la juxtaposition savante de chansons aux guitares poisseuses avec des ballades psychédéliques bien plus ambitieuses. </p>



<p class="has-text-align-left wp-block-paragraph">Aussi doué dans le rôle de l’adolescent excité le pied enclenché sur la fuzz («&nbsp;Get Free&nbsp;») qu’assis son derrière son piano, Nicholls montre une versalité remarquable tout au long du disque. Le clin d’oeil assumé au Fab Four est assumé sur «&nbsp;Factory&nbsp;» et son air enjoué à la «&nbsp;Obladi Oblada&nbsp;». Le voyage dans les sixties s’intensifie sur la somptueuse «&nbsp;Homesick&nbsp;», peut-être la véritable pépite de ce premier opus grâce à ses accents lennoniens et à ses textes mélancoliques. Les rêveuses «&nbsp;Mary Jane&nbsp;» et «&nbsp;Autumn Shade&nbsp;» vont dans le même sens. Pas étonnant donc d’entendre le chanteur chanter «&nbsp;It’s 1969 in my head&nbsp;» sur le morceau de clôture de l’album.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un hit en deux lignes :&nbsp;</strong>«&nbsp;Get Free&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Allemands appellent ça Zeitgeist, ou «l’art de capter l’esprit d’une époque&nbsp;». Il est difficile de mieux faire le pont entre les nineties et les 2000’s en deux minutes et sept secondes.</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><strong>La pépite à (re) découvrir&nbsp;: </strong>«&nbsp;Homesick&nbsp;»</p>



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<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Tom Verlaine, mort d&#8217;un poète rock</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 03 Feb 2023 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[NEW YORK]]></category>
		<category><![CDATA[RIP]]></category>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Samedi 27 janvier, c&rsquo;était au tour de <strong>Tom Verlaine</strong> de quitter cette vallée de larmes. A 73 ans, après une «&nbsp;courte maladie&nbsp;». Cet homme fut l&rsquo;une de mes idoles et avec son groupe <strong>Television </strong>(lire «&nbsp;Tell a vision&nbsp;»), puis ensuite en solo, il a enchanté mes années lycéennes et bien au-delà. Le moins que je pouvais faire étais de lui rendre un sincère hommage. Né en 1949 dans le New Jersey et grandi à Wilmington dans le Delaware (autrement dit nulle part), Tom Miller se met à la guitare après avoir tâté du piano par injonction familiale puis du saxophone à cause d&rsquo;une grosse fixation sur Stan Getz. C&rsquo;est en entendant <em>19<sup>th</sup>&nbsp;Nervous Breakdown</em> des Rolling Stones qu&rsquo;il connait une épiphanie et qu&rsquo;il décide de se mettre à l&rsquo;instrument qui le définira. Avec son copain de lycée Richard Meyers, il commence à faire du bruit sans savoir vraiment jouer et forme un premier groupe, the Neon Boys, recrutant Billy Ficca, un autre pote du lycée à la batterie. Au début des années 70, ils décampent vite à New York, vivotant tout en bricolant des chansons, s&rsquo;améliorant à leur instrument et griffonnant des poèmes. Car ces deux-là sont férus de poésie française. Miller se rebaptise d&rsquo;ailleurs Verlaine. Meyers, quant à lui, se cisaille les cheveux au sécateur pour ressembler à un portrait d&rsquo;Arthur Rimbaud, inventant un look qui, une fois repéré par Malcolm McLaren fera école en Angleterre. Et s&rsquo;appelle désormais Richard Hell, oui, pour «&nbsp;Une saison en enfer&nbsp;», recueil incontournable du génial poète de Charleville. Goût immodéré pour la poésie qui provoquera la rencontre entre Tom Verlaine et Patti Smith, le premier jouant sur «&nbsp;Horses&nbsp;», premier album de la seconde en 1975, initiant une amitié qui ne faiblira jamais. The Neon Boys deviennent Television quand est recruté le jeune éphèbe Richard Lloyd comme second guitariste, addition qui aura deux conséquences majeures&nbsp;: le rejet total de l&rsquo;héritage blues que Lloyd maîtrise pourtant parfaitement et le départ de Richard Hell qui vit mal le fait d&rsquo;être relégué à la basse et n&rsquo;est pas d&rsquo;accord avec la direction musicale. De plus, autant Verlaine est straight au possible, autant Hell a plongé dans l&rsquo;héroïne comme tant de musiciens à l&rsquo;époque à New-York, les deux amis de galère et de bohème sont alors irréconciliables. Richard Hell formera bien vite les séminaux Heartbreakers avec son «&nbsp;partner in crime&nbsp;» Johnny Thunders, puis les Voidoids, autre satellite de la nébuleuse punk de NYC (on se rappellera du classique millésimé <em>Blank Generation</em>)</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="928" src="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-1200x928.jpg" alt="" class="wp-image-7545" srcset="https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-1200x928.jpg 1200w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-300x232.jpg 300w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146-770x596.jpg 770w, https://laculturedelecran.com/wp-content/uploads/2023/02/792d743ad9739a2fbdf935d11ca10146.jpg 1280w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px" /><figcaption class="wp-element-caption">Richard Lloyd, Tom Verlaine, Fred Smith et Billy Ficca, Television en 1978</figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">De