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	<title>ELECTROPOP &#8226; la Culture de l&#039;Ecran</title>
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		<title>SOTW #226 : Huarache Lights, Hot Chip</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 May 2021 07:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Oldie but goldie. Nos bons maîtres ont un tantinet rallongé notre laisse, mais demain ne sera pas le jour où nous pourrons de nouveau vibrer physiquement à l’unisson sur de la musique, transportés par la danse en un lâcher-prise euphorique… Cette merveilleuse sensation, parmi les plus fortes que j’aie pu ressentir tous domaines confondus, je peux la deviner quand résonne dans mes oreilles Huarache Lights, vigoureux missile dance pop du combo anglais Hot Chip qui ouvre leur album de 2015 [&#8230;]</p>
<p>Lisez plus d'articles de <a href="https://laculturedelecran.com/author/rolandderudet/">Roland Dérudet</a> sur <a href="https://laculturedelecran.com">la Culture de l&#039;Ecran</a></p>
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<p class="wp-block-paragraph">Oldie but goldie. Nos bons maîtres ont un tantinet rallongé notre laisse, mais demain ne sera pas le jour où nous pourrons de nouveau vibrer physiquement à l’unisson sur de la musique, transportés par la danse en un lâcher-prise euphorique… Cette merveilleuse sensation, parmi les plus fortes que j’aie pu ressentir tous domaines confondus, je peux la deviner quand résonne dans mes oreilles <strong><em>Huarache Lights</em></strong>, vigoureux missile dance pop du combo anglais <strong>Hot Chip</strong> qui ouvre leur album de 2015 «&nbsp;<em>Why Make Sense&nbsp;?</em>&nbsp;» comme il ouvre souvent les concerts du groupe. Est-ce l’état de manque qui me pousse à me réfugier dans ce doudou sensoriel, mais le fait est que cette chanson fait partie de ma playlist spéciale balades et me redonne le coup de peps nécessaire quand les jambes se font lourdes. Logique, les <em>Huarache Lights</em> étant un modèle de chaussures de sport (à ressort&nbsp;?) prisées par le chanteur et parolier, nom choisi ici comme métaphore à l’extase qu’on peut rencontrer en découvrant une musique et à vibrer de concert dessus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Hot Chip est un groupe discret aux tubes énormes… Une sorte de LCD Soundsystem à l’anglaise avec un supplément de mélancolie rythmée et un humour toujours palpable. Formé par deux London boys amis d’école, Joe Goddard et Alexis Taylor, auteurs-compositeurs aux deux voix complémentaires (grave et profonde pour le premier, aérienne et haut perchée pour le second) qui mêlent comme personne une pop ultra-mélodique à des rythmiques dansantes lorgnant vers la house et l’electro. Un rêve pour indie disco imaginé par deux nerds funky dont le nom, Hot Chip (puce -électronique- sexy), est une vraie déclaration d’intentions. Le duo s’est bien vite entouré d’autres musiciens pour devenir un vrai groupe, dont le guitariste et multi-instrumentiste Al Doyle, lequel officiera aussi à la guitare avec les cousins new-yorkais du LCD Soundsystem et le claviers Felix Martin. Et si les albums se succèdent (sept depuis «&nbsp;<em>Coming On Strong</em>&nbsp;» en 2004 jusqu’au dernier «&nbsp;<em>A Bath Full Of Ecstasy</em>&nbsp;», co-produit par le regretté Philippe Zdar en 2019) avec un contenu d’une qualité remarquablement constante, ce sont les singles qui emportent l’affaire. Tous les Anglais ayant assidument fréquenté les «&nbsp;<em>Student Discos</em>&nbsp;» se sont trémoussés chaque soir de 2006 sur <em>Over And Over</em>, puis en 2008 sur <em>Ready For The Floor,</em> leurs jeunes frères et sœurs ont fait la même chose sur <em>I Feel Better</em> en 2010, puis sur <em>Night And Day</em> en 2012. En 2019, leurs petits cousins ont sauté en l&rsquo;air sur <em>Hungry Child</em>. Chacun de ces hymnes taillés pour le dancefloor présentant l’immense avantage, comme dans les meilleures productions de l’âge d’or du disco, de mettre une avant une mélodie imparable qu’on peut chanter en chœur. Et si les chansons plus clairement pop sont de plus en plus nombreuses sur les albums et qu’elles sont très au-dessus de la moyenne des productions du genre, Hot Chip plante sans coup férir et à chaque fois quelques banderilles dansantes irrésistibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2015, dans «&nbsp;<em>Why Make Sense ?