la collaboration avec Hell n&rsquo;existe qu&rsquo;un seul témoignage. Une chanson totalement atypique enregistrée sur un simple quatre-pistes, flottante et parsemée d&rsquo;éclairs mélodiques ou bruitistes nommée <em>Little Johnny Jewel</em>, laquelle dépasse très nettement la durée calibrée d&rsquo;un 45 tours. Peu importe, le morceau courra sur les deux faces d&rsquo;un premier single autoproduit et édité par leur manager Terry Ork. On remarque très vite le jeu de guitare très particulier de Tom Verlaine, lyrique à souhait, romantique et agressif à la fois et qui sera sa signature. Sa voix aiguë, parfois étranglée ne ressemble non plus à aucune autre. Tiré à deux-mille exemplaires en 1975, il&nbsp;est épuisé en un temps record et sera une belle carte de visite pour Television, que les maisons de disques veulent alors absolument signer. Le groupe (qui vient d&rsquo;engager Fred Smith, ex-Blondie, à la basse) est une attraction régulière au légendaire club du Bowery le CBGB, aux côtés de Blondie, de Talking Heads et des Ramones, créant involontairement la vague «&nbsp;punk&nbsp;» new-yorkaise, en fait une cohérence sinon ressemblance stylistique et une simultanéité installant un sentiment de «&nbsp;scène&nbsp;», de communauté artistique qui sera sincèrement très solidaire. Le label anglais Island Records dépêche alors Brian Eno à New-York pour réaliser des démos en vue d&rsquo;un premier album. La greffe ne prend pas et Television préfère signer avec Elektra, label de Danny Fields, celui qui avait signé rien moins que les Doors, les Stooges et Love et rentre en studio avec un producteur qui a travaillé avec des groupes de rock des années 60 et 70, le Britannique Andy Johns. Ils voulaient un bon ingénieur du son à l&rsquo;ancienne capable de capturer leur son à la fois simple et puissant. Johns eut l&rsquo;impression de mettre en boîte le Velvet Underground, car Verlaine ne voulait pas d&rsquo;effets de production, juste deux guitares, une basse et une batterie avec une prise de son impeccable. Et «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» est une réussite totale. Si le son est extraordinaire de puissance et de clarté, les performances instrumentales sont géniales. Les savants entrelacs de guitare de Verlaine et Lloyd imposent le respect et traceront le chemin aux Strokes trente ans plus tard. La rythmique est précise avec une batterie très volubile mais jamais surpuissante, ni à-côté. Les solos experts (soit une incongruité totale en cette époque du punk triomphant), alternativement joués par Verlaine et Lloyd sont tous fantastiques, peuvent se permettre la durée et la volubilité sans n&rsquo;être jamais démonstratifs ni hors de propos. L&rsquo;étrangeté de la voix de Tom Verlaine est parfaitement à sa place le long des huit formidables chansons qui composent «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;», formant un ensemble très varié tout en étant parfaitement cohérent. Des brûlots à l&rsquo;énergie et l&rsquo;économie punk mais osant des harmonies pour le moins inattendues font un effet énorme, comme <em>See No Evil </em>qui ouvre l&rsquo;album ou le bien nommé <em>Friction</em>. De merveilleuses chansons pop comme <em>Venus</em> (où Tom Verlaine se voit tomber dans les bras de la Vénus de Milo&#8230;) ou <em>Elevation</em> sont épiques. Television fait preuve d&rsquo;humour avec la rythmique tango du très accrocheur <em>Prove It</em>. <em>Guiding Light</em> et <em>Torn Curtain</em> sont de sublimes ballades. Mais rien ne laissait imaginer le morceau titre, une chevauchée musicale de dix minutes (onze sur la version CD) commençant par un riff de guitare aussi inédit que mémorable (les Strokes, encore eux, sauront s&rsquo;en inspirer&#8230;) affichant tout au long un lyrisme et une flamboyance, un romantisme débridé à l&rsquo;opposé dirons-nous de <em>Bohemian Rhapsody</em>&nbsp;! On ne ressort pas indemne d&rsquo;une telle écoute et bien vite «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» est devenu l&rsquo;un de mes disques de chevet, disque que j&rsquo;écoute encore régulièrement. Les critiques ont adoré (le célèbre critique anglais Nick Kent a qualifié «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» d&rsquo;oeuvre de génie&#8230;) et le public, en tous les cas en Angleterre et en Europe a bien suivi sans que ce soit le carton intégral, mais quoi de plus normal pour une proposition aussi artistique qu&rsquo;intemporelle&#8230; «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;», quarante-cinq plus tard mérite toujours autant sa place dans toute discothèque idéale comme dans mon panthéon personnel.&nbsp;</p>



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<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Adventure&nbsp;», sorti l&rsquo;année suivante n&rsquo;a pas réédité l&rsquo;exploit, même si l&rsquo;on y trouve d&rsquo;excellentes chansons comme <em>Days</em>, <em>Foxhole</em>, <em>Ain&rsquo;t That Nothin&rsquo;</em> ou l&rsquo;étrange et envoûtant <em>The Dream&rsquo;s Dream</em> qui clôt l&rsquo;album. Ce second effort, moins surprenant (et bien moins aventureux), moins bien accueilli que le précédent précipite la fin de Television qui se sépare fin 1978. Tom Verlaine se lance directement dans une carrière solo qui sera aussi discrète que brillante. En 1979, il sort un premier album à son nom très prometteur, lors duquel il se permet des expériences et laisse entrevoir un joli sens de l&rsquo;humour. La même année, David Bowie qui travaille à New York sur le futur «&nbsp;Scary Monsters&nbsp;» s&rsquo;entiche de Tom Verlaine et veut absolument travailler avec lui. Les séances ne donneront rien, mais Bowie, convaincu du potentiel de la chanson, reprendra de façon très convaincante <em>Kingdom Come</em>, l&rsquo;une des compositions de l&rsquo;album de Verlaine. En 2002, Bowie invitera Television reformé à jouer lors du festival londonien Meltdown dont il a assuré la programmation. Suivirent «&nbsp;Dreamtime&nbsp;» en 1981, puis les remarquables «&nbsp;World From The Front&nbsp;» l&rsquo;année suivante et «&nbsp;Cover&nbsp;» en 1984, sans doute les sommets de sa carrière solo. «&nbsp;Flash Light&nbsp;» en 1987 et «&nbsp;The Wonder&nbsp;» en 1990 fermeront la série des albums chantés de Tom Verlaine, au succès hélas de plus en plus erratique (le dernier album n&rsquo;est même pas sorti aux Etats-Unis), mais Tom Verlaine n&rsquo;a jamais été homme de compromis. A la surprise générale, Television se reforme en 1992 et sort un album très réussi au nom du groupe avec des titres impeccables comme <em>Calling Mr. Lee</em> ou <em>No Glamour For Willi </em>qui ne cherchent pas à reproduire «&nbsp;Marquee Moon&nbsp;» mais osent aller de l&rsquo;avant. Le groupe se séparera de nouveau après une série de concerts qu&rsquo;on raconte mémorables.&nbsp;</p>



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<p class="wp-block-paragraph">La suite est plus discrète. Un album instrumental «&nbsp;Warm and Cool&nbsp;» sort la même année, puis Verlaine est appelé pour produire le second album de son grand fan Jeff Buckley, «&nbsp;My Sweetheart, the Drunk&nbsp;» qui sortira de façon posthume après la noyade de la jeune idole de folk rock romantique, en version forcément inachevée. Enfin, on l&rsquo;entend poser un très joli solo, immédiatement reconnaissable sur la chanson de Patti Smith <em>April Fool</em> (dans son album «&nbsp;Banga&nbsp;» en 2012). Tom Verlaine a décidé assez vite de refuser de subir les contraintes inhérentes à la vie de musicien rock, d&rsquo;enregistrement, de promotion, de tournées et a préféré se mettre en retrait de la vie publique, apparaissant de temps en temps en concert, quand il le voulait. La fille de Patti, Jesse Paris Smith qu&rsquo;il considérait comme sa propre fille a annoncé samedi le décès de cet artiste au talent unique, de ce guitariste exceptionnel et influent, de ce vrai poète du rock. Je vais aller fouiller dans mes vinyles pour me repaître de son œuvre, qu&rsquo;on peut légitimement considérer comme magistrale. </p>



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		<title>SOTW #243 : She still leads me on, Suede</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Sep 2022 07:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qui aurait cru que le shot de rock n&#8217;roll du moment nous soit administré par un groupe de cinquantenaires bien installés dans le paysage musical britannique depuis trente ans? Le nouveau single de Suede, qui annonçait « Autofiction » neuvième album sorti la semaine dernière est pourtant l&#8217;une des choses les plus revigorantes à écouter dans le style rock flamboyant, mélodique, nourri de glam et de pop et faisant immanquablement danser ou taper du pied. Et si She Still Leads Me On [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Qui aurait cru que le shot de rock n&rsquo;roll du moment nous soit administré par un groupe de cinquantenaires bien installés dans le paysage musical britannique depuis trente ans? Le nouveau single de <strong>Suede</strong>, qui annonçait « Autofiction » neuvième album sorti la semaine dernière est pourtant l&rsquo;une des choses les plus revigorantes à écouter dans le style rock flamboyant, mélodique, nourri de glam et de pop et faisant immanquablement danser ou taper du pied. Et si <em><strong>She Still Leads Me On</strong></em> n&rsquo;invente rien, cette irrésistible chanson nous rappelle pourquoi nous avons tellement aimé le rock.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suede est un groupe qui a connu plusieurs vies. La première, indiscutablement la meilleure, vit le groupe du sud de Londres devenir le « hot ticket » de la presse britannique en 1992, quand ils devinrent la promesse d&rsquo;un retour du rock à guitares à panache outre-Manche, à un moment où tout le monde là-bas semblait avoir revendu ses six-cordes et amplis pour acheter des synthés et des ordinateurs. Trait d&rsquo;union entre le grunge américain et la future britpop, Suede se positionnait comme une alternative séduisante, nourrie par les Smiths et par Bowie et proposait un duo de leaders et d&rsquo;auteurs-compositeurs impeccables en les personnes du fabuleux guitariste et arrangeur Bernard Butler et du chanteur androgyne à l&rsquo;impressionnante tessiture Brett Anderson. Le premier album fit un carton (<em>Animal Nitrate</em>, un de ses hymnes, est la <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-64-animal-nitrate-suede/">SOTW #64</a>). Le second « Dog Man Star » est un chef d’œuvre absolu, follement ambitieux et démesuré dont l&rsquo;accouchement se fit dans la douleur et conduisit à la brouille fatale entre les deux leaders, Bernard Butler débranchant sa guitare en 1994.