</em> », ils en plantent au moins trois, <em>Started Right</em>, <em>Need You Now</em> et bien sûr <em>Huarache Lights</em>. Un solide tempo 4/4 avec charleston en folie («&nbsp;<em>four to the floor</em>&nbsp;», la quintessence de la pulse disco) et des chœurs aériens forment le châssis où s’imbriquent des basses synthétiques et une lancinante plainte de guitare à la Robert Fripp pour entourer la voix céleste d’Alexis Taylor. Le riff de synthé au son distordu et à la progression mélodique inattendue donne toute sa spécificité à l’arrangement et ça marche parfaitement. Synthés qui s’affolent au niveau du pont où on entend un sample du classique funk proto hip hop <em>Think (About It) </em>de Lyn Collins (datant de 1972 et devant être le morceau le plus samplé de tous les temps) qui promet «&nbsp;<em>I got something for your mind, Your body, and your soul, Every day of my life, Every day of my life » (j’ai quelque chose pour ton esprit, ton corps et ton âme, chaque jour de ma vie, chaque jour de ma vie), </em>apportant ainsi le funk et la soul, éléments fondateurs de la dance music. La voix de Joe Goddard passée au vocoder rappelle de son côté Kraftwerk et aussi Daft Punk, évoquant la mutation électronique de la disco et peaufinant le subtil équilibre entre machinerie et humanité, comme l&rsquo;avaient si bien réussi Sparks, Soulwax, LCD Soundsystem ou encore New Order. Cette chanson transmet de la joie en racontant l’extase que des musiciens ou des DJs peuvent générer et offrir à une foule qui ainsi se transfigure et devient osmotique grâce à la musique. Et franchement, comme expérience collective, connaît-on quoi que ce soit de meilleur ?</p>



<h4 class="wp-block-heading">Live 2015 :</h4>



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		<title>SOTW #225 : Bear With Me (And I&#8217;ll Stand Bare Before You), Charlotte Adigéry</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Roland Dérudet]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 May 2021 07:30:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">Quiconque ayant vu le film de Felix Van Groeningen «&nbsp;<em>Belgica&nbsp;»</em> (2016) se souviendra de cette marquante scène de la fin quand dans le bar désert, une chanteuse soul s’approprie un backing track electro désolé sur lequel elle pose un chant débordant de feeling, créant ainsi une ballade electro-soul parfaitement inédite et nécessaire. Cette fille s’appelle <strong>Charlotte Adigéry</strong> et elle est devenue en cinq ans une incontournable figure pop (très alternative, il faut le concéder) en Belgique et ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Née en France d’un père guadeloupéen et d’une mère martiniquaise aux racines yoruba, elle s’installe avec sa famille à Gand, Belgique flamande, à un jeune âge. Le mélange culturel devait alors s’imposer naturellement à la jeune Charlotte, qui s’en alla étudier la musique à l’université d’Hasselt avant d’essayer d’en faire professionnellement. Elle est alors remarquée par des bonnes fées en les personnes de David et Stephen Dewaele, les deux frères derrière Soulwax, 2 Many DJ’s entre autres incarnations musicales. Ils lui demandent alors de chanter <em>The Best Thing</em>, cette ballade de la B.O. de « <em>Belgica</em> » qu’ils composèrent intégralement, jouant ou déléguant l’interprétation à des groupes castés et créés pour l’occasion (voir <a href="https://laculturedelecran.com/sotw-85-how-long-the-shitz-aka-soulwax/">SOTW #85 <em>How Long</em></a>). Elle allait aussi devenir la première signature et le pilier de Deewee, nouveau label des Gantois qui ont aussi construit leur studio du même nom dans la ville flamande (studio qui mériterait qu’on le visite, tout au moins virtuellement, tant son architecture comme ses équipements et lieux de vie sortent résolument de l’ordinaire, n’hésitez pas à fouiller sur le net pour en savoir davantage), s’offrant ainsi une totale et enviable autonomie artistique.  En 2017 sort un premier EP autoproduit à son nom où elle chante en anglais, français et créole d’une voix soul des expérimentations froides et assez cosmiques, puis sous le nom de WWWater un titre, <em>La Falaise</em>, inspiré par le tumulte de l’eau dans des gorges en Martinique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut attendre 2019 pour que s’installe le phénomène Charlotte Adigéry avec l’EP « <em>Zandoli</em> ». Elle trouve alors la formule magique en s’associant à un autre Antillais installé en Belgique et autre signature du label Deewee, Bolis Pupul, lequel co-écrit les chansons et produit et en faisant mixer le tout par les surdoués de la discipline David et Stephen Dewaele. Bien davantage que dans ses précédentes tentatives, les chansons deviennent très personnelles, au niveau de la composition comme du son. Ainsi, <em>Paténipat </em>ne ressemble à rien de connu tout en étant extrêmement évidente. Une simple trame électro, presque exclusivement percussive sur laquelle Charlotte chante une comptine en créole prend une ampleur techno surpuissante quand le débit du chant comme l’habillage s’accélèrent, générant une transe primitive qui devrait faire un malheur sur les pistes de danse (enfin, quand on pourra). <em>High Lights</em>, tube potentiel incontestable, est plus classiquement pop et parle de féminité noire avec fierté, la voix enjouée et l’interprétation vocale enjouée contrastant avec le côté mécanique de l’orchestration. Le chaud s’impose dans le froid, et ça marche terriblement bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau single de Charlotte Adigéry qui nous intéresse ici <strong>Bear With Me (And I’ll Stand Bare Before You</strong>)&nbsp;représente et ouvre fièrement «&nbsp;<em>Foundations</em>&nbsp;», première compilation du label Deewee (numéro de catalogue DEEWEE 50) rassemblant titres et mixes des artistes signés et de Soulwax et dessinant ainsi les contours d’une nouvelle electro pop nourrie d’influences multiples et dénuée d’œillères partisanes d’une absolue cohérence. On se penchera par exemple avec intérêt sur l’album de James Righton, ex-leader des Klaxons et collaborateur d’Arctic Monkeys, dont le <em>Release Party</em> ici présent est très alléchant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La chanson rassemble tous les éléments du style Adigéry, style qu’elle est parvenue à définir avec autorité en un temps record. L’instrumentation minimaliste (les programmations des quatre coups de cymbale et des roulements sont franchement démoniaques) ne cesse de s’étoffer tout au long de cet ostinato, des riffs de violons très disco pointant leur nez avec une insistance grandissante, tout comme l’interprétation vocale de la chanteuse, laquelle met toute sa gomme soul dans les ponts. Le mix des frères Dewaele sait, quant à lui, se charge avec la dextérité qu&rsquo;on leur connait de dynamiter l’ensemble avec une efficacité maximale. Charlotte Adigéry devrait alors très vite s’imposer pour ce qu’elle est, l’une des musiciennes pop les plus captivantes du moment. La vidéo très barrée au surréalisme empruntant à Magritte comme à David Lynch est une belle métaphore de la vie confinée…. Charlotte Adigéry est programmée au festival Nuits Sonores à Lyon, du 20 au 25 juillet, lequel a pour l&rsquo;instant lieu.</p>
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