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En recrutant le jeune guitariste Richard Oakes (seize ans à l&rsquo;époque) et le claviers Neil Codling, Anderson flanqué de sa section rythmique composée de Mat Osman (basse) et Simon Gilbert (batterie) mit en place Suede 2.0 et en fit un groupe d&rsquo;une rare efficacité pop comme le démontre l&rsquo;album « Coming Up » en 1996. Comprenant une collection de tubes imparables comme Trash, Filmstar ou la merveilleuse ballade Saturday Night, il souffre d&rsquo;une production métallique sonnant un peu datée, mais l&rsquo;album reste toutefois hautement recommandable aujourd&rsquo;hui. S&rsquo;ensuivirent des excès hédonistes et des périodes de contrition qui donnèrent des disques plus inégaux (« Head Music ») voire complètement anodins (« A New Morning », très blême) qui conduisirent au split du groupe en 2003. Brett Anderson se lança dans une carrière solo très confidentielle, tâtant d&rsquo;une folk acoustique très pastorale aux antipodes de ses extravagances avec Suede. Une reformation pour un concert en 2010, un nouvel album très réussi « Bloodsports » en 2013 célébrant les retrouvailles du groupe avec le producteur historique Ed Buller replacèrent Suede au centre de la chose pop rock. Avec en plus cette touche de nostalgie qu&rsquo;éprouvent tous ceux qui se voient replongés dans leurs jeunes années de fan, la mélancolie diffuse émanant des mélodies et de la voix de Brett Anderson n&rsquo;y étant pas pour rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après deux albums plus sophistiqués avec thèmes sombres et arrangement orchestraux (<em>What I&rsquo;m Trying To Tell You</em> est la <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-88-what-im-trying-to-tell-you-suede/">SOTW#88</a>), le fringant quintette de quinquas a tourné le hit album « Coming Up » sur les scènes du monde entier, de quoi redonner à Anderson de saines envies d&rsquo;électricité et d&rsquo;émotions directes, qui se concrétisent tout au long du tout récent « Autofiction ». <em>Banger</em> qui ouvre l&rsquo;album, <em>She Still Leads Me On</em> évoque paradoxalement la mère de Brett Anderson, décédée alors qu&rsquo;il était très jeune. Sans aucun pathos mais avec une émotion très crue, il raconte combien le souvenir de sa mère l&rsquo;inspire et l&rsquo;aide à certains moments de sa vie, lui insuffle une énergie créatrice. Un riff de guitare en arpège, un contrepoint en saccades punk, une basse mélodique et une batterie volubile donnent le ton d&rsquo;une chanson très traditionnellement bâtie: couplet, pont, refrain, couplet, pont, refrain, chorus, refrain shunté. Le tout à bride abattue, avec une mélodie vocale infectieuse surtout pendant le pont si énergique et des giclées de larsen mal peignées pour dynamiser le tout. Dire que ça fonctionne est un piètre euphémisme, tant la chanson et ses arrangements restent vissés dans votre cervelle. Si l&rsquo;autofiction est un genre littéraire en soi, elle trouve avec Suede une incarnation musicale. En revisitant le style pop glam scintillant qu&rsquo;ils personnifiaient à l&rsquo;époque de « Coming Up » mais en l&rsquo;observant avec leurs yeux de musiciens de cinquante ans, Suede met en musique une mise en abyme jamais ringarde ni hors de propos. Ainsi,<em>That Boy On The Stage</em>, <em>Personality Disorder</em> et <em>15 Again</em>, irrésistibles <em>bangers </em>ressuscitent le Brett Anderson de 1992 sans jamais sombrer dans la parodie. Avec <em>What Am I Without You ?</em>, les musiciens de Suede prouvent une fois encore qu&rsquo;ils sont orfèvres en ballades émotionnelles et nerveuses. Le reste de l&rsquo;album est au niveau. Les amateurs de pop rock flamboyant seront bien inspirés de ne pas passer leur chemin&#8230;</p>



<h4 class="wp-block-heading">Live Bruxelles 2022 :  </h4>



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		<title>John Cale en virée avec Bowie dans le New York des Seventies</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Sep 2022 06:31:16 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[JOHN CALE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On se penche nécessairement sur son passé quand on atteint les quatre-vingts ans, même quand on est un inlassable artiste en perpétuelle expérimentation comme John Cale. Son nouveau single (!) édité par le label branché Domino le voit se pencher sur son amitié avec David Bowie dans les années soixante-dix. Ce dernier confessait que, davantage que Lou Reed, c&#8217;était le musicien gallois passé par l&#8217;avant-garde qui l&#8217;avait séduit dans le Velvet Underground et John Cale n&#8217;a jamais caché l&#8217;admiration qu&#8217;il [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">On se penche nécessairement sur son passé quand on atteint les quatre-vingts ans, même quand on est un inlassable artiste en perpétuelle expérimentation comme <strong>John Cale</strong>. Son nouveau single (!) édité par le label branché Domino le voit se pencher sur son amitié avec David Bowie dans les années soixante-dix. Ce dernier confessait que, davantage que Lou Reed, c&rsquo;était le musicien gallois passé par l&rsquo;avant-garde qui l&rsquo;avait séduit dans le Velvet Underground et John Cale n&rsquo;a jamais caché l&rsquo;admiration qu&rsquo;il portait à Bowie. Maintes fois, les deux Britanniques ont manifesté le souhait de créer de la musique ensemble. Ils ont pourtant préféré traîner leurs guêtres ensemble dans le New York interlope et noctambule des années 1974-1975 et n&rsquo;auront jamais mené leur projet à bien&#8230; Pour la petite histoire, John Cale fera monter Bowie sur scène à New York en 1979, pour jouer quelques notes d&rsquo;alto (!!!), leurs aventures communes s&rsquo;arrêtant là. Le clip animé répétitif crée une ambiance à la « <em>The Deuce</em> » et rend justice à <strong><em>Night Crawling</em></strong> , entêtante chanson à la rythmique presque trip hop et à la mélodie très accrocheuse chantée d&rsquo;une voix presqu&rsquo;intacte, prouvant s&rsquo;il le fallait qu&rsquo;on peut être octogénaire et rester fringant. </p>
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		<title>Crows : le vacarme d&#8217;une Angleterre sous cloche</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Simon Benoit-Guyod]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 May 2022 15:25:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SIMON SAYS]]></category>
		<category><![CDATA[BRITISH]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Premier coup d&#8217;essai concluant pour le quatuor Londonien. Le post-punk viscéral de « Beware Believers » place Crows parmi les poids lourds du genre. Voici un séjour hypnothique au coeur d&#8217;une Albion qui déchante. Du lourd. Il y a quelque chose de profondémment acerbe dans ce premier album de Crows. Enregistré début 2020 au Fish Factory Studios dans le nord de Londres, «&#160;Beware Believers&#160;» tire un portrait peu flatteur d’une Angleterre post-Brexit en pleine crise existentielle. Habitué du circuit des [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Premier coup d&rsquo;essai concluant pour le quatuor Londonien. Le post-punk viscéral de « Beware Believers » place Crows parmi les poids lourds du genre. Voici un séjour hypnothique au coeur d&rsquo;une Albion qui déchante. Du lourd.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de profondémment acerbe dans ce premier album de Crows. Enregistré début 2020 au Fish Factory Studios dans le nord  de Londres, «&nbsp;Beware Believers&nbsp;» tire un portrait peu flatteur d’une Angleterre post-Brexit en pleine crise existentielle. Habitué du circuit des pubs outre-Manche, Crows sort enfin un album digne de se nom, véritable chronique d&rsquo;une nation dont les plaies n&rsquo;ont jamais été aussi visibles que pendant l&rsquo;épidémie de covid19. Voilà de quoi confirmer la bonne santé de la scène actuelle de post-punk anglaise.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-rich is-provider-prise-en-charge-des-contenus-embarques wp-block-embed-prise-en-charge-des-contenus-embarques wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
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<p class="wp-block-paragraph">Dès l’entame de «&nbsp;Closer Still&nbsp;», la quatuor pose les bases d’un post-punk aggressif teintés d’accents psychédéliques. Noir, hanté par les fantômes de The Fall et Joy Division, James Cox déballe son mal-être sur des guitares déchirantes chargées d’écho. Pas le temps de tergiverser, l’auditeur est frappé en pleine figure dès les premiers roulements de batterie de «&nbsp;Garden of England&nbsp;», deuxième titre de ce disque à l’efficacité redoutable. Tel un coup de pied frontal entre les deux yeux, cette pépite de tout juste deux minutes s’impose comme le titre phare de ce premier semestre. Binaire, direct, sans fioriture, voici le genre de morceaux qui devrait ravir les fans d’IDLES ou des suédois de Viagra Boys, de quoi installer durablemennt Crows parmi les poids lourds du genre..</p>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve cette même énergie sur la très entêtante «&nbsp;Slowly Separate&nbsp;» et la violente «&nbsp;The Servant&nbsp;». Puis Crows nous plonge dans l&rsquo;atmosphère poisseuse des Stooges de Fun House sur «&nbsp;Moderation&nbsp;» en y ajoutant une touche purement British. Imaginez le Morrissey des 1980&rsquo;s qui se paye un featuring de luxe avec les frères Asheton en backing band. Exquis, mélancolique à souhait, «&nbsp;Moderation&nbsp;» explore des univers jusque là peu abordés par le groupe. Même moment de grâce sur «&nbsp;Meanwhile&nbsp;» et son riff d’introduction pataud. Le titre explose finalement que sur son refrain avant de finir à toute berzingue sur un tempo dopé aux amphétamines.</p>



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<p class="wp-block-paragraph">Sans tomber dans le pamphlet politique lourdingue, « Beware Believers&nbsp;» aborde la période contemporaine avec un certain cynisme et une dose d’insolence bien venue (« Slowly Separate », « Only Time »). Il n’est pas surprenant de lire que le chanteur ait récemment confié avoir beaucoup lu d’ouvrages dystopiques ces derniers temps, reconnaissant au passage même un certain faible pour les travaux de Kurt Vonnegut et James Graham Ballard. deux maîtres du genre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes Crows ne réinvente pas grand-chose et distille un son qui semble être celui du moment Outre-Manche. Les Londoniens se distinguent néanmoins par leur capacité à pondre un album cohérent de A à Z. Il n’y pas grand chose de glamour ni de poseur dans les complaintes électriques de la bande à Cox. Là où certaines formation anglaises pêchent par leur manque de sobriété, Crows fait dans l’efficace et l’urgent. On ne va pas s’en plaindre.</p>
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		<title>SOTW #235 : Panic in Detroit, David Bowie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Dec 2021 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SONG OF THE WEEK]]></category>
		<category><![CDATA[BRITISH]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que se mettent en place diverses célébrations du soixante-quinzième anniversaire de la naissance de David Bowie (opération Bowie 75), allant des pop-up shops à Londres et New York à la mise en lumière d’archives inédites et de rééditions version Deluxe de certains &#160;albums, alors que vient de décéder le fameux photographe Mick Rock (son vrai nom) qui a magnifié l’artiste durant toute la période Ziggy et dirigé des vidéos comme celles de Life On Mars&#160;? (ah… Le costume bleu [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Alors que se mettent en place diverses célébrations du soixante-quinzième anniversaire de la naissance de <strong>David Bowie</strong> (opération Bowie 75), allant des pop-up shops à Londres et New York à la mise en lumière d’archives inédites et de rééditions version Deluxe de certains &nbsp;albums, alors que vient de décéder le fameux photographe Mick Rock (son vrai nom) qui a magnifié l’artiste durant toute la période Ziggy et dirigé des vidéos comme celles de <em>Life On Mars&nbsp;?</em> (ah… Le costume bleu glacier et l’image surexposée…), <em>John, I’m Only Dancing</em> ou <em>The Jean Genie</em> (ah&#8230; Bowie en blouson de vinyle étriqué tapinant sur les trottoirs de L.A. avec la délicieusement sexy Cyrinda Foxe…), je me penche à nouveau sur de mes chansons préférées de l’idole. Après tout, je n’ai pas écrit sur mon artiste favori de tous les temps <a href="https://laculturedelecran.com/infinie-tristesse/">depuis sa mort&nbsp;en janvier 2016</a>. Mort trivialement physique, tant l’œuvre de David Bowie continue de m’accompagner à chaque instant avec toujours autant d’intensité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et de l’intensité, il en déborde tout au long de <strong><em>Panic In Detroit</em></strong>, bombe sonique et l’une des cimes d’« <em>Aladdin Sane</em> », premier album de Bowie enregistré alors que celui-ci est devenu une star. Enregistré ça et là pendant les pauses des éreintantes et triomphales tournées britanniques et américaines qui ont suivi le succès de « <em>The Rise And Fall Of Ziggy Stardust And The Spiders From Mars</em> » entre mi-72 et début 1973, « <em>Aladdin Sane</em> » ne sonne pas pour autant décousu, mais offre une variété cohérente et surpuissante, sans doute grâce à ce merveilleux groupe qu’étaient les Spiders, lesquels n’ont jamais aussi bien joué qu’à la fin 72 tant ils étaient affûtés et reliés comme par télépathie après avoir assuré tant de concerts. Mick Ronson pouvait alors légitimement être considéré comme le meilleur guitariste de son temps et les Spiders ont énormément gagné quand Bowie a incorporé au groupe le pianiste Mike Garson, New-Yorkais venu du jazz dont le jeu affolant a radicalement modernisé le glam rock et a permis à Bowie de se tourner vers l’expérimentation. « <em>Aladdin Sane</em> » pourrait être sous-titré « <em>Ziggy goes to America</em> ». Le <em>doppelgänger</em> prend alors le dessus sur l&rsquo;artiste, car c’est bien Ziggy la star et non pas David Jones alias Bowie qui restait sur le côté, observant méticuleusement le freak show et faisant son miel du spectacle pour composer des chansons souvent paranoïaques et apocalyptiques, toujours formidables. Après « <em>Ziggy Stardust</em> », intrinsèquement anglais avec ses délicats arrangements de cordes et son fabuleux sens de la pop, Bowie avait envie d’emphase, avec plus de cuivres, plus de chœurs, plus d’électricité, plus de drame, plus de rock… En quelque sorte, il voulait en découdre avec les Stones (obsession qui durera jusqu’à « <em>Diamond Dogs</em> » en 74). C’est évident avec le morceau qui ouvre l’album <em>Watch That Man</em>, avec le riff impérial et les solos mal peignés de Ronson, ce piano post boogie-woogie, ces cuivres pétaradants et ces puissants chœurs féminins, la voix de Bowie étant noyée dans le mix, comme l’était celle de Jagger dans les morceaux les plus rock du moite « <em>Exile On Main Street</em> » (1972). On trouve aussi une reprise ouvertement sexuelle, pyrotechnique, extravertie au possible du sage single des Stones <em>Let’s Spend The Night Together</em>. <em>Cracked Actor</em> est un boogie pervers et impitoyable dégoulinant d&rsquo;électricité grinçante mettant un scène un acteur vieillissant essayant de séduire (voire plus) une groupie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Panic In Detroit</em>, dernier morceau purement rock de l’album s’éloigne un peu du style Stones pour s’approcher de celui d’une autre influence majeure de Bowie, Iggy Pop et the Stooges. Porté par un riff de guitare monstrueux doublé de wah-wah, le groupe part dans un groove tribal à la Bo Diddley, les doigts du bassiste Trevor Bolder se promènent sur le tout le manche et asseyent la mélodie, la batterie tout en cymbales rageusement frappées par Woody Woodmansey est enrichie par les congas et percussions jouées par l’ami d’enfance Geoffrey McCormack, alias Warren Peace, qui allait partager les errances américaines de Bowie, mais aussi ses aventures musicales jusqu’en 76. D’une voix de gorge aiguë et un poil affectée, Bowie raconte sa rencontre avec une figure qui ressemblait beaucoup à Che Guevara, installant ainsi un glamour mêlant rock et activisme politique d’extrême-gauche très de son temps (Bowie se plaçant ainsi parfaitement dans le Zeitgeist, en ces années du mouvement Black Panthers et de la bande à Baader, quand le poster du Che commence à orner tous les murs des adolescents occidentaux). «&nbsp;<em>The only survivor of the National People’s Gang</em>&nbsp;» de la chanson étant en fait un camarade d’école devenu dealer d’envergure qu’il avait revu à New York. Bowie s’inspira aussi des souvenirs des émeutes de Detroit en 67 que lui avait racontés Iggy Pop. Le tout pour créer une dystopie exaltante riche en métaphores et cut-ups à la Burroughs, style d’écriture que Bowie continuera à développer jusqu’à la fin. Le chant félin et sensuel de Bowie ajoute un côté très sexy à l’ensemble quant au final, il est dantesque. Les crépitements de percussions, les chœurs soul et furieux de Juanita «&nbsp;Honey&nbsp;» Franklin, Linda Lewis et McCormack peinant à contenir la guitare distordue en fusion d’un Mick Ronson inspiré comme jamais. On ressort pantelant de cette écoute, comme ayant l’impression d’avoir assisté à une cérémonie vaudou ou de se trouver au beau milieu d’une guerilla urbaine. Panic In Detroit figurera dans la setlist de plusieurs tournées mais Bowie n’a jamais réussi à recréer la tension incendiaire de cette version studio. Il tentera aussi d’en faire une version urgente et new-wave pour un show TV en 1979, version à l’intérêt tout relatif qu’il laissera de côté et qui ne verra le jour que comme bonus de «&nbsp;<em>Heathen&nbsp;</em>» en 2002.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Aladdin Sane</em> », album phare du glam rock et où l’on trouve les chansons les plus clairement rock n’roll de David Bowie ouvre également grand la porte à l’expérimentation. Bowie avait Roxy Music dans le viseur, groupe à la musique rétro-futuriste extrêmement sophistiquée qu’il admirait et jalousait. Ainsi, le single <em>Drive-in Saturday</em> et la version de <em>The Prettiest Star</em> (qu&rsquo;il avait déjà sortie, dans une version plus soft avec Marc Bolan à la guitare en 1970) ont une saveur doo wop très fifties sans sonner nostalgiques, <em>Time</em> combine le cabaret Mitteleuropa de Kurt Weill et Bertolt Brecht avec les torrents d’électricité rock n’roll de la guitare (fabuleuse) de Mick Ronson, <em>Lady Grinning Soul</em> est une ballade hispanisante à la mélodie cotonneuse d&rsquo;une rare beauté. Enfin le morceau titre exhale une mélancolie vénéneuse et rétro où explose l’invraisemblable solo de piano flirtant avec le jazz atonal et la musique latine de Mike Garson, lequel reconnaît qu’aujourd’hui encore que c’est de cette immarcescible pièce musicale vraiment décoiffante qu’on veut encore et toujours l’entretenir. La photo de Bowie qui orne la pochette, signée Brian Duffy reste son image la plus forte avec cet éclair rouge et bleu sur le visage, ses cheveux roux gelés et la goutte de mercure dans la clavicule. A vingt-sept ans, il devenait ainsi la star totale qu’il ne cessera plus jamais d’être…</p>
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		<title>SOTW #234 : Here&#8217;s the Thing, Courtney Barnett</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Nov 2021 08:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MUSIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SONG OF THE WEEK]]></category>
		<category><![CDATA[AUSTRALIE]]></category>
		<category><![CDATA[COURTNEY BARNETT]]></category>
		<category><![CDATA[ROCK]]></category>
		<category><![CDATA[STELLA MOZGAWA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Recordwoman de la Song Of The Week, Courtney Barnett a l’honneur de cette rubrique pour la cinquième fois, cette fois-ci avec un extrait de son nouvel album au titre qui invite à la patience «&#160;Things Take Time, Take Time&#160;» (les choses prennent du temps, prennent du temps). Après une longue tournée mondiale qui l&#8217;a laissée sur les rotules et l’excellent single furieusement électrique Everybody Here Hates You, l’auteure-compositrice était restée à Los Angeles où elle comptait s’installer suite à sa [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph">Recordwoman de la Song Of The Week, <strong>Courtney Barnett</strong> a l’honneur de cette rubrique pour la <a href="https://laculturedelecran.com/tag/courtney-barnett/">cinquième fois</a>, cette fois-ci avec un extrait de son nouvel album au titre qui invite à la patience «&nbsp;<em>Things Take Time, Take Time</em>&nbsp;» (les choses prennent du temps, prennent du temps). Après une longue tournée mondiale qui l&rsquo;a laissée sur les rotules et l’excellent single furieusement électrique <em>Everybody Here Hates You</em>, l’auteure-compositrice était restée à Los Angeles où elle comptait s’installer suite à sa rupture d’avec sa compagne (la musicienne Jen Cloher qui reste sa partenaire en business par leur maison de disques Milk!) et car elle avait un appétit pour la scène musicale californienne. Las, une pandémie lui a intimé de vite regagner ses pénates et c’est ainsi que Courtney Barnett s’est réinstallée dans sa Melbourne natale et pour la première fois depuis peut-être six ans, elle a eu le temps de s’asseoir et de réfléchir (son premier album était titré «&nbsp;<em>Sometimes I Sit And Think, and Sometimes I Just Sit</em>&nbsp;»). Il n’est alors guère étonnant que ce bref album (dix chansons en à peine trente-quatre minutes) soit ce que la musicienne a fait de plus intime et de plus introspectif. Un vrai album de chambre en somme, écrit et composé entre le lit, le bureau et la fenêtre pour tout de même regarder au dehors, scènes de rue qu’elle décrit avec minutie et tout le talent de conteuse qu’on lui connaît dans <em>Rae Street</em>, la joliment enjouée chanson folk rock qui ouvre «&nbsp;<em>Things Take Time, Take Time</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Courtney Barnett raconte au <em>Guardian</em> qu&rsquo;elle a travaillé les chansons chez elle et ne voulait pas importuner ses voisins, ce qui fait que l’ambiance musicale est cette fois-ci plus douce. Elle a pour se faire utilisé des boîtes-à-rythmes et des guitares acoustiques pour asseoir les fondations des chansons, bercée et inspirée par l’écoute répétée de disques de Leonard Cohen et des œuvres douces et répétitives d’Arthur Russell et Brian Eno. Elle envoya ensuite les démos à Stella Mozgawa, compatriote batteuse du groupe Warpaint et collaboratrice régulière de son ami Kurt Vile. Et en profita pour lui proposer de co-produire l’album, qu’elle réaliseront presqu’intégralement à deux. D’aucuns regretteront (comme moi-même lors des premières écoutes de l’album) l’absence de la fulgurante section rythmique qui l’accompagnait depuis ses débuts (le bassiste Bones Sloane et le batteur Dave Mudie, qu’on ne retrouve ici qu’aux chœurs dans la brève et très rock <em>Take It Day By Day</em>) qui électrisait totalement la musique de Courtney Barnett, comme ce fut le cas tout au long de son très énergique second album «&nbsp;<em>Tell Me How You Really Feel</em>&nbsp;». Qu’on se rassure, les deux musiciens ont retrouvé leur poste sur scène pour la tournée qui démarre en ce moment aux USA. Barnett dit d’ailleurs qu’ainsi les chansons sont plus pétillantes. De toute façon, elle n’a jamais hésité à booster et tordre ses chansons en live. En attendant, «&nbsp;<em>Things Take Time, Take Time</em>&nbsp;» est un album particulièrement réconfortant et consolateur, agissant comme un bras qui vous prend par l’épaule. Ses chansons parlent de relations humaines… La très accrocheuse et très folk <em>Before You Gotta Go</em> est clairement un message adressé à la partenaire qui l’a quittée, mais l’universalité du message peut coller à toutes les séparations, amoureuses ou amicales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même thématique pour la remarquable <strong><em>Here’s The Thing</em></strong>, qui nous intéresse ici, où Courtney Barnett enlumine son folk rock de touches dream pop, comme ces notes de guitare aiguës et plaintives qui rappellent celles qu’on entendait dans les albums pop d’Eno et donne avec l’écho sur l’arpège de guitare une couleur indie pop à l’ensemble. Alors qu’elle parle de lente reconstruction après la rupture, elle s’attarde sur les petits détails de beauté autour d’elle, un rayon de soleil sur le rebord de la fenêtre mais pense ne pas être capable de sortir de sa chambre pour l&rsquo;instant… La voix passe de la prosodie à la Lou Reed, parlée chantée qu’elle maîtrise depuis ses débuts à un registre plus aigu éminemment fragile et émouvant. Son toucher de guitare joué aux doigts, sans médiator confère à son jeu une vraie personnalité quand bien même on est loin de la virtuosité, ce qui n’est pas un problème pour cette immense adepte de la méthode Velvet Underground. Les bonnes chansons abondent ici, comme les impeccables <em>If I Don’t Hear From You Tonight </em>(qui accueille la musicienne galloise Cate le Bon à la basse) et la très accrocheuse <em>Write A List Of Things To Look Forward T</em>o, les surprises aussi, telle <em>Turning Green</em>, tournerie mécanique bruitiste à l&rsquo;astringence new-wave ou la fragile ballade martelée au piano <em>Oh The Night</em>. Diffusant sa mélancolie altruiste et bienfaisante tout au long de ce disque, Courtney Barnett dévoile avec brio et modestie une nouvelle facette de son talent. Qui n&rsquo;a de cesse de me séduire.</p>
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